


 |  |  Volleyball de plage Un nouveau départ pour Guylaine Dumont
Pendant les Jeux de la Francophonie, notre reporter Yanick Cyr suivra la volleyeuse Guylaine Dumont. Aujourd'hui : un retour à la compétition.
OTTAWA, 12 juillet 2001 (Radio-Canada) - Une grande blonde arrive au pas de course, un peu bousculée par le temps. La jeune femme de 33 ans qui court ainsi en bermuda et t-shirt est la volleyeuse Guylaine Dumont. Elle rejoint le conteur Frédéric Pellerin au « blind date » de la culture et du sport. Aussitôt arrivée, elle repart. Directement venue de Québec, Guylaine retourne chercher sa mère, demeurée dans la voiture pour garder Gabrielle, sa « petite poule » de huit mois comme elle la surnomme affectueusement.
Le premier contact entre ces deux personnalités est chaleureux et prometteur. La volleyeuse de 1,76 mètre retire même spontanément ses sandales pour accommoder le photographe et faire taire les moqueries sur la taille du conteur. La volleyeuse, armée de son ballon de plage fétiche, et le conteur, étui de guitare à la main, font connaissance. C'est par l'entremise de ce sympathique duo, qui allie les deux volets de compétition, que nous vivrons ces IVes Jeux de la Francophonie. Les faits et gestes, réactions et émotions de Guylaine Dumont et de Frédéric Pellerin constitueront notre passeport pour l'aventure des Jeux.
Guylaine effectue un retour à la compétition en compagnie de sa coéquipière et amie, Cathy Tough. « C'est tout un challenge de revenir après une grossesse et deux ans d'absence », confie-t-elle. La volleyeuse a été victime d'une dépression sportive qui l'a forcée à la retraite il y a deux ans. « J'ai recommencé à jouer, mais j'ai une approche différente. Je m'amuse, maintenant. »
Auparavant intransigeante envers elle et ses performances, elle n'était jamais satisfaite de ses réalisations. « Je me culpabilisais lorsque je manquais un entraînement et je me comparais toujours aux meilleures du monde plutôt que d'apprécier mes huit titres canadiens d'affilée. » Mais si elle a modifié son approche, Guylaine demeure toutefois très compétitive : « Encore aujourd'hui, lorsque j'entre sur un terrain de volleyball, je me transforme. Je redeviens une compétitrice agressive. Mais je me connais mieux et je fais attention lorsque je quitte le terrain. »
Le profond regard vert de la jeune femme témoigne d'une grande maturité. Les épreuves qui ont marqué son existence ont façonné ce regard et influencé son cheminement. La mort d'une de ses soeurs à l'adolescence a notamment perturbé sa jeunesse. « Je me suis tournée vers le sport, j'ai canalisé mon énergie de façon constructive. » Elle termine des études en relation d'aide et aimerait bien servir de modèle aux plus jeunes. « J'ai suivi la carrière d'autres athlètes lorsque j'étais plus jeune. Je serais très heureuse d'inspirer, à mon tour, des plus jeunes qui seraient tentés de suivre mon exemple. » Imiter Guylaine Dumont pour une joueuse de volleyball n'est pas une mince affaire puisque la jeune femme a été nommée meilleure joueuse de volleyball de tous les temps au Canada par le True North Volleyball Magazine. Elle a de plus joué (1990-1998) au sein de circuits professionnels de volleyball et de volleyball de plage en Italie et au Japon.
Sa rencontre avec l'entraîneur national canadien de patinage de vitesse Gregor Jelonek a transformé sa vie. Elle a rencontré l'olympien de Calgary (1988) aux abords de l'anneau de glace de la ville lors d'un entraînement. Ils sont maintenant mariés et parents de la jolie petite Gabrielle, déjà très attirée par le ballon de volleyball.
C'est en janvier dernier qu'elle a décidé de revenir à la compétition. « Ça me chicotait depuis les Jeux olympiques de Sydney. J'ai constaté qu'aucun joueur n'était parfait et que je pouvais encore jouer. » C'est un appel de son ancienne coéquipière, coïncidant avec sa réflexion, qui a scellé la décision. « Elle m'a demandé si je voulais participer aux Jeux de la Francophonie et j'ai accepté. »
Cette décision nous permet de vivre les Jeux de la Francophonie à travers son expérience et celle de Frédéric Pellerin. Ce mariage entre le sport et la culture durera dix jours.
À lire également: Entraînement devant conteur Fred fait pleurer Guylaine


|
|