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Le casque de vélo
Le Dr Ronald Denis est responsable du programme de traumatologie à l'Hôpital du Sacré-Cœur. Il est l'un de ceux qui a pris position en faveur du port obligatoire du casque de vélo. Mais il admet que le casque ne protège pas de tous les traumatismes crâniens : « Tout ce qu'on peut vous dire, c'est que si vous comparez les patients qui portaient un casque, et ceux qui portaient pas un casque, et que vous évaluez les lésions; ceux qui en portent sont beaucoup mieux protégés et ont beaucoup moins de séquelles. C'est tout ce qu'on peut vous répondre. On peut pas vous dire le casque, si tu te fais frapper à telle vitesse, il va te protéger, non. » Comme tous les casques, le casque de vélo n'offre pas un protection absolue. Mais protège-t-il suffisamment? La norme canadienne stipule qu'un casque doit résister à un impact d'une énergie de 80 joules. « Sur un casque qui a subit plusieurs impacts frontals, nous explique Denis Gingras, ingénieur chez Louis Garneau, on peut voir, si on retire le micro plastique, toute la déformation que le casque a subi, donc l'énergie qui a été absorbée par le casque. Cette énergie a été absorbée par le casque et pas par la tête du cycliste. » C'est donc la coquille de polystyrène qui protège la tête. La coquille extérieure, fabriquée de micro plastique n'est pas seulement décorative. Sa surface lisse permet de glisser lors d'un impact, minimisant les fractures cervicales. Mais lorsqu'un casque répond à la norme, est-ce qu'il protège vraiment le cycliste d'un impact de 20 kilomètres à l'heure?
En pratique, le casque protège mieux la tête dans des accidents à basse vitesse que dans le cas de collisions avec un véhicule. Si les normes ont leurs limites, c'est que le casque de vélo est le résultat d'une série de compromis. Prenons le casque qui offrirait la plus grande protection: le casque pour motocycliste. Imposant mais pas très commode pour faire du vélo! Il a donc fallu le raccourcir, le perforer - pour permettre une aération -, et utiliser des matériaux plus légers.
En fait, selon les études, d'autres facteurs comme l'adoption de lois sur la sécurité routière, réduirait tout autant le nombre de traumatismes graves et de décès. Mais il n'en reste pas moins qu'au Québec - l'an dernier - 22 cyclistes sont morts. Près de la moitié étaient des adolescents de moins de 15 ans. Surtout dans des accidents impliquant une voiture et un cycliste qui ne portait pas de casque.
Selon son médecin, si elle avait porté son casque, ses séquelles auraient été moins importantes. Marjolaine Letang est comme la majorité des adolescents : ils ne veulent tout simplement pas porter de casque. Et quand ils le portent, il est souvent mal placé sur la tête ou tout simplement pas attaché. Un casque mal attaché ne permet pas d'absorber l'énergie de l'impact lors d'une collision. « Chez les enfants, le casque se désajuste très facilement; les petits coussinets que l'on met à l'intérieur des casques, les enfants jouent avec et peuvent les perdre assez rapidement. Donc, il faut s'assurer d'un bon contrôle des équipements, nous explique M. Pronovost. » Récemment, de nouvelles sangles permettent un meilleur ajustement, plus confortable et plus sécuritaire. Mais le casque de vélo reste un élément parmi d'autres faisant partie d'une stratégie globale qui vise à réduire le nombre de traumatismes crâniens : pistes cyclables, signalisation, lois sur l'alcool au volant, l'éducation. Des mesures qui s'ajoutent au libre choix afin de protéger l'organe le plus précieux : notre cerveau! Journaliste : Michel
Rochon Hyperliens pertinents : Ministère
des Transports du Québec
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