Jean Charest interpelle la majorité silencieuse

Lili Boisvert
Radio-Canada

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Jean Charest demande à la majorité silencieuse de s'exprimer, explique Martine Biron

« Maintenant, c'est au tour de la majorité silencieuse de parler », a déclaré Jean Charest après avoir déclenché les 40es élections générales du Québec.

Le chef libéral s'est promptement attaqué à la question du conflit étudiant dans son premier point de presse de la campagne électorale, mercredi, soulignant que le privilège qu'il avait d'être à la tête du gouvernement depuis 2003 venait aussi avec la responsabilité d'être à l'écoute « de tous les Québécois, de ceux qui parlent fort, autant que des citoyens silencieux qui, eux, sont plus nombreux ».

Il a estimé que les citoyens ne se reconnaissaient pas dans les « actes d'intimidations, de vandalisme, de violence [qui] ont été perpétrés » dans le cadre du mouvement étudiant, affirmant aussi que « seul le Parti libéral défend le droit à l'éducation ».

M. Charest a martelé que les élections du 4 septembre seront « fondamentalement » différentes des autres élections, en ce sens que les Québécois devraient choisir à cette occasion dans « quel type de société nous voulons vivre ».

« « La rue a fait beaucoup de bruit. C'est maintenant au tour des Québécois de parler et de trancher cette question. » » — Jean Charest

Une question incontournable

Le déclenchement de la campagne électorale ne coïncide pas volontairement avec le retour des étudiants dans les universités et les cégeps le 15 août prochain, soutient par ailleurs Jean Charest.

Il affirme cependant que la question étudiante sera incontournable. « Ça me paraît invraisemblable, quand j'entends dire des gens que ce ne sera pas un enjeu pendant la campagne électorale. Il faut vraiment vivre sur une autre planète pour dire une affaire comme ça », se scandalise-t-il.

Il se défend aussi d'avoir attendu la période estivale pour déclencher des élections, ce que lui reprochent les autres partis, qui l'accusent de vouloir ainsi faire oublier son bilan. M. Charest plaide que ces mêmes partis réclament le déclenchement des élections depuis un an.

Pour l'emploi et la démocratie, contre le PQ

Le discours du chef du PLQ était ponctué par la question de l'économie, autre thème auquel les libéraux veulent « consacrer leur énergie », à un moment où « les risques, les écueils et les obstacles sont nombreux ». À ce propos, Jean Charest a présenté son parti comme le seul proposant un projet pour favoriser le développement économique du Québec : le Plan Nord.

Il dit aussi que son gouvernement a « relevé le défi de l'emploi » et que la province fait mieux sur le plan économique que ses voisins, les États-Unis, mieux que l'Europe et le reste du Canada. Il considère d'ailleurs que « bien des chefs d'État » envieraient son bilan.

« Le Québec se porte mieux économiquement sous un gouvernement libéral en temps de crise économique et financière que sous un gouvernement du Parti québécois en période de croissance mondiale. » — Jean Charest

Le premier ministre sortant n'a pas épargné le Parti québécois. Non seulement juge-t-il que le PQ occulte complètement l'enjeu de l'économie, mais il l'accuse aussi déjà de mener une campagne négative.

Le PQ a également tort, croit M. Charest, de s'associer au mouvement étudiant en portant ses symboles et en recrutant comme candidat une personne qui a participé au mouvement de contestation, a-t-il ajouté, parlant de la candidature de l'ex-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

« « Est-ce qu'au Québec, c'est la rue qui gouverne? Est-ce que ça va être le dictat des référendums à répétition? [...] Ou est-ce que ça va être l'emploi, l'économie et la démocratie? » » — Jean Charest

Jean Charest a très peu fait référence dans son discours au parti de François Legault, la CAQ, qu'il qualifie tout de même de « coalition disparate ».