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Sport et blessures Quand la passion est plus forte que la douleur MONTRÉAL, 26 avril 2001 (Radio-Canada) – Depuis des années, on sait que le sport est bon pour la santé, qu'il aide à prévenir de nombreuses maladies, qu'il rend moins vulnérable au stress, etc. D'ailleurs, on n'a qu'à regarder au tour de soi pour s'apercevoir que bien des gens, qui n'avaient aucune affinité apparente avec des activités sportives, fréquentent désormais un gymnase deux ou trois fois par semaine à raison d'une heure ou deux par séance. Mais pour l'athlète d'élite, il en retourne autrement. La pratique soutenue et intense d'un sport peut amener des blessures qui risquent de les hypothéquer pour le reste de leur vie.La skieuse Mélanie Turgeon souffre de problèmes chroniques au dos, le plongeur Philippe Comtois et le skieur acrobatique Jean-Luc Brassard ont dû se faire reconstruire le genou gauche l'an dernier, tandis que la kayakiste Caroline Brunet prend une année sabbatique pour permettre à sa hanche et à son épaule de récupérer avant d'entreprendre trois années intenses d'entraînement pour tenter de mettre la main sur l'or olympique. Pour le commun des mortels, être aux prises avec des blessures si sérieuses signifieraient l'abandon de l'activité physique ou du moins une sérieuse réorientation quant au choix des sports pratiqués. Mais pour les athlètes de pointe, c'est une motivation supplémentaire. «À cause de ma blessure, ça m'a permis d'apprendre que le plongeon, c'était quelque chose que j'aimais. J'ai décidé d'y aller à fond et faire tout ce qui était en mon pouvoir pour pouvoir retourner sur les planches. J'ai réussi mais ça a été beaucoup de travail», a expliqué Philippe Comtois qui est passé sous le bistouri en mars 2000 pour réparer trois ligaments déchirés au genou gauche. Cependant, même s'il a pu recommencer à plonger après cinq mois de physiothérapie, le médaillé de bronze au tremplin de trois mètres lors des derniers Championnats canadiens, n'en demeure pas moins handicapé à vie. «Mon genou ne plie pas autant que mon autre genou normal. Je ne peux pas me mettre en petit bonhomme, je ne peux pas marcher à genou par terre. Il y a plein de petites choses que je sais que je ne peux plus faire à cause de ça. Au moins je suis capable de vivre, j'ai mes deux jambes, je suis capable de me déplacer, c'est un moindre mal», a déclaré le plongeur de 24 ans qui avoue qu'il aurait plongé quand même s'il avait su qu'il se blesserait sérieusement. «Ce que tu accomplies durant ta carrière, ça annule ça. [...] Sans le plongeon, je n'aurais jamais vécu, ce que j'ai vécu.»Des douleurs qui «écoeurent» Tout comme Philippe Comtois, Mélanie Turgeon aura des séquelles lorsqu'elle mettra un terme à sa carrière. Hantée par de fréquents maux de dos, Turgeon doit avoir recours à des massages après chaque compétition pour détendre son dos. «Quand je vais arrêter, ça risque d'être plus sensible que quelqu'un qui n'a jamais fait de sport dans sa vie», souligne la skieuse de Beauport. Mélanie a souffert, beaucoup souffert. À chaque année, son dos fait des siennes. En 1997-98, la douleur était à son apogée et a forcé la skieuse à remiser ses skis temporairement. Mais malgré tout, pas question de tout lâcher. «Il y a des moments quand ça fait vraiment mal où je deviens pas mal écoeurée. Arrêter, je ne dirais pas que je serais allée jusque-là, mais quand ça fait mal, je vire folle. Tu ne peux pas t'entraîner, tu es complètement vulnérable», lance la spécialiste des épreuves de vitesse. Mais malgré tous ces incontournables inconvénients qui font partie intégrante de la carrière d'un athlète, Mélanie, Philippe, Jean-Luc et tous les autres passionnés de leur discipline ne changeraient pas de vie pour autant. Les nombreux voyages enrichissants au quatre coins du monde et les liens tissés au fil des diverses compétitions en font des privilégiés pour qui la passion de leur sport vaut bien quelques souffrances. À lire aussi : Pousser à l'extrême pour mieux se connaître
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