
Francoeur est un auteur-réalisateur qui a connu ses plus belles heures professionnelles dans les années 70. Fêtard notoire et grand consommateur de femmes, il est rapidement devenu alcoolique, voire même ivrogne. Il est capable de « partir sur la brosse » pour 4 ou 5 jours consécutifs après quoi il peut se mettre à sec pour des semaines. Il a écrit et réalisé cinq films plutôt sombres, exigeants et à saveur sociale (dont Break syndical, Baie James et Kébec, ma déchirure). Un peu à cause de son intransigeance, de son franc-parler, ses déclarations à l'emporte-pièce, il s'est constitué une assez jolie brochette d'ennemis dans le milieu et il a lentement mais sûrement sombré dans le silence et l'oubli. Francoeur, lui, justifie son long silence plus simplement : il n'a plus rien à dire et il tient pour un principe sacré que quand t'as rien à dire, tu fermes ta gueule. Davantage habitué à la compagnie des hommes qu'à celle des femmes, on pourrait le percevoir comme un brin misogyne. En fait, il a surtout une incompréhension abyssale vis-à-vis de cette chose étrange qu'est la femme. Francoeur est un homme intelligent, exigeant, mais très abîmé par l'alcoolisme et aussi par sa propre intransigeance.