
Début cinquantaine, Paul Bougon est le chef du clan. Il est l'initiateur du mode de vie Bougon, mais ce je-m'en-foutisme des règles établies n'a pas toujours été la philosophie de la famille. C'est né d'une grande désillusion.
À l'époque où il était un honnête débardeur au port de Montréal, il a voulu dénoncer certains trafics malhonnêtes.
Il s'est alors heurté à la triple alliance de son syndicat, ses patrons et la justice. On s'est organisé pour qu'il ferme sa gueule.
Paul Bougon vira alors capot. Comme d'autres, il fit plus qu'affirmer « Pis d'la marde! » : il en fit un mode de vie. Paul Bougon et sa femme éliminèrent de leur existence tous les comportements qui en faisaient auparavant de « bons citoyens », car leur constat était simple : le « bon citoyen » est le dindon de la farce.
Dans le fond, Paul Bougon, c'est un Québécois comme un autre qui, un jour, s'est dit : « Qu'ossa donne de marcher drète si ceux qui te l'ordonnent marchent tout croche? » Ce qui le distingue, c'est qu'il est passé de la parole aux actes.