« IL S’AGIT AVANT TOUT D’UNE BATAILLE POUR L’ESPRIT DES HOMMES. »
– PRÉSIDENT HARRY S. TRUMAN, 20 AVRIL 1950
Photo : Un groupe de Berlinois hagards dans les ruines d'un immeuble proche de l'aérodrome de Tempelhof, regardant dans les airs un avion-cargo C-47 américain transportant des vivres lors du pont aérien de Berlin.
Crédit : Walter Sanders/Time & Life Pictures/Getty Images
Il y a des époques qui définissent les nations, façonnent les peuples et mettent en mouvement
des changements si profonds qu’ils peuvent altérer le cours de l’Histoire.
Après la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis et l’Union Soviétique se sont livrés une guerre d’idées qui a failli mener le monde à la catastrophe. Sans jamais devenir un conflit armé entre les deux superpuissances, cette guerre a néanmoins mobilisé les esprits comme jamais auparavant. La science et la technologie, les arts et la culture, même les sports, pouvaient servir à établir la
supériorité d’un camp sur l’autre. La Guerre froide fut la plus grande des batailles psychologiques.
La série documentaire Amour, haine et propagande : La Guerre froide expose ces manipulations médiatiques, depuis la propagande grossière, presque comique, des années 50, en passant par les interventions illégales des services de renseignements des années 60, jusqu’aux opérations de désinformation finement ciselées des années 80. Nous y verrons comment les gouvernements et les industries spécialisées dans l’art de la persuasion, du marketing, de la publicité et des
relations publiques sont parvenus à façonner l’opinion populaire.
Vingt ans après la fin officielle de la Guerre froide, des cicatrices profondes marquent encore les habitants de nombreux pays. L’héritage de ce conflit est encore bien présent. Dans nos cœurs et nos esprits, la bataille fait peut-être encore rage.
Diffusion à Radio Canada, les 1, 8, 15 et 22 décembre 2011 à 20 h.
Réalisateurs-coordonnateurs : Peter John Ingles et Sue Dando
Premiers réalisateurs : Hubert Gendron et Jo-Ann Demers
Le retournement des anciennes alliances, ou comment les alliés d'hier redeviennent des ennemis. Le leader soviétique Joseph Staline tente de se donner l'image de l'unique conquérant de la Seconde Guerre par le biais du cinéma.
La CIA, qui en est à ses premiers balbutiements, va tenter de manipuler les élections démocratiques en Italie pour ne pas la voir sombrer dans le cadre idéologique communiste.
C'est en Allemagne que va se jouer une guerre des nerfs qui mènera au blocus et au pont aérien de Berlin.
Pendant ce temps, aux États-Unis, le sénateur Joseph McCarthy sème la paranoïa anticommuniste et la chasse aux « rouges » bat son plein.
Réalisatrice : Geneviève Turcotte
Recherchiste : Claude Berrardelli
Photo : Lancé le 4 octobre 1957, Spoutnik 1 était le premier satellite artificiel à être envoyé dans l'espace avec succès.
Crédit : SSPL/Getty Images
Dans le sillage de la mort de Staline, l'Europe devient le théâtre d'une véritable guerre culturelle. Certains espèrent la détente avec l'arrivée en scène de Nikita Khrouchtchev. Dès sa prise de pouvoir, le nouveau chef de l'URSS tente de refaire l'image de son pays en invitant les jeunes du monde entier à faire la fête à Moscou, mais il montre son vrai visage lors de la répression sanglante du soulèvement de Budapest.
Les Américains vont renverser le gouvernement communiste du Guatemala, mais ce régime est en fait une pure invention du génie américain du marketing Edward Bernay, qui souhaite protéger les avoirs de ses riches clients producteurs de bananes.
Dans les deux camps, la télévision devient un outil de prédilection pour vendre leurs idéologies et leurs valeurs. C'est l'époque du « Kitchen Debate » entre Khrouchtchev et Nixon.
La décolonisation et la course à l'indépendance de nombreux pays africains ouvrent la porte à une confrontation entre les deux grands sur le sol de l'Afrique. Cette confrontation à distance se poursuit en orbite autour de la Terre avec le début de la course pour la conquête de l'espace. Enfin, cet épisode se termine sur deux moments très sensibles : la construction du mur de Berlin et la crise des missiles de Cuba.
Réalisateur : Liam O'Rinn
Recherchiste : Lisa Ellenwood
Photo : Des milliers de Tchèques manifestent pacifiquement pour le premier anniversaire de l'invasion soviétique qui a mis fin au printemps de Prague, le 21 août 1969, à Prague, en Tchécoslovaquie (appelée aujourd'hui République tchèque).
Crédit :Michael Ochs Archives/Getty Images
Une période de détente apparente s'installe entre les deux superpuissances, et la guerre se fait surtout dans le champ de la culture. Pour répondre à l'Ouest et ses stars du rock, l'Allemagne de l'Est va créer ses propres idoles. Ainsi naît la carrière de Frank Schöbel. Il n'a pas l'attrait des Beatles ni des Rolling Stones, mais comme le Parti communiste allemand gère sa carrière, son succès est assuré.
L'Union soviétique perd une bataille de propagande lorsque ses tanks envahissent la Tchécoslovaquie en 1968, mais les États-Unis doivent aussi faire face à la contestation du mouvement hippie, qui réclame la fin de la guerre du Vietnam.
La course à l'espace atteint son apogée. Les Soviétiques enverront le premier homme dans l'espace. Ils répéteront leur exploit en envoyant la première femme dans l'espace. Tout semble perdu pour les Américains, jusqu'à ce que Neil Armstrong pose pied sur la Lune : « un petit pas pour l'homme », mais un bond géant pour la propagande.
Réalisateur : Liam O'Rinn
Recherchiste : Lynne Chichakian
Dans les années 80, trois hommes vont changer l'allure de la guerre froide.
Ronald Reagan, un anticommuniste farouche, va rallumer le feu de la guerre.
Un pape polonais, Jean-Paul II, va donner un souffle extraordinaire aux aspirations du peuple polonais. Une contestation syndicale se transformera en un mouvement pour la reconnaissance des droits de la personne qui va rallier toute la Pologne et créer une brèche dans le rideau de fer.
La grogne monte en Union soviétique, alors que l'écart entre l'image de l'empire véhiculé par la propagande et le désarroi et la pauvreté vécus par la population grandit. Un nouveau leader, Mikhaïl Gorbatchev, propose des changements qui vont ébranler les fondements mêmes du système communiste.
Réalisateur : Léon Laflamme
Recherchiste : Jean-Pierre Gosselin
Journaliste : Raymond Saint-Pierre