Les factions de l'opposition syrienne



Depuis le début du soulèvement populaire contre le régime syrien, l'opposition n'est pas parvenue à s'exprimer d'une seule voix.

Même si le Conseil national syrien (CNS) a réussi à s'imposer comme l'interlocuteur des gouvernements étrangers, il n'a pas pu fédérer les autres factions de l'opposition aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

De plus, le CNS a été secoué par de nombreuses crises et des démissions qui ont révélé de profondes divisions.

Hormis l'opposition politique, le soulèvement en Syrie est aussi caractérisé par une composante armée, l'Armée syrienne libre (ASL), créée le 29 juillet 2011, composée de soldats déserteurs et de volontaires civils.

Cependant, cette organisation militaire vit elle aussi des tiraillements entre la direction interne et la direction extérieure qui se trouve en Turquie.

L'ASL a vécu aussi des tensions avec l'opposition politique, notamment le CNS.

L'opposition syrienne n'est pas née du néant

L'opposition syrienne n'est pas née avec le soulèvement. Malgré la répression féroce pendant des décennies, ses différents courants ont toujours existé.

À l'époque de Hafez Al-Assad, le père de l'actuel président, les opposants, toutes tendances confondues, étaient soumis à une répression féroce. Ceux qui n'ont pas pris les chemins de l'exil ont subi torture et emprisonnement durant de longues années.

Dans les années 80, un soulèvement des Frères musulmans est réprimé dans le sang. On estime à 30 000 le nombre de victimes.

Quand Bachar Al-Assad est arrivé au pouvoir, une timide ouverture a été amorcée. Le court « printemps de Damas » a permis aux opposants de s'exprimer et de se rencontrer dans des forums dans les grandes villes du pays. Mais quelques mois après, le régime a sonné la fin de la récréation.

Il aura fallu attendre le soulèvement de mars 2010 pour que les figures de l'opposition refassent surface, mais cette fois elles semblent dépassées par les jeunes activistes et les militants de l'intérieur qui affrontent le régime.

Les défections au sein du régime syrien

Ce qui a marqué la crise syrienne, c'est la série de défections dans les rangs du régime. Le secteur le plus touché est celui de l'armée et des services de sécurité avec la désertion de 26 officiers de haut rang. Selon plusieurs estimations concordantes, le nombre des soldats syriens est de 300 000, sans compter les réservistes.

Au Conseil des ministres, formé de 33 ministres, trois défections ont été enregistrées, dont celle de l'ex-premier ministre Riyad Hijab. Quatre députés ont également quitté leur mandat et le pays. Le Parlement est composé de 250 députés.

Dans le corps diplomatique, neuf diplomates ont quitté le navire, dont l'ancien ambassadeur en Irak.

Ainsi au total, 42 responsables de plusieurs secteurs ont divorcé avec le régime de Bachar Al-Assad.

Quant aux soldats, il est difficile de connaître le nombre exact de ceux qui ont déserté les rangs de l'armée.

Journaliste : Kamel Bouzeboudjen
Carte interactive: Evguenia Kossogova