Deuxième étape
Les Espagnoles K.-O.; la corrida québécoise
18 avril 2003 – La malchance des unes crée le bonheur des autres. L'équipe espagnole, qui s'était glissée entre deux paires québécoises la veille à la suite de la première étape, l'a appris à ses dépens vendredi. Ce qui aurait pu être une catastrophe s'est finalement transformé en accident spectaculaire.
Après avoir mené le deuxième tronçon de bout en bout, creusant même un écart de 75 minutes à la cinquième de six balises sur l'équipe Sofitel, Clara Moreno de Borbon et Isabel Léon Montero ont vu leur rêve de remporter le Rallye des Gazelles s'envoler en fumée... et en sable.
Les dunes de Merzouga ont servi de décor à la mésaventure aux allures d'une cascade. Passant d'une crête à l'autre des dunes pour traverser des collines sablonneuses, la Mercedes de l'équipe 117 a doucement basculé du côté droit de la dune. Plongeon? Dix mètres. Résultat? La voiture, complètement renversée, s'est enfoncée dans un trou de sable.
La fin du voyage
Incapables de poursuivre, mais heureusement sans égratignures, les Espagnoles ont déclenché la balise de détresse qui, alertant les secours par hélicoptère, venait de mettre un terme à leur aventure dans le Sahara, comme le stipule le règlement officiel.
«Nous sommes arrivées au sommet de la dune très rapidement. J'ai freiné pour me donner le temps de juger si j'allais à gauche ou à droite. Mais le sol, le sable en fait, s'est écroulé sous nos pieds. Et doucement, nous avons plongé dans le vide.»
La deuxième étape du Rallye, qui s'annonçait alors comme une copie de la première, venait de prendre un nouveau sens. D'une part, les Gazelles ont réalisé que la conduite sur sable pouvait réellement tourner à la catastrophe. D'autre part, l'élimination des Espagnoles dans la course a permis à l'équipe Carpedia.com de Francine Plante et Marie-Pierre Juneau de rejoindre Sophie Racette-Villeneuve et Raymonde Legendre en tête du classement général provisoire. Les deux formations sont les seules à avoir contourné les six balises au programme de la journée.
Une autre nuit dans le désert
Or, c'est sans compter l'hécatombe de la veille (22 des 72 équipes ont été incapables de rejoindre le camp de base avant la tombée de la nuit et se sont résignées à dormir sur le parcours) qui s'est une fois de plus répétée. À 23h30 vendredi, quatre des 17 équipages québécois étaient toujours dans le désert en plus de sept autres qui n'ont su rallier le camp à temps.
Ceci représente une bien mauvaise nouvelle pour ces onze équipes qui, samedi matin, devront rejoindre le bivouac avant de quitter pour la première étape marathon du Rallye. Reliant Neijakh à Ihandar, les Gazelles devront parcourir 305 kilomètres d'ici à dimanche midi.
Quant à la Mercedes espagnole, impossible de savoir ce qu'il en adviendra. Il y a quatre ans, un Rav-4 avait vécu le même sort dans cette partie du Sahara. La rumeur veut qu'il y soit toujours...