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Les phéromones humaines Le 1er septembre dernier, des généticiens de l'Université Rockefeller annonçaient dans Nature Genetics la découverte d'un gène codant pour un récepteur de phéromones chez l'homme. Leurs travaux s'appuient essentiellement sur les résultats du projet Génome humain. Du coup, une polémique vieille de 20 ans rebondit. On commence à croire que oui, après tout, les humains sont sensibles aux phéromones, ces molécules chimiques inodores mais hautement influentes sur le comportement des animaux. Le cerveau humain est un organe sophistiqué, l'aboutissement de l'évolution. C'est ce qui nous distingue des animaux. Et c'est ce qui nous permet, entre autres choses, de faire la cour, de séduire… Mais se pourrait-il que nos comportements en ce domaine soient gouvernés par la part animale qui reste en nous? Depuis longtemps, c'est une question qui intrigue les chercheurs.
Chez l'homme, jusqu'ici, on n'a pas identifié de phéromones. Par contre, on a mis en évidence des phénomènes étonnants. Par exemple, on a remarqué que des femmes à qui on fait sentir des tissus imprégnés de sueur masculine semblent parfois trouver ces odeurs très attirantes. Mais est-ce que ce qu'on a vraiment affaire à des phéromones?
Mais le bal des hypothèses est reparti de plus belle… Car tout cela ne prouve pas que ce minuscule organe soit fonctionnel. Il pourrait s'agir d'un vestige de l'évolution, incapable de percevoir quoi que ce soit. Il y avait donc des sceptiques. Mais tout récemment, l'équipe de Peter Monbaerts, de l'Université Rockefeller à New York, est entrée en scène.
Par ailleurs, au moins un de ces gènes s'exprime, il est très actif dans la muqueuse olfactive humaine. Conclusion : il existe, chez l'humain, un système biologique fonctionnel, qui permet de percevoir des phéromones. Il reste à savoir exactement quelle information chimique est relayée dans le cerveau, et par quel circuit. Et puis, il faudra évaluer l'importance réelle de ce système. Nous sommes peut-être inconsciemment sensibles à cette forme de communication. Mais il nous reste un gros cerveau, un énorme cortex, pour moduler les signaux qui nous viennent de l'animal en nous. Journaliste : Jean-Pierre
Rogel
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