Aspen
Une Mélanie Turgeon différente
28 novembre 2002 – Aura-t-on droit à une Mélanie Turgeon différente au cours de la saison 2003? À en croire la principale intéressée, il semble bien que oui. À la veille du super-G d'Aspen, au Colorado, la skieuse de Lac-Beauport entrevoit la Coupe du monde d'un nouvel oeil.
«J'ai plus de confiance, dit-elle. L'expérience et la maturité entrent en ligne de compte. Tout ça me calme, et je suis plus en contrôle sur la piste.» Mais ce qui la rassure plus que tout, c'est que ses maux de dos, qui l'ont handicapée au cours de la dernière saison, ne sont plus là pour l'empêcher de bien skier.
«Depuis deux semaines et demie, mon dos va tellement bien. À Piztal, en octobre, j'avais encore des raideurs et des douleurs, mais actuellement tout va bien. Il faut que je fasse attention et que je m'en occupe. Nous sommes sur la bonne voie pour régler le problème.»
Ce nouveau bien-être lui permet d'être beaucoup plus souple dans le haut du corps. «Je peux me tenir au-dessus de mes skis, ce qui me permet de garder une meilleure pression sur le ski extérieur. J'ai ainsi plus de puissance en sortie de virage pour entrer dans le suivant.»
Un nouveau cycle
Pour Turgeon, la Coupe du monde d'Aspen marque le début d'un nouveau cycle de quatre ans qui la mènera aux Jeux olympiques de Turin. Sans doute le dernier cycle, puisqu'elle ne croit pas qu'elle participera aux Jeux olympiques de 2010. Elle sera alors âgée de 34 ans.
Turgeon perçoit un enthousiasme et une harmonie encore jamais vus au sein de l'équipe canadienne de ski alpin. Ce qui diminue d'autant la pression sur elle, même si elle demeure la chef de file du groupe. «En tant que vétéran, je serai sans doute la leader de l'équipe jusqu'à ma retraite!»
Si la dernière année lui a appris à développer une force mentale nouvelle, elle aspire cette saison au «top 5» au combiné du super-G et de la descente. Pour ce faire, elle mise sur la constance lors des entraînements, et non pas sur la chance lors des courses. «À 26 ans, je suis encore dans le bas de la moyenne d'âge, qui oscille entre 27 et 29 ans.»
En ce qui concerne l'épreuve d'Aspen, Turgeon doit se réconcilier avec une piste qui l'avait vue sortir du parcours il y a deux ans. «Je m'étais beaucoup trop stressée et j'avais raté ma course, se rappelle-t-elle. Demain (vendredi), j'y vais sans pression, je veux me faire plaisir, ne pas essayer d'en faire plus, parce que des fois on en fait trop.»
Ça tombe bien pour elle : la neige sur la piste est impeccable, et on annonce du beau temps. De belles conditions pour atteindre son objectif, soit terminer dans les 10 premières.

