La course à l'investiture républicaine aborde une autre étape samedi avec la tenue des caucus du Nevada, dans lequel Mitt Romney part favori devant son concurrent Newt Gingrich. À l'occasion de cette course à la présidence, nous vous présentons un survol des enjeux du président sortant sur la place de l'Amérique d'Obama dans le monde.
Le président Obama devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Photo : AFP/Eric Feferberg
Lorsqu'il a pris le pouvoir en janvier 2009, le président américain Barack Obama a hérité d'un pays impliqué dans deux guerres, en Irak et en Afghanistan, des conflits amorcés par son prédécesseur George W. Bush. Même si la santé et l'économie ont été les priorités de son premier mandat à la tête des États-Unis, il n'en demeure pas moins que la politique étrangère a beaucoup occupé Barack Obama durant son premier mandat. Voulant se démarquer de l'approche belliciste de son prédécesseur, il a prôné davantage le dialogue et le multilatéralisme, ce qui lui a valu d'ailleurs le prix Nobel de la paix.
Dans une entrevue accordée au magazine américain Time en janvier, il a affirmé que son administration a accompli ses objectifs principaux, soit de mettre fin à la guerre en Irak, de recentrer les efforts pour vaincre l'ennemi principal des États-Unis, Al-Qaïda, de renforcer les alliances multilatérales et de restaurer le leadership américain dans le monde.
« Les États-Unis sont plus sécuritaires, plus forts et mieux positionnés [maintenant] qu'avant mon arrivée dans le Bureau ovale. »
D'ailleurs, le président Obama a amorcé son discours sur l'état de l'Union, le 24 janvier dernier, en rendant hommage aux militaires qui ont servi en Irak. Leur mission a pris fin en décembre 2011, après neuf années de guerre. La situation en Afghanistan est tout autre, même si les États-Unis ont amorcé leur retrait du pays. Ainsi, quelque 10 000 militaires américains ont déjà quitté le pays en 2011. D'ici l'été 2012, 23 000 autres rentreront au bercail.
Tandis les militaires se retirent progressivement, l'implication américaine en Afghanistan passe graduellement d'une mission de combat à une mission de soutien. En 2014, les Afghans seront responsables d'assurer leur propre sécurité, a promis le président.
L'élimination d'Oussama ben Laden, à la suite d'une opération terrestre américaine, constitue sans doute l'un des événements marquants de la carrière d'Obama. « Pour la première fois en deux décennies, Oussama ben Laden n'est plus une menace pour ce pays », a-t-il déclaré lors de son discours sur l'état de l'Union.
« L'une des choses que je possède et dont je suis le plus fier est le drapeau des forces spéciales du raid contre Ben Laden, a-t-il dit. Sur ce drapeau se trouve le nom de chacun des membres de l'équipe. Certains sont peut-être démocrates. D'autres républicains. Mais cela n'a pas d'importance. La seule chose qui comptait ce jour-là, c'était la mission. »
Le travail n'est pas fini pour autant, a souligné M. Obama. Le réseau Al-Qaïda est toutefois plus affaibli qu'auparavant avec la mort de son chef notamment.
L'Iran et le monde arabe
La question nucléaire en Iran n'est toujours pas réglée, mais M. Obama est optimiste quant à une résolution pacifique. « Qu'il n'y ait pas de doute : l'Amérique est déterminée à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire et je garde toutes les options sur la table pour atteindre ce but. Mais une résolution pacifique de cette question est encore possible. »
Concernant les révoltes populaires nées dans le monde arabe au printemps dernier, M. Obama a promis que les États-Unis resteront solidaires avec les forces démocratiques face à « la violence et à l'intimidation ».
« Nous ne savons pas exactement comment s'achèvera cette incroyable transformation. Nous soutiendrons les politiques qui favorisent l'émergence de démocraties fortes et stables ainsi que des marchés ouverts, car la tyrannie ne fait pas le poids face à la liberté », a souligné M. Obama.
« Et en Syrie, il n'y a pour moi aucun doute que le régime de Bachar Al-Assad découvrira bientôt que la force du changement est irrésistible et qu'on ne peut écraser la dignité des gens », a-t-il soutenu pendant le discours sur l'état de l'Union.
La mort de Mouammar Kadhafi en octobre a été saluée par de nombreux dirigeants, dont Barack Obama. « Pendant quatre décennies, le régime Kadhafi a régné sur les Libyens d'une main de fer. Les droits de la personne ont été niés, des civils innocents mis en prison, battus et tués, et la richesse de la Libye gaspillée, [...] le terrorisme a été érigé en arme politique. La mort de Mouammar Kadhafi [...] marque la fin d'un chapitre long et douloureux pour les habitants de Libye, qui ont désormais une chance de pouvoir déterminer leur propre destin dans une Libye nouvelle et démocratique. »
Le président américain n'a pas manqué de rendre hommage à ceux qui se sont levés pour « réclamer leurs droits », ajoutant que la mort de Kadhafi prouvait que les régimes brutaux « finissent inévitablement par disparaître ».
Guantanamo : fermera, ne fermera pas
Deux jours après son arrivée à la Maison-Blanche en 2009, Barack Obama avait ordonné la fermeture en janvier 2010 du camp de Guantanamo, dans une volonté affichée de rompre avec les politiques de son prédécesseur George W. Bush.
La prison, ouverte en 2001, n'est toutefois pas encore fermée et 171 personnes soupçonnées de terrorisme y sont toujours détenues. Une trentaine d'entre elles sont en attente de procès pour crimes de guerre.
Il semble que le Congrès ait bloqué toutes les tentatives du président de tenir sa promesse. En mai 2009, les sénateurs démocrates ont rejeté massivement la demande de financement de 80 millions de dollars des départements de la Justice et de la Défense pour le transfert des 240 détenus de la base américaine à Cuba.
En décembre 2010, M. Obama a subi un autre revers. Le Congrès a adopté une loi interdisant l'utilisation de fonds publics pour transférer les détenus de Guantanamo vers le territoire américain ou des pays tiers. La loi impose aussi que des gens soupçonnés de terrorisme soient traduits devant des tribunaux militaires plutôt que devant la justice fédérale.
Conflit israélo-palestinien
En septembre dernier, le président américain a profité de son discours à l'Assemblée générale des Nations unies pour redire que le conflit israélo-palestinien devait être résolu par des négociations. Une position qu'il a transmise au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d'une rencontre privée.
« Je suis convaincu qu'il n'y a pas de raccourci pour un conflit qui perdure depuis des décennies », a dit le président Obama. « La paix ne viendra pas de déclarations et de résolutions aux Nations unies; si c'était aussi facile, cela aurait déjà été fait. »
« Ultimement, ce sont les Israéliens et les Palestiniens, et pas nous, qui doivent parvenir à un accord sur les enjeux qui les divisent : sur les frontières et la sécurité, sur les réfugiés et Jérusalem », a ajouté le président américain.
M. Obama a répété une fois de plus que « l'engagement des États-Unis envers la sécurité d'Israël est inébranlable ».
Après avoir soutenu la création d'un État palestinien, il s'est opposé à la démarche palestinienne d'adhésion à l'ONU.