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Hockey sur glace - Dossier - Violence au hockey Des arbitres en voie de disparition Jean-Patrick Balleux
MONTRÉAL, 5 décembre 2000 (Radio-Canada) - Les librairies nord-américaines ont récemment accueilli sur leurs tablettes un mode d'emploi destiné aux parents dont les enfants souhaitent envahir les patinoires. Le Kid's Hockey: The Parent's Guide fait le tour de la question: de l'équipement aux règlements en passant par les contraintes de temps et d'argent qu'amène la pratique du hockey, tout y passe. Une section du livre de Gary Abraham et Michael Smith traite même de l'attitude que devraient adopter les parents qui ont tendance à se prendre pour des gérants d'estrades.
Mon collègue Yanick Bouchard en a parlé dans son article de jeudi: le comportement douteux de certains parents dans les gradins sert souvent d'étincelle à l'éclatement de la violence dans les arénas. Coincés entre l'arbre et l'écorce, les arbitres tentent tant bien que mal de composer avec les gestes d'intimidation de plus en plus fréquents sur les patinoires. Conséquence? Au Canada, on estime à environ 10 000 le nombre de jeunes arbitres qui abandonnent le métier après un an de pratique. Dans une perspective plus régionale, à Laval par exemple, on a déjà compté 120 arbitres. Il en reste... 72. Que faire? Un vieux dicton dit qu'on peut guérir d'un coup d'épée, mais guère d'un coup de langue. Le président de Hockey Québec, Guy Blondeau, abonde en ce sens. «Notre société a un petit problème de comportement. La société d'aujourd'hui est très axée sur l'individu. Le jour où papa pense que l'arbitre a été injuste envers fiston, il ne se gêne pas pour lui faire savoir. Mais quand on frappe un arbitre au hockey mineur, il y a quelque chose qui ne marche pas [...] Deux ou trois fois par année, on se retrouve même en cour parce que des arbitres se font molester par des spectateurs», confie M. Blondeau, qui croit que le jour où les arbitres vont être respectés, l'hécatombe qui touche leurs rangs cessera. De nombreux lecteurs-arbitres nous ont écrit depuis une semaine pour décrier leur frustration devant cette montée de la violence. Devenir arbitre, tout comme le rester, sont des volontés en voie de disparition. En raison du roulement important dans la «profession», les officiels d'expérience ne courent plus les rues. Devant les statistiques accablantes, l'Association canadienne de hockey a lancé l'an dernier le programme Respect Mutuel, dont un volet concerne les arbitres, qui n'acceptent pas tous avec le même enthousiasme les huées de la foule et des joueurs. D'autres solutions existent. Selon M. Blondeau, il faudra un jour repenser la conception traditionnelle que l'on a du hockey. Simplifier les règles du jeu en est une. Ajouter un joueur ou un entraîneur par équipe et les obliger, à tour de rôle, à prendre le rôle de l'arbitre le temps d'un match en est une autre. Peu importe la solution qui sera envisagée, le problème de la violence physique et psychologique envers les arbitres est bien réel et il faudra, tôt ou tard, prendre les mesures nécessaires pour le régler. Parce que le jour où ils décideront de ne plus «jouer le jeu», ce sera la mort du hockey. À lire aussi: - Phénomène de société? - Une dope... - Hockey Québec met le doigt sur le bobo - Les parents pointés du doigt - Les politiciens partent en guerre contre la violence - Arbitrer est un sport dangereux
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