Johanne Weinberg est professeure au département d’anatomie de l’Université de la Colombie-Britannique.
 

Les déformations causées par la consommation d’alcool pendant la grossesse (2 de 3)

Un deuxième problème survient au deuxième jour de vie. Plus la mère a consommé d'alcool et moins le bébé a le réflexe de téter. Il apprend plus lentement et, surtout, il aspire moins fort. Ce réflexe de nutrition fondamental est touché dès que la mère consomme trois verres par jour en moyenne. Quand on a testé de nouveau les enfants, à quatre ans, sept ans et quatorze ans, on a aussi constaté des impacts à long terme. Et cette fois, il suffisait d’un verre par jour pour que les problèmes de motricité soient plus fréquents : les réflexes plus lents, les problèmes d’équilibre répétés. Et plus les enfants vieillissent, plus les symptômes intellectuels deviennent visibles.

« Nous observons un effet sur la mémoire, ajoute la Dre Streissguth. Nous constatons un effet sur la capacité d’attention, sur les habiletés en mathématiques, et aussi sur le comportement : ce sont des enfants désorganisés. »


Dans toutes ces recherches, un facteur paraît toujours crucial : même une femme qui ne boit pas souvent mettra son bébé en danger si elle s’enivre sérieusement à l’occasion.

Johanne Weinberg, professeure d’anatomie à l’Université de la Colombie-Britannique, a trouvé exactement les mêmes effets sur des animaux, en laboratoire. Pour elle, il n’y a pas de doute : l’alcool fait toute la différence!


« Les tests sur les animaux ont prouvé que les malformations du visage sont vraiment causées par l’alcool, nous dit Mme Weinberg. Quand on donne de l’alcool au moment où le visage se forme chez une souris, on voit les mêmes malformations que chez les enfants qui ont un syndrome d’alcoolisation. »

D’après un reportage de Gilles Provost (journaliste) et Marièle Choquette (réalisatrice)
Adaptation pour Internet : Jean-Charles Panneton et Karine Boucher

Dossier rédigé en avril 2001