Première étape
Du nerf et de l'humour
17 avril 2003 – Du nerf et le sens de l'humour. C'est ce que ça prenait jeudi pour passer au travers de la première étape de la 13e édition du Rallye des Gazelles. Bonne nouvelle : les Québécoises en ont, ce qui leur a permis de placer deux équipes sur le podium en ouverture de raid.
L'ombre au tableau, et dans le ciel : au moment d'écrire ces lignes, vers 23 h 30 heure du Maroc, le tiers des équipes qui étaient du départ n'étaient pas rentrées ou avaient décidé de passer la nuit dans le désert, n'ayant pu rallier les cinq balises avant le coucher du soleil.
Disputée sur une boucle de 120 km dans la partie est du désert du Sahara près de Niejakh, l'étape d'ouverture en a mis plein la vue – et la gueule – aux recrues comme aux navigatrices les plus expérimentées. À la suite d'une première, ô combien facile, balise dédiée à accrocher un sourire sur le visage et la confiance dans l'esprit des 144 participantes, la suite du programme a rapidement fait déchanter les Gazelles.
Cent minutes!
À preuve, au deuxième point de contrôle du parcours B (les équipes empruntent l'un des trois parcours – A, B ou C - proposés par l'organisation pour éviter le sillonnage), cent minutes séparaient déjà les cinq premiers équipages à s'y trouver, à la suite d'une vingtaine de kilomètres dans un terrain rocailleux et définitivement hostile à la gazelle. Plusieurs véhicules ont tanqué (échouer dans le sable) alors que le soleil oscillait autour de 43 degrés au plus fort de la journée.
Au passage 3, l'une des soeurs Guérer, deux Montréalaises qui en sont pourtant à leur troisième rallye, s'est effondrée en larmes après avoir douté de ses capacités de navigatrice. Il faut rappeler que le rallye des Gazelles est une course de 6 étapes en 8 huit jours. Contourner cinq balises à la boussole et au compas et à l'aide d'anciennes cartes topographiques en moto, en quad, en 4X4 ou en véhicule sport utilitaire en franchissant le moins de kilomètres possible est le but du jeu.
«C'est très difficile pour une première étape, s'est exclamée Raymonde Legendre qui, avec Sophie Racette-Villeneuve, forme l'équipe Sofitel. Je suis très inquiète et désolée pour les nouvelles (gazelles). Je suis une ancienne et j'ai bûché toute la journée sans avoir une once de plaisir.»
Malgré cela, les cinq fois gazelles occupent le premier rang du classement provisoire devant la seule équipe espagnole du rallye. Les médaillées de bronze de l'an dernier, Marie-Pierre Juneau et Francine Plante, suivent au troisième rang de la catégorie 4x4. Chez les quads, les Popi Karine St-Jean et France Trottier sont troisièmes derrière deux équipes françaises, mais devant les skieuses alpines Mélanie Suchet et Carole Montillet.
Dure, dure la moto
La seule équipe de moto en lice, constituée de deux Françaises, a été forcée à l'abandon. Ludivine Puy, qui est tombée à quelques reprises de son engin, s'est fracturée la colonne cervicale à plusieurs endroits. La soirée sera donc calme au bivouac puisque 24 équipages manquent toujours à l'appel.
Selon le règlement, les participantes ont jusqu'au lendemain midi pour compléter une étape faute de quoi elles sont doublement pénalisées. D'une part en points qu'elles gagnent parce qu'elles n'ont pas complété l'épreuve à temps; d'autre part en temps, puisque le rallye n'attend pas et que le départ de l'étape suivante est quand même donné à 6 heures, gazelles ou pas.
Vendredi, les équipes auront droit à une autre étape en boucle. Le parcours de 138 km passera notamment par des dunes et des plaines de cailloux.
Voir:
Le matin du premier départ
Montréal-Neijakh