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Hockey sur glace - Dossier - Violence au hockey
Hockey Québec: le doigt sur le bobo
 
Jean-Patrick Balleux

La violence au hockey MONTRÉAL, 29 novembre 2000 (Radio-Canada) - Dans Les Hockeyeurs assassinés, il est écrit que la violence au hockey vient du manque de talent des joueurs que compensent toutes sortes de gestes réparateurs. Accrocher l'autre, s'accrocher à l'autre ou tout simplement le frapper sont autant de solutions pour le patineur dépassé par les événements. Devant l'escalade de violence qui a frappé nos patinoires, est-ce à dire qu'il y a de moins en moins de bons joueurs au Canada, qui compte sur une grosse équipe de 4,5 millions de joueurs, d'entraîneurs et d'officiels?

«Il y a beaucoup de violence dans le hockey junior, senior et professionnel. Au niveau amateur, il y en a relativement peu parce que 85% du hockey au Québec, se joue sans contact.» Ces propos sont de Guy Blondeau, le président de Hockey Québec, la fédération née en 1976 qui chapeaute le «hockey organisé» dans la Belle province.

Peu importe le nombre d'actes d'intimidation, qui ne sont pas dénombrés d'ailleurs, le «petit peu» qui frappe nos patinoires dérange beaucoup. «Quand l'image du hockey est ternie en page frontispice des journaux et qu'on me demande 20 entrevues en deux jours parce que ça a sauté dans deux ou trois arénas au cours de la fin de semaine, je pense que les gens prennent conscience du problème. C'est ça qui fait que les associations sont poussées à agir», confie M. Blondeau, visiblement heureux de constater que de plus en plus de disciples se joignent à sa traversée du désert.

Que faire?

Les oasis de bonnes initiatives se multiplient. La semaine dernière, une ligue du Bas-Saint-Laurent a décidé, à la suite d'incidents fâcheux, d'enregistrer tous ses matches sur vidéo. Dans le midget AAA, depuis cette année, toutes les équipes de la ligue sont assurées de faire les séries. Les enjeux étant moins grands en saison régulière, les esprits se sont refroidis. Des codes d'éthique sévères, autant pour les joueurs que pour les entraîneurs, sont mis en place. Dans certaines ligues, des parents sont obligés de signer des contrats de bonne conduite, s'engageant à rester calmes dans les gradins.

En fin de compte, de plus en plus de gens travaillent à mettre la violence en échec. «Il y en a beaucoup moins qu'avant. Parce que la société tolère beaucoup moins les gestes agressifs», confie le président, qui est convaicu que les changements viendront de la base, des ligues et des équipes. «Ce qu'on peut décider ici (dans les bureaux de la fédération), ça ne veut pas dire qu'on va être capable de l'appliquer demain matin. Il faut que les gens qui font le hockey (une stucture démocratique formée de bénévoles) à travers les 15 régions du Québec décident que c'est correct. [...] Ça va prendre du temps mais ça va se bousculer un peu à cause des médias.»

Malgré cela, Hockey Québec ne dispose pas d'une enveloppe spéciale consacrée à la violence dans son budget annuel de 2,5 millions. Par contre, plusieurs programmes comme ceux de l'initiation, de la formation des entraîneurs, des arbitres et du personnel traitent du sujet. Au niveau provincial, la fédération incite les ligues à utiliser Franc Jeu, un programme qui fait la promotion du hockey dans le respect des règles et de l'éthique. Environ 20 000 joueurs au Québec, c'est-à-dire 25%, l'appliquent. Le problème est que les équipes de niveau amateur embarquent davantage que les équipes de compétition où les enjeux, plus importants, font se multiplier les écarts de conduite.

Et la baisse du nombre de joueurs au Québec? «La violence est un des facteurs mais pas un des premiers», explique M. Blondeau. Une étude a en effet révélé que la violence venait au 5e rang des raisons incitant les jeunes à délaisser le hockey, derrière la pression et les mauvaises expériences vécues sur la glace, la difficulté de concilier le sport avec les études et l'envie de faire autre chose.

Quant au modèle véhiculé par les professionnels, et qui influence énormément les jeunes, il semble que ce soit un problème qui échappe à Hockey Québec. «On a aucun contrôle là-dessus, même les Américains font du marketing du hockey avec la violence. Il y a loin des valeurs que l'on véhicule», dit M. Blondeau avant de conclure: «Quand l'entraîneur contrôle ses joueurs, il n'y en a pas de problème de violence. Quand il perd ce contrôle ou que les parents sont trop fous dans les estrades, c'est là que ça dégénère vers le banc des joueurs.»

À lire aussi:
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