Présidentielles américaines 2012

Rick Perry

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Rick Perry Rick Perry  Photo :  PC/AP/Gerry Broome

Expérience politique : gouverneur actuel du Texas (depuis 2000)
Âge : 61 ans (4 mars 1950)
Vie personnelle : marié, deux enfants
Religion : Église méthodiste unie

Rick Perry a annoncé le 19 janvier 2012 qu'il se retirait de la course à l'investiture républicaine. Il avait alors offert son appui à l'ex-président de la Chambre des représentants Newt Gingrich.

Ayant la réputation de ne pas faire de compromis et de ne pas manier la langue de bois, Rick Perry avait fait une entrée remarquée dans la course républicaine. Un blanc de mémoire lors d'un débat des candidats à l'investiture a cependant entamé sa crédibilité.

Durant sa campagne, il qualifiait le président Obama de « socialiste » et comparait la Sécurité sociale à un stratagème de Ponzi, ce système de fraude pyramidal...

Porté à la tête du Texas lorsque George W. Bush a été élu à la présidence, en 2000, l'ancien lieutenant-gouverneur du Texas a depuis remporté trois élections, en plus de présider l'Association des gouverneurs républicains.

Son credo économique et ses convictions sur les enjeux sociaux le positionnent bien à droite, où il séduit tout autant les conservateurs fiscaux que religieux. Celui qui se décrit comme un « vrai conservateur » a pourtant siégé à la Chambre des représentants de son État comme démocrate, dans les années 1980... jusqu'à ce qu'un certain Karl Rove, stratège de George W. Bush, l'approche.

Fort du bilan économique de son État, il aime marteler que 40 % des emplois créés aux États-Unis depuis 2009 ont été créés au Texas, une situation qu'il attribue au faible taux d'imposition des entreprises et à une « réglementation raisonnable ». Son discours, qui passe sous silence la forte proportion de pauvres de son État, est susceptible d'avoir un écho auprès d'une population qui fait de l'emploi et de l'économie des priorités.

Sous sa gouverne, le Texas a renoué avec l'équilibre budgétaire, mais ses détracteurs dénoncent l'ampleur des compressions, notamment en éducation. Le Tea Party apprécie également son plaidoyer en faveur d'une présence réduite de l'État fédéral dans la vie des citoyens.

La réforme de la santé du président Obama est à ses yeux « la plus grande atteinte à la liberté individuelle en une génération ». Virulent opposant du plan de relance économique de l'administration démocrate, il a cependant accepté plus de 16 milliards de dollars de fonds fédéraux destinés à son État.

Quelques-unes de ses décisions - peu nombreuses - rompent cependant avec sa réputation d'ultraconservateur, par exemple celle de permettre aux enfants de certains immigrants illégaux de poursuivre des études supérieures. Son décret instituant la vaccination des adolescentes contre le VPH, une infection transmise sexuellement qui peut causer le cancer du col de l'utérus, en a également indisposé plusieurs. Cette décision allait selon eux à l'encontre des politiques de l'État sur l'abstinence et aurait dû relever des parents.

Très croyant, Rick Perry trace une frontière pour le moins poreuse entre le politique et le religieux. Le gouverneur a par exemple déjà décrété trois jours de prière afin que le Texas, aux prises avec des problèmes de sécheresse, reçoive des précipitations. Il dit soutenir Israël « en tant que chrétien » et a même trouvé un but dans « cette période de difficultés économiques » : « nous ramener aux principes bibliques ».

En tant que dirigeant élu, j'ai pleinement conscience des limites du gouvernement quand il s'agit de régler des problèmes de nature spirituelle. C'est là qu'entre en scène la prière. Et nous en avons besoin plus que jamais. Alors que l'économie est en difficulté, que des communautés sont en crise et que des gens dérivent dans un océan de relativisme moral, nous avons besoin de l'aide de Dieu.

— Rick Perry, dans une vidéo conviant les Américains à un rassemblement de prière

En 2001, il a opposé son veto à une loi qui aurait interdit l'exécution des personnes ayant un déficit intellectuel. Le Texas détient le record américain du nombre de personnes exécutées : 475 depuis 1976, année de rétablissement de la peine de mort, dont 236 depuis l'accession au pouvoir de Rick Perry. C'est plus que les autres États réunis. L'éventualité d'avoir laissé exécuter un innocent ne l'a « jamais empêché de dormir », a-t-il déclaré lors d'un débat entre candidats républicains.

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