----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Orrorin : tout est dans les fesses!



— L'un des codécouvreurs de la célèbre Lucy, le paléoanthropologue Yves Coppens, a participé cette année à l'analyse des os d'Orrorin. Un exercice qui, selon lui, démontre que par son apparence et ses habitudes, Orrorin est plus proche de nous que sa célèbre Lucy :

« Orrorin, c'est un pré-humain, un personnage de 6 millions d'années (...) Mais ce qui est extraordinaire, c'est qu'il est bien meilleur bipède que Lucy qui a trois millions d'années de moins.

On le sait très bien parce qu'on a son fémur, qui a une zone d'attache musculaire qui est faite pour le grand fessier, le gluteus maximus. Ce qui veut dire qu'Orrorin a des fesses!

(...) c'est bien sûr le signe d'un personnage qui est debout et qui a déjà l'équilibre de sa station droite, de sa station sur ses deux pattes de derrière ».



Qui est notre véritable ancêtre?

En 2001, notre vision du passé lointain de l'espèce humaine a beaucoup changé. Beaucoup plus tôt qu'on ne le croyait auparavant, les hommes préhistoriques ont démontré les attributs les plus nobles de l'humanité : fabrication d'outils, solidarité et même création d'oeuvres d'art.

Tout au long de l'année, de nouveaux ancêtres sont aussi venus modifier l'arbre généalogique de l'espèce humaine. Des ancêtres à côté de qui l'australopithèque Lucy fait figure de jeunette, malgré ses 3 millions d'années!

*Copyright 2001 by Scott Bjelland and ArchaeologyInfo.com


6 février 2001…

Lors d'une conférence de presse à Paris, la paléoanthropologue Brigitte Senut dévoile, avec le plus grand soin, des os et quelques dents, trouvés dans le nord-est du Kenya. Ces restes ont plus de 6 millions d'années, et ils ont peut-être appartenu à notre plus lointain ancêtre! Baptisé Orrorin, cet ancêtre ressemble à la fois à un homme et à un chimpanzé.

« On suppose que c'est plus proche de nous que Lucy et c'est probablement plus clairement sur notre lignée que Lucy. En fait on pense que Lucy n'est pas une grand-mère, mais plutôt une grande-tante ou une grande-cousine. Disons que Lucy fait partie de la famille, mais de la famille éloignée! »,
- Brigitte Senut.

Mars 2001…

En mars, nouvelle découverte étonnante, toujours au Kenya : la paléoanthropologue Meave Leakey met au jour un crâne d'hominidé de 3,5 millions d'années. Cet être a vécu sur le même territoire que Lucy et à la même époque. Mais il appartient à une espèce complètement différente, baptisée Kenyanthropus. Et surprise : certaines de ses caractéristiques le rendent lui aussi plus semblable à l'homme moderne que l'Australopithèque Lucy!

Pour l'un des codécouvreurs de la célèbre Lucy, le paléoanthropologue Yves Coppens, le genre humain vient peut-être de se trouver de nouveaux ancêtres. M. Coppens a même tracé une lignée qui exclut Lucy, sa protégée!

Juillet 2001…

Nouveau coup de théâtre: un concurrent de l'Homme de 6 millions d'années est découvert en Éthiopie. Quelques dents et quelques bouts d'os, dont l'âge a été évalué entre 5,2 et 5,8 millions d'années, viennent encore une fois compliquer la recherche de nos origines. Ils ont appartenu à un Ardipithèque, une espèce déjà connue mais qu'on ne croyait pas si ancienne. Une espèce bipède qui, comme Orrorin, grimpait aux arbres. Un autre candidat au titre de plus vieil ancêtre!




Tout un casse-tête. Lequel est notre véritable ancêtre: Orrorin? Kenyanthropus? Ardipithèque? Nous n'aurons pas la réponse tout de suite!
Au fil des ans, les découvertes d'espèces différentes de pré-humains se sont multipliées. Certaines de ces espèces ont occupé simultanément le sol africain. L'arbre généalogique humain est donc beaucoup plus touffu que la lignée toute droite à laquelle nous avons été habitués!

Quel est la branche qui mène à l'Homme moderne? Passe-t-elle par Orrorin et Kenyanthropus, ou plutôt par Ardipithèque et Lucy? Comment, dans ce fouillis, retrouver le chemin qui mène à nos plus vieux ancêtres? Pour le moment, trop peu de fossiles ont été trouvés pour répondre à ces questions de façon satisfaisante. Les paléoanthropologues auront beaucoup de travail au cours de ce millénaire. Car jusqu'à maintenant, on n'a exploré que 5% des gisements susceptibles de contenir des restes d'hominidés!




   ©         Radio-canada.ca/decouverte