Jennifer Abel est restée sur son appétit, mais pas autant qu'Émilie Heymans. Les Québécoises ont pris respectivement les 6e et 12e rangs de la finale du 3 m, dimanche, pendant que la Chine réaffirmait son hégémonie sur les tremplins.
Wu Minxia a régné sur le concours du début à la fin, pour boucler sa journée avec 414 points. He Zi (379,2) a complété le doublé chinois, sans jamais inquiéter sa coéquipière.
C'est la troisième place qui a été la plus chaudement disputée. La Mexicaine Laura Sanchez Soto (362,4) l'a décrochée, quelques poussières devant l'Italienne Tania Cagnotto (362,2).
Quatrième de la demi-finale, Abel est toujours restée à distance du podium. Avec 343 points, il lui en manquait près de 20 pour toucher au bronze. La Québécoise y croyait après sa deuxième figure, un triple périlleux et demi avant qui l'a fait passer de la 10e à la 5e place. Mais un deux et demi périlleux renversé de 55 points l'a ensuite reléguée en milieu de peloton (8e), d'où elle n'a pu s'extirper.
« Je suis fière de ce que j'ai fait aujourd'hui, a dit Abel, 20 ans. Il y avait plus de hauts que de bas. L'expérience, c'est très important en plongeon. La plupart des finalistes avaient au moins 24 ou 25 ans. »
« Je n'étais pas ici pour monter sur le podium, a-t-elle ajouté. Je voulais faire la finale, améliorer mon pointage et être constante. Je n'ai pas abandonné le rêve d'une médaille olympique. J'ai quatre autres années pour me préparer. »
Émilie Heymans
Photo : AFP/Martin Bureau
Heymans très loin
Heymans (295,2), elle, a été fixée sur son sort à sa deuxième figure. La Québécoise a raté l'entrée à l'eau de son triple périlleux et demi avant. Son pointage (46,2) était révélateur de l'ampleur de la catastrophe. Elle était reléguée au 12e et dernier rang. Sa journée était gâchée.
« J'ai choisi ce plongeon parce que je le réussis bien en général, a commenté Heymans. Ce n'était pas le cas aujourd'hui, mais ce n'est pas la fin du monde. »
Londres a quand même offert à Heymans une médaille (le bronze au 3 m synchro avec Abel) dans des quatrièmes Jeux de suite, ce qu'aucune autre plongeuse n'avait encore réussi.
« Les trois dernières journées ont été longues, a commenté Heymans. Je manquais d'énergie et de concentration. Même à l'entraînement, le rythme n'était pas le même. Mais dans l'ensemble de ma carrière, je suis restée dans l'élite pendant plusieurs années. Il n'y a pas beaucoup d'athlètes qui font ça. »
L'or olympique au 3 m féminin appartient à la Chine depuis les Jeux de Séoul en 1988, après le triomphe de la Québécoise Sylvie Bernier à Los Angeles quatre ans plus tôt.