Élections Québec 2012

Charest se présente comme un rassembleur

Un texte de Marc-Antoine Ménard

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Jean Charest mise sur la continuité, explique Josée Thibeault

Après la stabilité, le chef du Parti libéral, Jean Charest, promet l'unité s'il est réélu à la tête du gouvernement du Québec le 4 septembre prochain.

« Je pense que je suis pas mal clair sur où je m'en vais », a-t-il dit lors d'une conférence de presse dans la circonscription de Vanier-Les Rivières, à Québec, durant laquelle il a mis l'accent sur l'économie et l'emploi, que M. Charest présente comme les priorités absolues des libéraux.

Le chef libéral a aussi voulu se démarquer de son adversaire de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui promet des compressions et des changements importants dans l'administration publique pour aider à financer ses engagements électoraux. Jean Charest a déclaré que même si les chefs syndicaux ne l'appuient pas, il a « d'autres choses à faire » que de « se chicaner » avec eux.

« Le lendemain de mon élection, je vais travailler avec tout le monde », a dit M. Charest, rappelant qu'il avait réussi à conclure une entente de cinq ans à l'issue des dernières négociations avec le secteur public, en 2010. « C'est ça être premier ministre du Québec, on ne départage pas, on ne fait pas des catégories », a ajouté le chef libéral.

« Je veux représenter tous les Québécois et je vais représenter tous les Québécois. »

— Jean Charest

M. Charest a vanté certains éléments de l'entente de 2010 avec le secteur public, telles les clauses salariales liées à la croissance économique, et la rapidité avec laquelle elle avait été conclue. Un climat qui tranchait avec celui ayant suivi l'arrivée au pouvoir des libéraux, en 2003, lorsque la « réingénierie de l'État » et les compressions dans la fonction publique avaient entraîné un ressac contre le gouvernement Charest.

À un journaliste qui lui demandait ce qu'il donnerait comme conseil aux « souverainistes conservateurs » au moment du vote, M. Charest a répondu par une boutade à l'endroit de son adversaire du Parti québécois, Pauline Marois, qui a eu deux réponses différentes à cette question dimanche, invitant d'abord les souverainistes conservateurs à voter pour d'autres partis que le sien, avant de revenir sur ses paroles.

« Votez libéral! Je ne me suis pas trompé dans la réponse. Vous pouvez la poser deux fois aussi, on va donner la même chance à tout le monde. Comme ça a été posé deux fois à Mme Marois, posez-moi-la deux fois! » a lancé Jean Charest.

Sans le commenter directement, M. Charest a abordé un sondage Segma-Le Soleil paru lundi sur les intentions de vote dans la région de Québec, qui place les libéraux cinq points derrière la Coalition avenir Québec, avec une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 %. Reprenant son thème de la stabilité, le chef libéral s'est demandé quel changement proposent ses adversaires.

« Il n'y a pas un gouvernement québécois qui en aura fait autant pour la capitale, et de bon coeur. On ne veut pas briser cet élan-là », a déclaré Jean Charest.

« Les autres formations, est-ce qu'elles présentent ces perspectives d'avenir? Non! » a-t-il ajouté, accusant Pauline Marois de vouloir « revenir à des référendums » et François Legault de vouloir « passer la scie à chaîne » dans certains programmes.

M. Charest a reproché au chef de la CAQ de choisir les mauvais moyens pour s'attaquer à des problèmes en éducation ou en santé, comme la pénurie de médecins de famille, que les libéraux évalue à 1000 médecins manquants. « M. Legault, il va partir en guerre contre les commissions scolaires, les médecins. [...] Il veut pénaliser les médecins de famille qui n'existent pas, c'est une nouvelle innovation, je ne sais pas où il va les trouver, même chose avec les pharmaciens, les commissions scolaires. Et puis les agences de santé qui, en passant, ont le rôle de faire quoi? Coordonner les soins à domicile et la santé publique », a lancé le chef libéral.

« Je ne pense pas que c'est là où on veut aller le 4 septembre, ce n'est pas ce risque-là que les Québécois veulent prendre. »

— Jean Charest

Jean Charest a lancé un appel à s'allier autour d'un « projet commun de créer de l'emploi », prenant pour exemple l'amélioration de la situation dans la région de la Capitale-Nationale depuis la crise économique de 2008. Il a qualifié Québec de « modèle pour l'Amérique du Nord » dont son gouvernement s'inspire.

M. Charest a souligné que le Québec a eu une meilleure performance que l'Ontario et la moyenne canadienne en matière de création d'emplois depuis 2008. Les données du taux de chômage lui donnent raison, celui-ci ayant diminué au Québec de décembre 2008 à juillet dernier (7,3 % à 7 %), tandis qu'il augmentait en Ontario (6,6 % à 8,6 %) et dans l'ensemble du Canada (6,3 % à 7,5 %).

La loi 101 appliquée aux entreprises fédérales?

Sur un sujet plus délicat, Jean Charest est prêt à discuter avec Ottawa de l'application de la Charte de la langue française, la loi 101, aux entreprises fédérales installées au Québec. « Je suis prêt à avoir cette discussion-là avec le fédéral », a déclaré le chef libéral lundi.

M. Charest a précisé que cela pourrait faire partie d'une « discussion plus large » sur des gestes à poser pour la langue et la culture québécoise. Le chef libéral a estimé que le bilinguisme est « l'un des grands avantages du Canada » et qu'il donne au pays « plus d'influence dans le monde ».

Il a soutenu qu'une telle application de la loi 101 pourrait se faire sans amender la Constitution. « Le Parlement fédéral a quand même reconnu le Québec comme nation [NDLR : une motion adoptée en 2006 reconnaît que "les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni"]. Donnons un sens au mot », a résumé Jean Charest.

Pour me joindre :
marc-antoine.menard@radio-canada.ca

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