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Hockey sur glace - Dossier: Violence au hockey Une dope... Yanick Bouchard
MONTRÉAL, 28 novembre 2000 (Radio-Canada) – La Ligue nationale de hockey (LNH) a eu la chance, au cours des dernières années, de «sauver» la face en matière de violence. Elle ne l’a pas fait. Cette année Brad May a utilisé son bâton pour se défendre, Dale Hunter a attaqué Pierre Turgeon au milieu des années ‘90 et rappelez-vous Marty McSorley l’an dernier. Suspendu jusqu’en février 2001 par les autorités du circuit, il pourra, si une équipe veut de lui, revenir au jeu. Incompréhensible.
Ces gestes peuvent expliquer que la violence est toujours bien présente au niveau mineur. «L’augmentation de la violence au niveau professionnel n’a pas aidé à faire diminuer les gestes disgracieux chez nos jeunes hockeyeurs», mentionne l’anthropologue Suzanne Laberge de l’Université de Montréal. «Ces cas sont banalisés. La Ligue nationale de hockey peut faire quelque chose à ce sujet.» On peut toujours rêver Madame Laberge. Tant et aussi longtemps que le marketing des équipes américaines sera axé sur la violence pour vendre le hockey professionnel, on demeurera toujours bien loin de l’objectif. Madame Laberge ne met pas la faute seulement sur le dos des «pros». Elle pointe également du doigt les fédérations de hockey qui ne misent pas assez sur la formation offerte aux entraîneurs. «De plus en plus, on retrouve derrière le banc d’une équipe papa et maman. C’est très inquiétant. Il faudrait miser davantage sur la formation et rémunérer ces personnes. Mais on sait tous que la rémunération coûte cher», laisse-t-elle tomber. Vérification faite, les entraîneurs doivent se soumettre à une formation d’un week-end ou deux ou une semaine, dépendant du niveau dans lequel l’entraîneur évolue. Formation de base, il va sans dire… Toujours selon notre experte, le jeu ne fait plus partie intégrante de la vie des jeunes. «Il y a cette espèce de culture de performance à tout prix qui existe. C’est comme si jouer c’était du temps perdu. Il faudrait peut-être que ce soit plus efficace. Quand un jeune se sent poussé par la foule, il n’est plus lui-même. Lorsqu’il y a impunité le jeune ne veut que se faire justice à lui-même.» Madame Laberge croit que la situation pourrait changer s’il y avait une mobilisation des amateurs de hockey pour dénoncer la violence dans le milieu. Une mobilisation qui, espérons-le, aura pour effet de réveiller les grands bonzes du hockey qui semblent trouver que la situation actuelle les fait bien vivre. À lire aussi: - Phénomène de société? - Hockey Québec met le doigt sur le bobo - Les parents pointés du doigt - Les politiciens partent en guerre contre la violence - Des arbitres en voie de disparition - Arbitrer est un sport dangereux
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