Karyn est intervenante auprès des mères en difficulté pour le Parent-Child Assistance Program.
 

Une intervention originale auprès des mères en difficulté (1 de 2)

À Seattle, on cherche surtout à établir une relation d’amitié avec elles. On les accompagne autant au parc avec le bébé qu’auprès des travailleurs sociaux, du médecin ou de la police. L’originalité de ce programme, c’est que toutes les intervenantes ont elles-mêmes surmonté des problèmes semblables. Ces femmes peuvent puiser dans leur vécu pour aider d’autres femmes à voir clair dans leurs problèmes et à trouver des solutions.

« Nous devons attendre qu’elles soient prêtes, nous dit Karyn, une intervenante. Et si elles avancent d’un pas, nous avançons de trois. Nous sommes toujours là afin de les aider à se prendre en main même si elles n’en sont pas toujours conscientes! »


Selon Thérèse Grant, qui a mis ce programme sur pied, les femmes en difficulté se détachent plus facilement de la drogue que de l’alcool : « Le plus difficile, c’est de les convaincre de ne pas boire pendant leur grossesse. Elles pensent que l’alcool est moins dangereux que la cocaïne ou l’héroïne. On peut en acheter au magasin. On en boit aux repas : ça a l’air inoffensif! C’est notre gros défi : convaincre les femmes que l’alcool est aussi dangereux que la cocaïne ou l’héroïne quand elles sont enceintes. »


Quoi qu’il en soit, ce programme a remporté un tel succès à Seattle qu’il est maintenant imité un peu partout. Par exemple, il y a quatre programmes similaires en Alberta, et trois au Manitoba. À Vancouver, on a plutôt mis en place un réseau d’entraide pour les victimes de l’alcoolisation fœtale. Et cette fois, c’est Jane Lutke qui a retroussé ses manches pour partager son expérience. Encore la même approche : toutes ses collaboratrices ont des enfants atteints du syndrome.

« Les personnes qui viennent nous voir savent qu’on connaît le problème. Nous comprenons leur enfant. Dans les services sociaux, elles devront répéter leur histoire 20 fois. Et même après avoir vu 25 personnes, elles vont encore tomber sur quelqu’un qui ne comprend pas. »

D’après un reportage de Gilles Provost (journaliste) et Marièle Choquette (réalisatrice)
Adaptation pour Internet : Jean-Charles Panneton et Karine Boucher

Dossier rédigé en avril 2001