Élections Québec 2012

Parti québécois : 100 jours pour une nouvelle loi 101

Lili Boisvert
Radio-Canada

Info en continu

Le reportage de Josée Thibeault

Pauline Marois promet de réformer la Charte de la langue française dans les 100 premiers jours de son mandat, si le Parti québécois est porté au pouvoir le 4 septembre.

Un gouvernement péquiste ferait adopter une nouvelle loi 101 qui serait « plus forte, plus cohérente, plus ambitieuse », a déclaré la chef du PQ en conférence de presse, à Montréal. Elle en ferait un texte fondamental, « garant de notre identité culturelle ».

La Charte de la langue française raffermie s'appliquerait dorénavant aux entreprises de 11 employés et plus, alors qu'elle ne s'applique actuellement qu'aux entreprises de 50 employés et plus.

En éducation, le Parti québécois s'engage à fermer « définitivement » les écoles passerelles, une situation que Pauline Marois juge « intolérable ». Le PQ veut aussi appliquer la Charte de la langue française aux cégeps, aux écoles de formations professionnelles et aux écoles de formation des adultes.

« « La langue, ce n'est pas juste un code pour communiquer. D'abord et avant tout, c'est une façon de voir le monde, de le définir dans toutes ses nuances, c'est une façon de nous nommer. » » — Pauline Marois

Un gouvernement péquiste donnerait aussi plus de moyens à l'Office québécois de la langue française afin de mettre en application les règles existantes sur l'affichage.

Les Québécois ne souffrent plus des complexes d'hier, selon Pauline Marois. Elle juge cependant que « depuis quelques années, on sent à nouveau un recul, particulièrement dans les commerces, dans les entreprises », tout spécialement à Montréal.

Critique des libéraux en matière de protection de la langue

Pauline Marois estime que les libéraux n'ont jamais fait plus que des déclarations sans effet pour protéger la langue française.

« « On a presque envie de demander à M. Charest et à Mme Saint-Pierre d'arrêter de faire des déclarations, parce que plus ils en parlent, plus le français recule. » » — Pauline Marois

De 2010 à 2012, le taux d'accueil des clients en français dans les commerces à Montréal est passé de 89 % à 74 %, souligne le PQ, citant les chiffres de l'Office québécois de la langue française. Au début du mois de juin, l'Office mettait en lumière ce recul, tout en précisant que le français avait gagné du terrain dans l'affichage commercial.

Pauline Marois expose la pertinence qu'elle accorde aux mesures péquistes en précisant que « jamais nous ne devons oublier que notre situation fait de nous d'éternels minoritaires dans notre environnement géographique immédiat ».

Elle a par ailleurs tenu à rassurer les anglophones du Québec, précisant qu'un gouvernement péquiste respecterait leurs droits « historiques ».