Présidentielles américaines 2012

Les conventions nationales

Mitt Romney accepte officiellement l'investiture du Parti républicain à Tampa, en Floride, le 30 août 2012. Mitt Romney accepte officiellement l'investiture du Parti républicain à Tampa, en Floride, le 30 août 2012.  Photo :  AFP/JEWEL SAMAD

Barack Obama et Mitt Romney ont tous deux reçu l'investiture officielle de leur parti respectif au cours des conventions démocrate et républicaine.

La convention républicaine, qui se déroulait à Tampa Bay, en Floride, a dû être légèrement décalée à cause du passage de l'ouragan Isaac. Mitt Romney, qui avait prévu de se rendre à Tampa au dernier jour de la convention pour prononcer son discours d'acceptation, est finalement arrivé deux jours plus tôt.

Il a choisi comme colistier Paul Ryan, représentant du Wisconsin très apprécié du Tea Party.

Plusieurs poids lourds du parti ont pris le micro, dont le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, le président de la Chambre des représentants, John Boehner, ou encore l'ultraconservateur Rick Santorum, candidat malheureux à l'investiture face à Mitt Romney. La femme de ce dernier, Ann Romney, a également prononcé un discours visant à présenter son mari comme un homme généreux et empathique.

Du côté des démocrates

Pour leur part, les démocrates ont tenu leur convention à Charlotte, en Caroline du Nord, du 3 au 6 septembre.

Tentant de raviver l'enthousiasme qui l'avait porté à la Maison-Blanche en 2008, Barack Obama a présenté le scrutin comme « un choix entre deux visions fondamentalement différentes pour l'avenir » des prochaines générations.

L'ex-président Bill Clinton est venu lui prêter main-forte, en défendant la politique économique du président sortant et critiquant le legs des républicains. La veille, Michelle Obama avait livré un vibrant plaidoyer pour son mari, un « homme sur lequel on peut se fier » afin de redresser l'économie.

Le président sortant, Barack Obama, prononce son discours d'investiture du Parti démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord. Le président sortant, Barack Obama, prononce son discours d'investiture du Parti démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord.  Photo :  AFP/STAN HONDA

Un processus bien rôdé

Les conventions accueillent les délégués que les électeurs ont désignés lors du vote tenu dans chacun des États et territoires, de même que certains délégués (unpledged [qui n'ont pas à indiquer l'identité de leur favori] chez les républicains, superdélégués chez les démocrates), comme les gouverneurs d'État, d'anciens présidents ou encore les membres du comité national, qui jouissent d'un statut particulier au sein du parti.

Ces rencontres ont pour but de désigner officiellement les candidats à la présidence et à la vice-présidence, et qui formeront ce qu'on appelle le « ticket » de la formation. C'est également lors de la convention que le programme du parti sera adopté.

À cette étape du processus de sélection du candidat présidentiel, il n'y a plus vraiment de suspense. Le vote n'est qu'une simple formalité. On connaît l'identité des candidats à la présidence des partis bien avant la tenue de la convention, c'est-à-dire une fois qu'un candidat a obtenu suffisamment d'appuis de délégués lors des caucus et des primaires.

Par ailleurs, c'est une fois le gagnant à l'investiture désigné que son colistier est choisi. Souvent, le candidat à la présidence choisit un de ses adversaires comme candidat à la vice-présidence pour former le « ticket ».

Une grande infopublicité pour les partis

Selon Guillaume Lavoie, chercheur à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, les conventions nationales se comparent un peu au « Walt Disney World de la politique ».

Si les conventions des partis avaient pour but principal, à l'origine, de choisir un candidat et d'adopter une plateforme, il en est autrement aujourd'hui, estime le chercheur. « Depuis qu'il y a des processus de primaires - depuis au moins 50 ans - on arrive à la convention et c'est presque déjà réglé », analyse Guillaume Lavoie sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada.

« Alors maintenant, l'utilité presque symbolique [d'une convention], c'est de choisir le candidat, d'adopter la plateforme, mais surtout de présenter au pays continent que sont les États-Unis qui on est, qui sont nos candidats, qui sont nos étoiles montantes, quelle est notre vision, et combien méchant est notre adversaire », précise M. Lavoie, qui qualifie les conventions nationales d' « infopub de quatre jours ».