Selon Ann Streissguth, l’alcool est nuisible pour les enfants même quand leur mère en a consommé avec modération.
 

Les déformations causées par la consommation d’alcool pendant la grossesse (1 de 3)

Dès 1974 à Seattle, une équipe de l’Université de Washington a suivi 1500 femmes enceintes. Elles étaient, pour la plupart, des femmes mariées, de la classe moyenne, ne consommant que peu ou pas de drogue. Depuis un quart de siècle, l’équipe d’Ann Streissguth suit l’évolution des enfants de ces femmes. Sa principale conclusion : l’alcool est nuisible pour les enfants même quand leur mère en a consommé avec modération.

« Nous avons trouvé un impact sur le système nerveux central dès le jour de la naissance, précise la Dre Streissguth. Et par la suite, nous avons pu analyser nos données jusqu’à l’âge de quatorze ans et nous continuons à trouver des effets de l’alcool sur le système nerveux des enfants et sur leur comportement. »

Par exemple, si on éclaire les yeux d’un bébé pendant son sommeil, il sursaute toujours la première fois. Mais s’il est normal, il réagit beaucoup moins quand on répète la stimulation. Et ensuite, pas du tout. Instinctivement, il sait que cette lumière n’a pas d’importance. Par contre, les bébés exposés à l’alcool n’ont pas ce réflexe protecteur.

« Ce que nous avons vu chez les bébés, c’est que plus ils sont exposés à l’alcool, plus ils réagissent fortement à des stimulis dont un bébé normal ne tient même pas compte, précise la Dre Streissguth. La seule chose importante, pour un bébé, c’est l’heure de son prochain boire. »

D’après un reportage de Gilles Provost (journaliste) et Marièle Choquette (réalisatrice)
Adaptation pour Internet : Jean-Charles Panneton et Karine Boucher

Dossier rédigé en avril 2001