![]() |
![]() |
||||||||||||||||||||
Hockey sur glace - Dossier - Violence au hockey Les parents montrés du doigt Yanick Bouchard
MONTRÉAL, 30 novembre 2000 (Radio-Canada) – Lorsque l’on met les pieds dans un centre sportif, on se rend vite compte que les spectateurs (souvent des parents) prennent la partie plus à cœur que les bouts de chou sur la patinoire. Samedi, lors du tournoi interrégional Bien-Venue qui regroupe des joueurs de la catégorie atome et pee-wee, on a vu des parents debout ou encore sur le bout de leur siège. On aurait dit une finale de la coupe Stanley.
«Le problème, il vient de là», explique un des directeurs du tournoi, Jean-Claude Nadeau, en pointant vers les gradins. Cet homme qui est associé au hockey mineur depuis 33 ans a trouvé la solution pour empêcher les parents d’enguirlander les arbitres et les joueurs. «Comme à Plattsburgh, il faudrait que la baie vitrée monte jusqu’au plafond. Les coûts seraient trop élevés.» M. Nadeau en a vu des choses en 33 ans de carrière. L’anecdote qui suit parle d’elle-même. «J’ai déjà vu un père qui donnait 20 dollars à son garçon pour chaque but qu'il réussissait. Si il ne marquait pas, il était en pénitence pour une semaine.» Vince Naccarato et Denis Roy, deux pères de famille, accompagnent leur fiston au hockey. Les deux abondent en ce sens : les parents sont trop exigeants envers leurs enfants. «Moi, je suis là pour l’encourager. Ce qui se passe sur la glace, ce n’est pas de mes affaires. Des fois, je peux lui dire qu’il a fait le touriste. Des fois, je pense que je suis trop dur», admet Denis Roy. M. Naccarato estime que la violence est presque inexistente au niveau atome et pee-wee. «En saison régulière, il n’y a pas beaucoup de parents qui crient mais plus les enjeux sont importants, plus ça devient émotif.» De son côté, Sean Gilbert, entraîneur au niveau midget BB, affirme qu’il y a quatre groupes responsables de ces gestes : les organisations, les joueurs, les entraîneurs et les spectateurs. «Chaque partie doit se responsabiliser.» Il ajoute que ce que les gens voient à la télévision peut influencer l’être humain. Il écorche les médias au passage. «Les médias font leur «job» mais on amplifie souvent la chose.» Gilbert est plus qu’un entraîneur, il est un éducateur de hockey. «Nous sommes psychologue, avocat, policier et pompier quand c’est le temps d’éteindre les feux!» L’arbitre Gary Maslanka, qui a déjà 12 ans d’expérience derrière la cravate, lance également la pierre aux parents qui «écoeurent les jeunes joueurs qui oublient le côté sportif de la chose.» Maslanka aimerait tenter l’expérience de fermer l’aréna le temps d’un match. «On aurait deux équipes sur la patinoire et on n'aurait pas de problèmes.» Quant aux parents, ils veulent le meilleur pour leurs enfants mais ce n’est pas en passant trois périodes debout à crier et à dire quoi faire aux jeunes que les choses vont s’arranger. Au contraire. Il faudrait peut-être tenter l’expérience et mettre une paire de patins aux pieds de ces parents qui croient toujours avoir les bons conseils. Accepteraient-ils la moitié du quart des commentaires provenant des gradins? À lire aussi: - Phénomène de société? - Une dope... - Hockey Québec met le doigt sur le bobo - Les politiciens partent en guerre contre la violence - Des arbitres en voie de disparition - Arbitrer est un sport dangereux
|
||||||||||||||||||||