Le monde arabe en mutation
La CGRS est une organisation qui regroupe 150 coordinations qui représentent les villages et les quartiers dans tout le pays.
Cette organisation est dirigée par un conseil révolutionnaire composé de 41 membres représentant les régions.
D’inspiration islamique, la CGRS ne fait toutefois pas partie de la mouvance des Frères musulmans.
Sur le terrain, la CGRS coordonne ses actions avec l’ASL. Sur le plan politique, cette organisation est hostile au CNS, qu’elle accuse d’inefficacité.
C’est le premier regroupement d’opposants qui a vu le jour juste après le déclenchement du soulèvement en mars 2011. De tendance laïque, les CLC regroupent environ 60 coordinations.
Cette organisation compte dix membres au sein du CNS, mais collabore avec l’ASL sur le terrain. Les CLC sont pour une intervention étrangère limitée.
Basé en Syrie, le CNCD regroupe une douzaine de partis de gauche et nationalistes. Des partis kurdes, des personnalités politiques indépendantes et des activistes font également partie de cette coalition.
La ligne de fracture entre cette coalition et le CNS est l’intervention étrangère en Syrie. Le CNCD prône toujours le dialogue avec le gouvernement syrien « sous conditions ».
Mais quand le régime d’Al-Assad a proposé une rencontre de dialogue, le CNCD ne s’est pas présenté, estimant que c’était une manœuvre du régime pour gagner du temps.
La position du CNCD est sévèrement critiquée par de nombreux opposants. À son tour, le CNCD accuse le CNS d’être une marionnette des puissances occidentales.
Composée essentiellement de soldats et d’officiers déserteurs, l’Armée syrienne libre a été fondée le 29 juillet 2011. Depuis, des centaines de soldats et d’officiers ont rejoint cette organisation dans laquelle on trouve également des combattants civils.
C’est le colonel Riyad Al-Asaad qui dirige l’ASL, dont les effectifs sont difficiles à vérifier.
Sur le terrain, l’ASL a mené des opérations d’envergure contre l’armée régulière. Elle contrôle des parties du territoire, notamment au nord d’Alep, à la frontière turque.
Cependant, l’ASL ne dirige pas toutes les opérations militaires; de nombreux groupes agissent de façon autonome et n’obéissent pas à un commandement unifié.
L’ASL reçoit l’aide de la Turquie et des monarchies du Golfe persique.
Sur le plan politique, les relations entre l’ASL et le CNS sont conflictuelles. L’ASL reproche au CNS son inefficacité à apporter de l’aide à la population syrienne et aux combattants de l’intérieur.
Les djihadistes sont représentés essentiellement par un obscur groupe appelé Front Nusrat. Ce dernier a revendiqué les attentats-suicides perpétrés à Damas et à Alep au début de 2012.
Mais de nombreuses zones d’ombres entourent ce groupe. Certains spécialistes de la Syrie soupçonnent même le régime d’être derrière cette organisation.
Depuis la répression sanglante de 1982, la majorité des cadres des Frères musulmans se sont exilés. Les militants qui sont restés en Syrie ont adopté un profil bas. L’appartenance à l’organisation des Frères musulmans était passible de peine de mort.
Les Frères musulmans ont intégré le Conseil national syrien (CNS) dès sa création et ont réactivé leurs réseaux militants au pays.
I
Bien que craints par les Occidentaux et les mouvements laïques, les Frères musulmans prônent un régime démocratique.
De plus, pour montrer leur acceptation de la pluralité, les Frères musulmans comptent un chrétien dans le groupe qui les représente au sein du CNS.
Encouragé par la Turquie et les monarchies du Golfe persique (Arabie saoudite et Qatar notamment), le Conseil national syrien (CNS) est la coalition de l’opposition la plus connue.
Fondé à Istanbul, en Turquie, le 19 juillet 2011, le CNS est formé de sept groupes, dont les Frères musulmans, des libéraux et des partis kurdes et assyriens.
Dirigé durant plusieurs mois par l’intellectuel Bourhan Ghalioun, qui vit en France, le CNS a changé de direction après plusieurs crises. C’est Abdelbasset Saïda qui dirige actuellement cette organisation. M. Saïda est un opposant kurde qui a vécu en exil en Suède.
Au mois d’août 2012, Bassma Kodmani, la vice-présidente du CNS, a annoncé sa démission, reprochant au CNS ses divisions et son incapacité à rassembler les différents courants de l’opposition.
Sur le terrain, le CNS n’a pas réussi à exercer son autorité sur l’Armée syrienne libre (ASL).
Le CNS prône une intervention étrangère pour venir à bout du régime de Bachar Al-Assad.
Composée essentiellement de soldats et d’officiers déserteurs, l’Armée syrienne libre a été fondée le 29 juillet 2011. Depuis, des centaines de soldats et d’officiers ont rejoint cette organisation dans laquelle on trouve également des combattants civils.
C’est le colonel Riyad Al-Asaad qui dirige l’ASL, dont les effectifs sont difficiles à vérifier.
Sur le terrain, l’ASL a mené des opérations d’envergure contre l’armée régulière. Elle contrôle des parties du territoire, notamment au nord d’Alep, à la frontière turque.
Cependant, l’ASL ne dirige pas toutes les opérations militaires; de nombreux groupes agissent de façon autonome et n’obéissent pas à un commandement unifié.
L’ASL reçoit l’aide de la Turquie et des monarchies du Golfe persique.
Sur le plan politique, les relations entre l’ASL et le CNS sont conflictuelles. L’ASL reproche au CNS son inefficacité à apporter de l’aide à la population syrienne et aux combattants de l’intérieur.
Le Conseil pour la révolution syrienne (CRS) est né d’une scission au sein du Conseil national syrien. Il est dirigé par Haïtham Al-Maleh, une figure historique de l’opposition.
Le CRS, dont le siège est au Caire, a été créé en juillet par des opposants exilés. Ce groupe, qui accuse le CNS d’avoir failli, veut créer un gouvernement de transition en exil.
Cette décision du CRS a été sévèrement critiquée par l’ASL.
C’est le dernier né des regroupements de l’opposition syrienne. La Coalition nationale syrienne a vu le jour à Doha, la capitale du Qatar, le 11 novembre 2012.
Théoriquement, elle regroupe tous les courants de l’opposition syrienne, y compris le Conseil national syrien, qui lui aussi était censé regrouper les divers courants de l’opposition.
Cette nouvelle coalition est née après des semaines d’intenses négociations sous l’impulsion des pays occidentaux et des monarchies du Golfe persique, qui considéraient que le Conseil national syrien n’était pas représentatif de l’opposition syrienne, notamment celle de l’intérieur.
La Coalition nationale syrienne, dont le siège est au Caire, en Égypte, est présidée par Ahmad Moaz Al-Khatib, 52 ans. C’est l’ancien imam de la célèbre mosquée des Omeyades de Damas. Il a été emprisonné à deux reprises par le régime de Bachar Al-Assad, mais il a réussi à fuir le pays.
Elle est reconnue par plusieurs pays occidentaux et par les pays du Golfe persique.
Depuis le début du soulèvement populaire contre le régime syrien, l'opposition n'est pas parvenue à s'exprimer d'une seule voix.
Même si le Conseil national syrien (CNS) a réussi à s'imposer comme l'interlocuteur des gouvernements étrangers, il n'a pas pu fédérer les autres factions de l'opposition aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.
De plus, le CNS a été secoué par de nombreuses crises et des démissions qui ont révélé de profondes divisions.
Hormis l'opposition politique, le soulèvement en Syrie est aussi caractérisé par une composante armée, l'Armée syrienne libre (ASL), créée le 29 juillet 2011, composée de soldats déserteurs et de volontaires civils.
Cependant, cette organisation militaire vit elle aussi des tiraillements entre la direction interne et la direction extérieure qui se trouve en Turquie.
L'ASL a vécu aussi des tensions avec l'opposition politique, notamment le CNS.
L'opposition syrienne n'est pas née avec le soulèvement. Malgré la répression féroce pendant des décennies, ses différents courants ont toujours existé.
À l'époque de Hafez Al-Assad, le père de l'actuel président, les opposants, toutes tendances confondues, étaient soumis à une répression féroce. Ceux qui n'ont pas pris les chemins de l'exil ont subi torture et emprisonnement durant de longues années.
Dans les années 80, un soulèvement des Frères musulmans est réprimé dans le sang. On estime à 30 000 le nombre de victimes.
Quand Bachar Al-Assad est arrivé au pouvoir, une timide ouverture a été amorcée. Le court « printemps de Damas » a permis aux opposants de s'exprimer et de se rencontrer dans des forums dans les grandes villes du pays. Mais quelques mois après, le régime a sonné la fin de la récréation.
Il aura fallu attendre le soulèvement de mars 2010 pour que les figures de l'opposition refassent surface, mais cette fois elles semblent dépassées par les jeunes activistes et les militants de l'intérieur qui affrontent le régime.
Ce qui a marqué la crise syrienne, c'est la série de défections dans les rangs du régime. Le secteur le plus touché est celui de l'armée et des services de sécurité avec la désertion de 26 officiers de haut rang. Selon plusieurs estimations concordantes, le nombre des soldats syriens est de 300 000, sans compter les réservistes.
Au Conseil des ministres, formé de 33 ministres, trois défections ont été enregistrées, dont celle de l'ex-premier ministre Riyad Hijab. Quatre députés ont également quitté leur mandat et le pays. Le Parlement est composé de 250 députés.
Dans le corps diplomatique, neuf diplomates ont quitté le navire, dont l'ancien ambassadeur en Irak.
Ainsi au total, 42 responsables de plusieurs secteurs ont divorcé avec le régime de Bachar Al-Assad.
Quant aux soldats, il est difficile de connaître le nombre exact de ceux qui ont déserté les rangs de l'armée.
Journaliste : Kamel Bouzeboudjen
Carte interactive: Evguenia Kossogova