| Originaire du Sénégal, Boucar Diouf, est
le sixième d'une famille de neuf enfants : six
garçons et trois filles. Sa mère s'appelle
N'Dew Diouf et son père, Amath Diouf. Il est né et
a grandi dans la province du Sine, le fief de l’ethnie
sérère au Sénégal. Traditionnellement,
les Sérères sont des éleveurs de zébus
et des cultivateurs d’arachides. S’il a fait
des études supérieures, c’est surtout
parce qu’il voulait se donner toutes les chances de
ne pas cultiver des arachides, comme son père, pour
qui l’éducation était très importante,
même s’il ne savait pas lire. Il disait cependant
que les illettrés étaient les aveugles des
temps modernes et qu'il ne voulait pas, de son vivant, voir
son fils ou sa fille souffrir de ce handicap.
Avant de venir au Canada, Boucar a donc fait une maîtrise
et une attestation d'études approfondies à la
faculté de sciences de l’Université de
Dakar, la capitale du Sénégal. Par la suite,
il a obtenu une bourse pour faire un doctorat, en océanographie, à l’Université du
Québec à Rimouski (UQAR). En 1991, juste avant
son départ, il a suivi une semaine de cours intensifs
sur le choc culturel et l'adaptation à la culture
québécoise. Par contre, on avait omis de lui
parler du choc thermique! C'est ce qu’il a compris
lorsqu’il a découvert l’hiver du Québec
en robe africaine. Il a obtenu un doctorat dans le domaine
en 1998, avec une thèse portant sur la résistance
au froid des poissons du Saint-Laurent… Un thème
directement inspiré par le choc thermique qu'il a
lui-même vécu à son arrivée au Québec!!
Durant 8 ans, Boucar est chargé de cours en biologie à l’UQAR.
Il est très attaché à la ville de Rimouski,
sa terre d’adoption. Il dit lui-même que « treize
ans passés dans le Bas- du-Fleuve au Québec
ont fait de moi un baobab recomposé. Entre mes racines
africaines et mon feuillage québécois, se dresse
mon tronc sénégalais ». Ses étudiants,
qui lui trouve un talent certain pour l’humour, le
poussent à s’inscrire à Juste pour
rire. Par la suite, il sera sacré révélation
de l'année 2005 au Grand Rire de Québec.
Il reçoit également le Prix
Jacques-Couture 2006, prix remis par le ministère
de l'Immigration et des Communautés culturelles pour
le rapprochement interculturel.
Dans son premier spectacle solo intitulé D'hiver
cité, Boucar invite les spectateurs à un
voyage entre l'humour, le conte et la musique. Son spectacle
est ponctué d'anecdotes, de chansons et de contes
africains. Le choc culturel fait aussi partie des sujets
abordés. En fait, D'hiver cité se
veut une fusion entre l'Afrique et le Québec, « un
voyage entre la banquise et la savane ». En
plus d’être très drôle, l’humour
de Boucar fait réfléchir et transporte le
spectateur au-delà des frontières, dans un
voyage à travers ses propres émotions… Après
avoir débuté la conquête du Québec
sur scène, à la télé et à la
radio, il a tout dernièrement fait ses premiers
pas sur la scène parisienne. |