LE PRIX JUTRA-HOMMAGE 2007 SERA REMIS À PIERRE
CURZI
Le 11 janvier 2007 — Monsieur Michel Côté, président
de la Grande nuit du cinéma et Henry Welsh, délégué général
de la Soirée des Jutra, ont le plaisir d’annoncer que
le prix Jutra-Hommage sera décerné cette année
au comédien Pierre Curzi. Visant à récompenser
le talent et le travail des artistes, artisans et techniciens du
cinéma québécois, la 9e Soirée des Jutra
aura lieu le dimanche 18 février 2007.
Pierre Curzi - prix Hommage 2007
Dès sa sortie de l’École nationale de théâtre,
il foule les planches du Théâtre du Nouveau Monde pour
ensuite plonger dans la belle aventure du Grand Cirque Ordinaire.
Il a depuis joué sur toutes les scènes de Montréal.
Dès 1970, le cinéma lui fait la cour, on le verra notamment
dans Bingo de Jean-Claude Lord. Il a maintenant près
d’une cinquantaine de films à son actif. Tous se souviennent
de ses prestations dans Le déclin de l’empire américain et Les
invasions barbares de Denys Arcand. Il a d’ailleurs été mis
en nomination pour le Jutra du meilleur acteur de soutien pour son
rôle dans ce film. En 35 ans de carrière cinématographique,
Pierre Curzi a travaillé avec les plus grands et les plus
chevronnés. La cinématographie de Pierre Curzi vit
en parallèle avec l’histoire du cinéma québécois.
Pierre Curzi est un artiste qui a beaucoup réfléchi
sur son métier. Ces qualités lui sont d’ailleurs
reconnues par ses pairs qui lui suggèrent en 1997 de briguer
les suffrages à la présidence de l’Union des
artistes. Il a, au même moment, le goût de l’action
et d’une plus grande implication. Il a relevé avec brio
de 1998 à 2006, le très grand défi d’allier
une carrière artistique très active, la présidence
de l’Union des artistes et la coprésidence de la Coalition
pour la diversité culturelle.
« J’ai commencé à faire du cinéma
québécois en 1970. C’était l’époque
où il fallait apprendre à faire du cinéma. Ç’a été une époque
fascinante à ce niveau-là qui a créé des
relations chaleureuses avec toutes les personnes qui bâtissaient
le cinéma québécois. Il y avait un sentiment
familial. Le prix Hommage a exactement cette qualité, une
espèce de chaleur familiale, de petit milieu qui s’est
bonifié avec le temps et qui a atteint une maturité.
Une partie de ma passion pour ce métier-là vient de
ce qu’il m’aura donné d’abord. Dans les
plus belles réussites, on retrouve ce dialogue généreux
entre les gens qui ont reçu et les gens qui essaient de rendre.
C’est ça le sens du prix Hommage. Pour moi, il n’est
pas banal et il est très réconfortant.
Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris
que vous receviez le prix Hommage?
J’ai été un peu surpris, mais j’ai tout
de suite compris le sens de ce coup de chapeau. J’ai un peu
le sentiment qu’il s’agit d’un gros câlin
que me fait le milieu. J’ai été heureux dans
cet univers-là, c’est un milieu que j’ai toujours
aimé, j’aime la vie de plateau, la vie du cinéma.
J’aime ce processus, du scénario à la postproduction.
J’ai beaucoup investi d’énergie dans ce milieu
et ce que je comprends aujourd’hui c’est qu’on
a envie de me rendre hommage pour me dire : « on
a été heureux que tu sois parmi nous ».
Pour moi, il ne s’agit pas d’un événement
dramatique, je le vois plutôt comme beaucoup de chaleur qu’on
me donne et je pense que je vais en avoir bien besoin!
Il est clair que je vais en politique avec ce que je connais le
mieux, c'est-à-dire la vie culturelle et cinématographique.
Si on réussit à garder une sorte de cohésion,
de diversité et de compétence à l’intérieur
de chacun de ces secteurs culturels, je trouve qu’il y a de
l’espoir. La culture va être au cœur de l’identité et
le cinéma c’est une couleur importante pour l’ensemble
d’une collectivité.
Y a-t-il des rôles que vous auriez aimé vous
faire offrir avant de quitter définitivement la scène
culturelle? Avez-vous eu un deuil à faire en ce sens?
Non, mais par contre, il y a certains romans que j’aurais aimé adapter
pour le cinéma. Un roman entre autre que j’ai adoré : « le
siècle de Jeanne », d’Yvon Rivard, mais
bon, j’ai choisi la politique et je ne le regrette pas.
Michel
Côté
Président de la Soirée des Jutra
Je suis très heureux comme président de la Soirée
des Jutra, et aussi comme comédien, que Pierre Curzi soit
honoré par ce prix », déclare Michel Côté qui
précise : « Lorsque je débutais dans
ce métier, Pierre était déjà très
présent sur les planches et sur les écrans. Il était
l’un des acteurs les plus en vue. En quelque sorte, il était
déjà pour moi et bien d’autres jeunes acteurs,
un modèle. »
En tant que président, comment voyez-vous cet hommage?
La carrière cinématographique de Pierre Curzi est impressionnante,
il a eu une carrière au théâtre très importante
aussi. Il faut aussi parler du timing. Il est très
rare qu’un acteur quitte le métier de la façon
dont Pierre le fait. Habituellement, cela se produit lorsqu’un
acteur manque de boulot ou est malade. Je crois que c’est la
première fois que cela se produit dans le milieu artistique.
On ne pouvait donc pas passer son départ sous silence. L’hommage
allait de soi.
Comment déterminez-vous le choix de l’hommage?
Nous avons une liste de noms que l’on veut honorer éventuellement.
Nous avions quelques noms en tête cette année, mais
quand Pierre a annoncé son départ, le timing était
parfait.
À part l’hommage à Pierre Curzi, à quoi
peut-on s’attendre cette année à la Soirée
des Jutra?
On va passer beaucoup d’extraits de films de l’année
passée et des films qui s’en viennent. Nous allons parler
des grands succès au box-office ainsi que des films
qui ont moins bien marché, et ce, même s’ils étaient
de grandes qualités. Je considère qu’on a une
cinématographie impressionnante pour un petit marché comme
le nôtre, il est important de la célébrer, de
l’honorer et c’est ce que l’on compte faire le
18 février prochain.
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