Les athlètes canadiens rentrent au pays avec 18 médailles, mais une seule en or. Faut-il se satisfaire de cette récolte? Oui et non, disent certains analystes et spécialistes canadiens.
Pour l'entraîneur en ski acrobatique et directeur de B2dix, Dominick Gauthier, le bilan canadien est bon. Il croit toutefois que le débat se trouve ailleurs. « Si on décide de vraiment miser sur les médailles d'or, il faudra peut-être revoir nos façons de faire. Mais ça, ça sera un choix de société qui devra être fait et que le Comité olympique devra aussi faire. Si on continue de pousser pour les médailles ou si on pousse pour les médailles d'or, c'est une stratégie qui selon moi est très différente. »
Pour lui, la solution réside notamment dans le choix des sports. « Il faut aller identifier les sports dans lesquels on a vraiment des chances de gagner et où il y a une relève, ajoute le cofondateur de B2dix. Et il faut penser à l'identification de talents à un très jeune âge si on vise des médailles d'or. C'est la seule façon parce que nos ressources seront toujours limitées. On ne parle pas ici de la Chine ou de la Russie, nos budgets pour le sport seront toujours limités. »
L'ancien président de l'Association canadienne des entraîneurs Jean-Marie de Koninck est également d'avis que l'excellence sportive passe par le développement à la base. « Les bons athlètes, quand ils étaient jeunes, ils ont eu aussi de très bons entraîneurs au niveau groupes d'âge, au niveau d'apprentissage. Il faut investir aussi à cet endroit-là. »
D'ailleurs, une autre façon d'augmenter les résultats en terme quantitatif, c'est de choisir les bons entraîneurs, croit l'analyste. « Il y a deux choses qu'il faudrait faire : investir davantage dans nos entraîneurs et amener davantage nos athlètes de haut niveau dans des compétitions internationales, dans des camps d'entraînement internationaux, explique Jean-Marie de Koninck. Si on veut rivaliser avec les meilleurs athlètes au monde, il faut être souvent avec eux. Au Canada, je pense qu'on ne le fait pas assez. Et souvent, la différence entre la médaille d'argent et la médaille d'or, c'est cette expérience internationale. »
Quelle que soit la décision canadienne, il ne faudra pas s'attendre à voir de grands changements dans les résultats à Rio, en 2016. Parce que pour faire des champions, il faut plus de quatre ans, avance Dominick Gauthier. « On doit commencer à avoir des planifications plus longues, de deux cycles olympiques. Si on se donne huit ans avec les bons entraîneurs et à procurer à certains athlètes un entourage optimal, on va voir les 4es et 5es places se transformer en médailles d'or. »