Tous
les étés, dans l'Arctique canadien,
on peut observer un spectacle étonnant :
des centaines de bélugas se rassemblent à
l'embouchure des rivières. Ils se contorsionnent
en émettant les curieux chants qui leur ont
valu le surnom de canaris des mers. Est-ce un rituel
nuptial ? Eh non! Les bélugas se frottent
sur le fond rocailleux pour se débarrasser
de leur vieille peau. C'est la mue.
Les bélugas sont les seuls cétacés
chez qui on peut observer une véritable mue.
Cela tient probablement aux variations saisonnières
de leur habitat. En hiver, ils se tiennent en pleine
mer, où l'eau est très froide. Pendant
cette période, leur épiderme s'épaissit.
L'été,
par contre, ils fréquentent davantage les
estuaires des fleuves, où l'eau est moins
salée et plus chaude. Ces conditions favorisent
la croissance du nouvel épiderme et la chute
de l'ancien.
Les jeunes bélugas,
qu'on reconnaît à leur peau grisâtre,
accompagnent leur mère pendant cette période.
Ces
variations saisonnières d'habitat sont caractéristiques
des bélugas qui vivent dans les régions
arctiques. Mais le troupeau qui vit dans l'estuaire
du Saint-Laurent est différent. Ces bélugas
ont été emprisonnés dans le
fleuve au cours de la dernière glaciation
et y sont demeurés après la fonte
des glaces. Chez eux, le renouvellement de la peau
se fait tout au long de l'année, car la salinité
et la température de leur habitat demeure
stable.
Journaliste : Isabelle Montpetit
Réalisateur : Pascal
Gélinas