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avril 2003 - Si les journalistes vont à la guerre
en Irak, pourquoi pas au Rallye des Gazelles. L'organisation
a permis cette année à une poignée
de scribes de faire de l'imbedding. Sur le modèle
du conflit en Irak qui a permis aux gens de vivre la guerre
en direct en intégrant des reporters parmi quelques
contingents de militaires, le Rallye m'a donné la
chance de vivre l'expérience "de l'intérieur".
De mercredi midi à jeudi soir, j'ai partagé
les aventures de Christine et Katia à bord de leur
4x4 numéro 131. À l'arrière, en fait!
Pendant les 32 heures que nous avons partagées au
cours de l'étape 5, j'ai eu la chance de les voir
travailler sur le terrain, partager leurs repas et leurs
discussions les plus intimes. C'est vrai. Pendant un rallye,
"un petit peu à droite, un petit peu à
gauche" constitue au moins 75% des mots que les Gazelles
échangent. Faut garder le cap, quoi! Maintenir le
cap, c'est une spécialité pour mes Gazelles.
En tant que professeurs, avec le côté méticuleux
qu'on leur connaît, rouler dans la marge serait une
faute grave passible d'une amende importante, du genre "copier
200 fois Je ne dévierai plus jamais du cap".
Mais mes Gazelles avaient quelque chose de spécial.
Pour sortir des dunes vivantes par 45 degrés, pour
désensabler une voiture en deux temps trois mouvements,
pour positionner sa voiture par voie de triangulation quand
l'Algérie menace de nous avaler, rien ne vaut le
sens de l'humour. Christine et Katia l'ont dans le sang.
Pousser LA bonne blague au bon moment, c'est primordial
pour passer au travers des moments difficiles! Elles en
font une spécialité.
En ce qui me concerne, je suis sorti vivant de cette aventure.
Il faut avoir le cur solide pour franchir des dunes
de 15 à 30 mètres assis sur la banquette arrière.
Mais c'était le prix à payer. Ces 36 heures
m'ont paru comme une balade en voiture entre Montréal
et Québec à dos d'un super dromadaire.
Ça roule et ça brasse, pas de doute. Mais
comme les filles disaient dans la voiture: on ne fait pas
d'omelettes sans casser des ufs. J'ai la coquille
dure, ne vous en faites pas!