Entrée à Radio-Canada : 1984
Terrains connus : Correspondante à Londres (de 1992 à 1994), à Moscou (de 1994 à 1997), à Paris (de 1997 à 2001) et à Pékin (de 2001 à 2003). Il y a eu aussi, entre autres, la Tchétchénie, l’Algérie, le Kosovo, l’Afghanistan et l’Irak.
Une zone dangereuse : Baptême du feu en Tchétchénie. Elle n’est pas préparée : pas de gilet pare-balles et pas de notions de sécurité. Leur vieille Lada est un jour pourchassée par un avion russe! Elle ne sait pas qu’il faut faire une entrevue dos au mur. Elle se souvient des images d’horreur d’une ferme bombardée.
Regardez le reportage Terreur en Tchétchénie (75e de Radio-Canada) >>
Un souvenir heureux : Dans un orphelinat afghan, des jeunes filles plongent les mains dans une caisse de chaussettes neuves. Des Ontariennes avaient vu un reportage de Céline Galipeau à la CBC et avaient tricoté deux paires de chaussettes pour chaque orpheline.
Un moment historique : De 1994à 1997 à Moscou, elle assiste au passage du communisme au capitalisme sauvage : tirs sur le Parlement, règne controversé de Boris Eltsine. C’est le chaos, mais l’actualité est abondante.
Une source de fierté : En 2001, au Pakistan et en Afghanistan, elle se trouve dans un monde d’hommes. Le choc! En réaction, au cours des années qui suivent, elle multiplie les reportages sur le sort des femmes.
Regardez le reportage Le désespoir des femmes afghanes - 30 octobre 2006 >>
Une arme secrète : Dans les pires moments, en Tchétchénie (1995) ou au Kosovo (1999), il ne lui arrive jamais de perdre la maîtrise de ses émotions parce qu’elle considère qu’elle peut les exprimer intelligemment dans ses reportages.
L’envers de la médaille : Après la vie difficile sur le terrain et les scènes d’horreur de la guerre, il y a des traumatismes. Il faut apprendre à composer psychologiquement avec le choc du retour dans le luxe et le confort de notre société pour retrouver l’harmonie au sein de la vie familiale.
Une raison de vivre à l’étranger : Il faut qu’il y ait des journalistes pour témoigner en permanence, pas juste en temps de crise. Ils sont les yeux et les oreilles des Québécois et des Canadiens.
À lire : Danielle Laurin, Promets-moi que tu reviendras vivant, Libre Expression, 2010.
Entrée à Radio-Canada : 1971
Terrains connus : Correspondant à Pékin (de 1983 à 1986), à Paris (de 1986 à 1988), à Jérusalem (de 1988 à 1990). Il y a eu aussi, entre autres, la Sierra Leone, le Kosovo, le Cambodge, l’Inde, l’Afrique du Sud et Haïti.
Une zone dangereuse : En octobre 1989, durant la première Intifada, il reçoit une balle de caoutchouc dans la jambe. L’équipe filmait un affrontement entre des soldats de l’armée israélienne et un groupe de Palestiniens. « J’ai vu un soldat israélien viser la caméra. Puis, j’ai senti une douleur au genou. »
Un souvenir heureux : La libération de Nelson Mandela, en février 1990. Jean-François Lépine était à Soweto quand Nelson Mandela est arrivé dans sa maison. Il lui a même serré la main.
Un moment historique : La mort d'Indira Gandhi, en Inde le 30 octobre 1984. Il est un des premiers étrangers à entrer dans le pays. La ville est à feu et à sang : les hindous s’en prennent aux sikhs. Il y a des milliers de morts.
Regardez le reportage diffusé au Téléjournal - 2 novembre 1984 >>
Une source de fierté : En 1999, pour Zone libre, le reportage « La Mongolie ». L’équipe a su décrire les conditions de vie difficiles dans cette région qui faisait partie de l’URSS. On a découvert des enfants qui vivaient dans les égouts.
Une arme secrète : « À Jérusalem, on partait le matin, on écoutait les radios de l’armée, on essayait de voir où le trouble allait commencer pour être là en premier. »
L’envers de la médaille : Pour montrer la violence, il faut aller la chercher et la fixer sur la pellicule. L’équipe prend des risques et se trouve au milieu de l’affrontement tout le temps : entre les manifestants et l’armée.
Une raison de repartir : Un des plus grands plaisirs du métier, c’est d’assister à l’événement là, en direct. Le défi, c’est de bien témoigner de ce qui se passe.
Entrée à Radio-Canada : 1978
Terrains connus : Correspondant à Washington (de 1980 à 1985), à Londres (de 1985 à 1988), à Paris (de 1988 à 1992), à Pékin (de 1996 à 2001). Il y a eu aussi, entre autres, Berlin, le Tibet, l’Irlande du Nord, le Rwanda et l’Angola.
Une zone dangereuse : En Irlande du Nord et en Algérie. L'ennemi est partout, chacun est donc très vulnérable. Dans ce contexte, les forces de l'ordre se méfient de tous, y compris des journalistes. Pour Raymond Saint-Pierre, cela équivaut à l'enfer.
Un souvenir heureux : Pendant la guerre au Liban en 2006, Raymond Saint-Pierre fait un reportage qui change le cours des choses. Un citoyen canadien, Mohammed Al-Akhrass, survivant d’une famille où il y a eu 11 morts, peut, grâce à lui, rentrer au Canada.
Un moment historique : La chute du mur de Berlin en novembre 1989. La rumeur veut que l’Allemagne de l’Est ouvre le mur, alors Raymond Saint-Pierre se rend à plusieurs reprises à Checkpoint Charlie. Tout d’un coup, il y a une marée humaine… Le journaliste sait qu’il vit un moment unique.
Regardez le reportage diffusé au Téléjournal - 11 novembre 1989 >>
Une source de fierté : Premier journaliste de la télévision à entrer en Angola et à montrer des images de ce pays en guerre depuis 15 ans, une guerre extrêmement dure envers les citoyens du pays. C’est là qu’il comprend les conséquences des mines antipersonnel.
Une arme secrète : En Roumanie à l’époque de Ceaucescu, parler en joual au téléphone aux patrons de Montréal pour déjouer les agents qui écoutent, et faire ainsi des reportages plus audacieux.
L’envers de la médaille : Dans un conflit, il faut aller au-delà des statistiques. Il ne faut pas rester dans le carcan du « nombre de morts ». Il peut tomber 100 roquettes quelque part où il n’y a personne, mais il peut en tomber une seule sur une école. Il faut se déplacer, être sur le terrain et rendre compte de ce que vivent les gens.
Une raison de repartir : Au bout de la route, il y a toujours une autre histoire à raconter, des gens à faire entendre, des visages à mettre sur des statistiques, un univers à montrer. Par contre, il ne faut pas repartir si on risque de devenir le centre de l'histoire.
Entrée à Radio-Canada : 1938 (comédienne), 1947 (Service international de Radio-Canada), 1953 (création avec René Lévesque du Service des reportages)
Terrains connus : Correspondante à l’ONU (de 1966 à 1968), à Washington (de 1968 à 1970). Il y a eu aussi, entre autres, l’Algérie, Cuba, Machu Picchu au Pérou, le Gange en Inde et Haïti.
Une zone dangereuse : En 1955, elle part seule pour l’Inde et l’Indochine. Elle envoie des reportages à Radio-Canada, dont un entretien avec Ho Chi Minh.
Un souvenir heureux : « Pourquoi Haïti? » Le 13 décembre 1959, Judith Jasmin présente un grand reportage sur Haïti. En ce début de dictature de François Duvalier, elle montre autant le quotidien des pauvres que le mode de vie des intellectuels. Elle y rencontre Joseph Châtelain, un économiste haïtien qu’elle fréquente jusqu’en 1968.
Écoutez le documentaire radio sur Judith Jasmin : « Le temps s’est arrêté à Port-au-Prince » >>
Un moment historique : Le 22 novembre 1963, John F. Kennedy est assassiné à Dallas. Judith Jasmin s’y rend avec une petite équipe. Elle sera la seule à obtenir un entretien avec la mère de Lee Harvey Oswald, le suspect principal.
Écoutez un extrait du reportage diffusé à Champ libre le 14 décembre 1963 >>
Une source de fierté : Son reportage sur la mort de Robert Kennedy, survenue le 6 juin 1968. En quelques phrases, elle décrit le pouvoir des forces obscures au sein de la société américaine et la fin de l’innocence.
Une arme secrète : Judith Jasmin fait preuve d'une audace inouïe pour obtenir des entrevues et pose des questions directes pour obtenir des réponses originales.
L’envers de la médaille : Vers la fin des années 60, elle participe à une manifestation contre la ségrégation raciale à New York, ce qui lui vaut 30 heures d’emprisonnement.
Une raison de se souvenir : Pionnière du journalisme radio et télé, voire un des « phares de la Révolution tranquille » grâce à sa défense du féminisme et de la laïcité.
Entrée à Radio-Canada : 1992
Terrains connus : Syrie, Égypte, Israël, France, Liban, Jordanie, territoires palestiniens, Irak, Ukraine, Vatican, Pakistan, Haïti, Cachemire, Albanie, Côte-d’Ivoire, Grande-Bretagne, Libye, Kurdistan irakien, etc.
Une zone dangereuse : Durant la seconde Intifada, dans les territoires palestiniens, Akli Aït Abdallah se retrouve entre Palestiniens et Israéliens qui se tirent dessus!
Un moment heureux : Arrivée au Liban le 14 août 2006, jour de l’annonce du cessez-le-feu. C’est aussi son anniversaire.
Un moment historique : Noël à Bethléem. Les chants sont beaux, l’atmosphère est au recueillement, mais c’est la première fois que Yasser Arafat n’assiste pas à la messe de minuit. Une chaise est vide avec un keffieh dessus.
Une source de fierté : La couverture de l’Irak, avant le début de l’invasion en mars 2003. Si les médias parlent surtout d’armes de destruction massive, c’est la vie quotidienne des Irakiens qui est mise en valeur dans ses reportages, pour la plus grande satisfaction des auditeurs.
Écoutez le reportage diffusé au Radiojournal - 25 février 2003 >>
Une arme secrète : Mettre les gens en confiance et ne pas les traiter comme des matières à reportages. Il suffit de s’asseoir au café, de parler et de rire avec les gens, de les écouter et de garder le contact longtemps après la rencontre.
L’envers de la médaille : Faire partie de la meute de journalistes étrangers dans un événement tragique, comme le séisme en Haïti. Les médias en arrivent à consommer de la souffrance. Il faut trouver des façons de se démarquer.
Une raison de repartir : Il n’y a que sur le terrain qu’on saisit la réalité. Chaque voyage est une découverte : un pays, ses habitants et sa culture. C’est aussi travailler avec une grande latitude.
Entrée à Radio-Canada : avril 1939
Terrains connus : Correspondant de guerre pendant la Deuxième Guerre mondiale : il a été à Londres, en Italie, en Normandie, à Paris, à Rouen, à Bruxelles et en Allemagne.
Une zone dangereuse : En Normandie, le 13 juin 1944, un obus allemand frappe directement la chambre que Marcel Ouimet partage avec deux autres correspondants. Mais il est au front à ce moment-là! Ses confrères échappent à la mort en sautant par les fenêtres.
Un souvenir heureux : Il remporte son pari avec le colonel du Régiment de la Chaudière près de la petite ville d’Aurich sur l’imminence de la capitulation de l’Allemagne. Il passe la dernière nuit de la guerre en première ligne, mais au son des bouchons de champagne!
Un moment historique : L’arrivée du général de Gaulle à Bayeux quelques jours après le débarquement. Marcel Ouimet dit : « C’est le commencement de la résurrection de la France. » Quelques semaines plus tard, il vit le moment le plus émouvant de sa carrière : la libération de Paris.
Une source de fierté : Sa description de la bataille de San Marco en novembre 1943. Les troupes canadiennes lancent l’assaut, auquel les Allemands répondent par un feu nourri. Marcel Ouimet décrit la scène comme une partie de football. Son reportage est diffusé par plusieurs réseaux à l’international.
Une arme secrète : Balles qui sifflent, fracas des explosions, bruit des canons… Marcel Ouimet est le premier à mettre un fond sonore sur ses descriptions de scènes de guerre. Grâce au matériel technique, les correspondants de Radio-Canada innovent dans la couverture de guerre.
L’envers de la médaille : Comme le correspondant de guerre suit l’armée, il faut trouver l’équilibre entre l’information du public et la protection des opérations militaires. L’armée censure les reportages. Parfois, c’est un Anglais qui comprend à peine le français qui s’en charge, ce qui en retarde la transmission à Montréal.
Une raison de se souvenir : Il est le seul correspondant de guerre de langue française à bord d’un des navires qui suivent le débarquement. Il était connu comme le « correspondant du feu! »
Source : Aimé-Jules Bizimana, De Marcel Ouimet à René Lévesque : les correspondants canadiens-français durant la Deuxième Guerre mondiale, VLB Éditeur, 2007.
Entrée à Radio-Canada : 1974
Terrains connus : Correspondant à Washington (de 1989 à 1994 et de 2007 à 2010), en Europe à partir de Paris (de 1994 à 2000 et de 2004 à 2007), et au Proche-Orient à partir de Jérusalem (de 2002 à 2004). Il y a eu aussi, entre autres, le Nicaragua, Haïti, le Pakistan etl’Irak.
Une zone dangereuse : En juin 2000 au Zimbabwe, il rend compte de l’élection de justesse du président Robert Mugabe, qui avait saisi les terres des Blancs, dans un climat de forte violence.
Un souvenir heureux : En novembre 2008 à Washington, l’élection de Barack Obama. Un vent de changement met au pouvoir un premier président noir. Mais deux ans plus tard, Hugues Poulin constate la polarisation de la société américaine, avec un discours raciste très fort dans certains États.
Un moment historique : En juin 1999, il assiste à l’entrée au Kosovo des forces de l'OTAN, au retour des Albanais et au retrait des troupes serbes. Les premiers reportages sur l’ambiance de libération cèdent la place aux descriptions de règlements de compte et de nettoyage ethnique.
Une source de fierté : Le 7 février 1986 à l’aéroport de Port-au-Prince, Hugues Poulin est témoin de la fuite du président Jean-Claude Duvalier et de sa femme au milieu de la nuit. En 24 heures, il assiste à la libération d’un peuple.
Écoutez le reportage diffusé à Présent - 7 février 1986 >>
Une arme secrète : Dans une région comme le Proche-Orient, où il y a des attentats chaque jour, il faut être assez fort psychologiquement parce qu’on voit tellement de scènes avec des morts. On ne s’habitue pas à l’horreur, mais on compose avec elle.
L’envers de la médaille : Le 26 avril 2006, en Ukraine pour le 20e anniversaire de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, il est bouleversé par les séquelles de cette tragédie, alors que les médias n’en parlent plus.
Une raison de se souvenir : C’est le journaliste qui a eu la plus longue carrière comme correspondant francophone à Radio-Canada : « Je n'ai jamais été blasé. Je ne suis jamais rentré au bureau à reculons le matin ou parti à l'étranger contre mon gré. »
Entrée à Radio-Canada : 1957
Terrains connus : Correspondant de Radio-Canada à Paris (de 1965 à 1968). Il y a eu aussi, entre autres, la Roumanie, Chypre, le Vietnam, l’Algérie, le Chili, la Cisjordanie, le Liban, l’Allemagne de l’Ouest et le Zimbabwe (anciennement la Rhodésie).
Une zone dangereuse : En 1976 à Beyrouth, il fait un reportage sur la diaspora palestinienne, et au moment de regagner la voiture, l’équipe est la cible de tireurs embusqués chrétiens. Un muret de sacs de sable les protège.
Un souvenir heureux : Suivre pendant une semaine Jack Kerouac, écrivain-culte de la jeunesse américaine des années 50 et 60, principalement dans Greenwich Village, et découvrir le monde des beatniks.
Un moment historique : En 1970, Pierre Nadeau fait la première entrevue avec « Bébé Doc », 19 ans, le jour de son « intronisation ». Jean-Claude Duvalier remplace son père, François, en tant que président.
Une source de fierté : En août 1973, Pierre Nadeau et son équipe passent deux semaines au Chili. Ils assistent à la dernière conférence de presse de Salvador Allende. Ils sentent que quelque chose se prépare.
Regardez un extrait du reportage diffusé juste avant le coup d’État de Pinochet >>
Une arme secrète : Dès qu'il se passait quelque chose quelque part, il essayait d'arriver parmi les premiers, sinon le premier. « Get it fast, get it first, get it right », comme le disait Walter Cronkite, qui recommandait d’être rapide et juste.
L’envers de la médaille : Pendant la guerre du Vietnam, Pierre Nadeau est choqué par les façons de faire des militaires américains envers les populations civiles. Mais il estime que le simple fait de montrer des images suffit à susciter la désapprobation.
Une raison de se souvenir : Pierre Nadeau a su insuffler un style percutant au journalisme d’affaires publiques et a touché, de 1973 à 1975, un vaste public (1 million de téléspectateurs) avec une émission d’information internationale, Le 60.
Référence
L’autobiographie L’impatient, éditions Flammarion, 2001.
Entrée à Radio-Canada : 1982
Terrains connus : Correspondant à Rio de Janeiro (de 2001 à 2003). Il y a eu aussi, entre autres, les pays de l’Europe de l’Est, dont la Russie, l’Allemagne, la République tchèque et la Slovaquie, et l’Asie, dont la Chine et l’Inde.
Une zone dangereuse : En 2002, au Venezuela, il assiste aux violents affrontements entre les tenants d’Hugo Chavez, le président, et ses opposants.
Un souvenir heureux : En 2003, il découvre l’accueil chaleureux de paysans d’un des coins les plus reculés de la planète. Ils sont pourtant durement touchés par la déforestation de l’Amazonie. Un moment exceptionnel.
Écoutez le reportage Amazonie, terre sans loi – 18 avril 2003 >>
Un moment historique : L’élection de « Lula », Luiz Inacio da Silva, à la présidence du Brésil en octobre 2002. Ce président originaire d’une des régions les plus pauvres a suscité tout un engouement et a redonné confiance aux plus démunis, qui s’identifiaient à lui.
Une source de fierté : À l’occasion d’une série en Moldavie, il découvre la Transnistrie, enclave russophone encore fidèle aux statues de Lénine.
Une arme secrète : Sortir des clichés. Par exemple, au Brésil et ailleurs en Amérique latine, il donne une image diversifiée et parle des mouvements sociaux et de la culture, et pas seulement des enfants de la rue!
L’envers de la médaille : Comme correspondant, il y a un risque de perdre son regard d’observateur étranger et de commencer à voir les choses qui sont moins importantes pour l’auditoire.
Une raison de repartir : « C’est le plus beau métier du monde! On entre dans la vie de peuples qui vivent des changements d’une grande intensité, et de le transmettre, ça n’a pas de prix. »
Entrée à Radio-Canada : 1967
Terrains connus : Correspondante à Paris (de 1979 à 1982) et envoyée spéciale, notamment pour Le point, dans de nombreux pays : Pologne, Liban, Afghanistan, Cambodge, Argentine, Allemagne, etc.
Une zone dangereuse : Pendant la guerre du Liban, à Beyrouth, elle frôle la mort à plusieurs reprises. Par exemple, lorsque son équipe visite un hôpital palestinien, les bombardements reprennent soudainement. Une autre fois, on tire sur la voiture dans laquelle elle se trouve.
Un souvenir heureux : En 1989, Madeleine Poulin obtient une entrevue exclusive avec Carlos Menem, juste avant son élection à la présidence de l’Argentine. Il joue même la carte de la séduction aux commandes de son avion personnel.
Un moment historique : En 1979, première visite en Pologne de Jean-Paul II, qui encourage explicitement les citoyens à revendiquer leurs droits, ce qui aide la cause de Lech Walesa, président de Solidarnosc.
Regardez un extrait du reportage Le pèlerinage polonais – 16 juin 1979 >>
Une source de fierté : À trois ans d’intervalle, grâce à deux reportages en Afghanistan, le premier avec des moudjahidines, le second au moment du départ des troupes prosoviétiques, Madeleine Poulin montre le chaos qui a permis aux talibans de prendre le pouvoir.
Une arme secrète : Pendant la guerre du Liban, elle s’installe à Beyrouth-Ouest, la zone la plus dangereuse, pour avoir accès à toutes les sources d’information : l’OLP, les phalanges chrétiennes, les milices chiites, les civils et même l’armée israélienne. Elle est plus préoccupée par son travail que par les tirs.
L’envers de la médaille : Quand Israël attaque le Liban en 1982, elle parvient à Beyrouth en bateau après avoir payé grassement un capitaine. Elle ignore que le bateau transporte également des armes pour les phalangistes, les milices chrétiennes alliées à Israël.
Une raison de se souvenir : Madeleine Poulin a su allier rigueur et élégance. « Je n’ai jamais cherché le scoop, le sensationnel, je voulais traiter les choses en profondeur. »
Référence : Châtelaine, mars 1995