Égypte : retour à l’ordre établi



L’élection du maréchal Abdel Fatah Al-Sissi à la présidence, en mai 2014, scelle une période de turbulence de plus de trois ans qui a secoué le pays le plus populeux du monde arabe. L’ex-homme fort de l’armée égyptienne a été élu par une faible portion de la population, moins d’un an après qu’il eut chassé du pouvoir le président élu Mohamed Morsi, issu des rangs des Frères musulmans.


Ce coup d’État de juillet 2013 a marqué le retour d’une politique de répression visant la confrérie islamiste, qui avait pris le contrôle des institutions politiques du pays dans la foulée de la chute d’Hosni Moubarak, en février 2011. Le court règne des Frères musulmans avait lui aussi suscité la controverse et entraîné des manifestations anti-Morsi, dont l’armée s’est servie pour reprendre le pouvoir.


Le renversement de Mohamed Morsi, traduit depuis devant les tribunaux, a donné lieu à d’autres affrontements sanglants entre ses partisans et les forces de l’ordre. Des membres de la confrérie ont été tués par centaines et emprisonnés par milliers. Les Frères musulmans ont été déclarés « organisation terroriste », et plusieurs de ses membres ont été condamnés à la peine de mort.


Au-delà de ce bras de fer, le président Al-Sissi doit rétablir une économie exsangue. Son administration continue en outre de jouer un rôle de premier plan dans le conflit israélo-palestinien.