La chef du Parti québécois, Pauline Marois promet qu'elle présidera un groupe d'action gouvernemental pour la Gaspésie si son parti est porté au pouvoir.
Elle a confirmé mardi matin à Percé un engagement qu'elle avait pris en matière de développement économique pour la région.
Il existe des réalités propres à la Gaspésie, comme dans les autres régions du Québec. Il faut y répondre par des solutions concrètes et adaptées, des solutions qui viennent d'ici pour régler les problèmes d'ici. En présidant le groupe d'action, je vais m'assurer que les solutions gaspésiennes soient retenues et mises en oeuvres.
— Pauline Marois, chef du Parti québécois
Avec la création d'un plan de relance, le groupe d'action gouvernemental vise à favoriser les initiatives locales ainsi que la diversification économique. Un fonds régional serait mis sur pied afin d'atteindre ces objectifs.
Le Parti québécois croit par ailleurs que la Banque de développement économique du Québec qu'il a l'intention de mettre en place permettra aux entrepreneurs de la Gaspésie d'obtenir du financement plus facilement. Cet organisme serait doté d'« antennes » dans toutes les régions.
Pauline Marois assure que la Gaspésie aura « un guichet unique pour les entrepreneurs régionaux ». La chef péquiste a indiqué que des « stratégies particulières de développement doivent être implantées » pour les Gaspésiens.
Les Gaspésiens ont encore en tête le gouffre financier de l'usine Gaspésia de Chandler. Pauline Marois croit qu'il faut maintenant tourner la page. « C'est profondément triste ce qui s'est passé, mais j'en rends aussi en partie responsable le gouvernement actuel. Moi, à partir de maintenant, je veux regarder en avant. Je veux regarder l'avenir. On a des projets majeurs, des projets intéressants qui sont sur la planche à dessin au niveau touristique, au niveau des produits marins, de la mariculture. C'est ce à quoi j'ai le goût de travailler », a indiqué la chef du Parti québécois.
Fermée par la compagnie forestière Abitibi-Consolidated en 1999, l'usine de papier journal de Chandler devait être modernisée par un consortium formé principalement de Tembec, ainsi que du Fonds de solidarité de la FTQ et de la Société générale de financement. L'usine aurait produit un papier couché haut de gamme, ce qui aurait procuré du travail à un peu plus de 200 travailleurs.
Le chantier de Papiers Gaspésia, lancé à l'époque du gouvernement péquiste de Bernard Landry, a toutefois été interrompu en janvier 2004, en raison de dépassements de coûts de plus de 265 millions sur un projet estimé initialement à 495 millions de dollars. Le contrôleur chargé de l'administration du chantier estimait de plus qu'il aurait fallu entre 310 et 380 millions de dollars pour relancer le projet.
Une commission d'enquête présidée par le juge à la retraite Robert Lesage a par la suite été créée par le gouvernement libéral au printemps 2004, quelques mois après son arrivée au pouvoir, pour connaître les causes des retards et des dépassements de coûts du projet de modernisation de l'usine. Dans son rapport, la commission avait énuméré quatre causes principales de l'échec du projet: l'absence d'un propriétaire privé vraiment responsable, la précipitation, la mauvaise gestion du chantier et, enfin, les problèmes de main-d'oeuvre, imputés aux syndicats.
L'usine avait finalement été cédée en 2005 à la Société de développement économique et industriel de Chandler, qui devait tenter de trouver un repreneur pour une éventuelle relance, ce qui s'est avéré un échec. Les travaux de démantèlement de l'usine accusent deux ans de retard, et le processus est freiné par de nombreux recours judiciaires. Deux brefs de saisie, entrés en vigueur le mois dernier, paralysent la sortie des équipements de l'ancienne papetière.
Internet haute vitesse pour toutes les régions
Par ailleurs, Pauline Marois a aussi promis qu'à la fin du premier mandat d'un gouvernement péquiste, toutes les régions du Québec auront accès à Internet haute vitesse.
Le Parti québécois poursuit sa tournée en Gaspésie. La chef péquiste était aux Îles-de-la-Madeleine hier, dans une circonscription qui est détenue par les libéraux. Les deux circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure sont aussi détenues par le Parti libéral.