Christine Loock est pédiatre et spécialiste du syndrome de l’alcoolisation fœtale à l’Hôpital Sunnyhill de Vancouver.
 

Qu’est-ce que le syndrome de l’alcoolisation fœtale?

À l’Hôpital Sunnyhill de Vancouver, Christine Loock est pédiatre et spécialiste du syndrome de l’alcoolisation fœtale chez les bébés naissants. En d’autres termes, les bébés qui viennent au monde avec des malformations ou avec des dommages au cerveau parce que leur mère a trop consommé d’alcool pendant la grossesse.

« Il y en a qui ont de graves malformations : au palais, au cœur, à la colonne vertébrale, nous dit la Dre Christine Loock. Ces cas-là sont faciles à identifier, mais chaque fois qu’on en trouve un, il y en a dix qui nous échappent, et c’est normal : de nombreux problèmes apparaissent plus tard, surtout lorsque le cerveau est touché. »


Nombreux sont ceux qui ont de la difficulté à croire que l’alcool puisse causer des malformations aussi graves avant la naissance. Pourtant, la preuve scientifique date de 30 ans. Dès la fin des années 1960, on a commencé à identifier des groupes d’enfants handicapés qui étaient tous nés de mères alcooliques et qui présentaient les mêmes symptômes. Ils étaient de très petite taille. Ils avaient la même malformation au visage, notamment l’absence de philtrum, sillon central situé sous le nez. La lèvre supérieure est étroite et les yeux trop petits. Ces signes constituent un effet de l’alcool. Ils sont la preuve qu’il y a des dommages au cerveau et ces dommages sont souvent très visibles dans le comportement de l’enfant. On ne retrouve des symptômes aussi graves que chez trois enfants sur 1000 environ, et il faut que leur mère ait été gravement alcoolique.

D’après un reportage de Gilles Provost (journaliste) et Marièle Choquette (réalisatrice)
Adaptation pour Internet : Jean-Charles Panneton et Karine Boucher

Dossier rédigé en avril 2001