Sanchez-Vicario ruinée

Arantxa Sanchez-Vicario Arantxa Sanchez-Vicario   © PC/Ivan Sekretarev

L'ancienne joueuse de tennis Arantxa Sanchez-Vicario accuse ses parents, avec qui elle est en brouille, d'avoir gaspillé et mal géré les 45 millions d'euros (60 millions $CA) qu'elle a empochés au cours de sa carrière.

L'Espagnole de 40 ans dit sans retenue ce qu'elle pense de sa famille au grand complet dans une autobiographie « Vamos! Memorias de una lucha, una vida y una mujer » (Allez! Mémoires d'un combat, d'une vie et d'une femme), publiée mardi. Elle affirme qu'elle ne parle plus à ses parents, ni à ses frères et soeurs.

Elle avance que ses parents étaient obsédés par ses succès et ont même tenté d'intervenir dans sa vie amoureuse.

La mère de Sanchez-Vicario a répliqué dans une lettre ouverte adressée aux médias espagnols. Elle a indiqué que son mari Emilio et elle étaient accablés par les accusations de leur fille, selon lesquelles ils ont géré de manière désastreuse ses revenus provenant de tournois et de commandites.

Dans le livre, Sanchez-Vicario affirme que ses parents, son père en particulier, ont cherché à contrôler de façon très serrée qui pouvait diriger ses entraînements et les autres aspects de sa carrière, y compris ses gains.

Elle recevait un paiement mensuel de son père et elle lui a fait confiance qu'il investirait le reste.

« Je n'ai jamais douté que mon père gérât mes actifs autrement que de la façon la plus efficace et la plus bénéfique », a-t-elle écrit.

Moins riche que son frère

Sanchez-Vicario, devenue récemment capitaine de la sélection espagnole féminine de Fed Cup, a pris sa retraite en 2002. Après s'être « libérée de l'influence de ses parents, la surprise est venue. Puis, la déception. La surprise de me retrouver sans ressources à la suite d'une carrière remplie de succès, et donc de bourses ».

« Ils ne m'ont rien laissé et j'ai des dettes à l'endroit des autorités fiscales, a-t-elle ajouté. Comment se peut-il que tout ce que j'ai accompli ait disparu, que ça n'existe plus?

« Je suis endettée auprès du ministère des Finances et mes biens sont nettement inférieurs à ceux de mon frère Javier, qui a pourtant gagné beaucoup moins (de tournois) que moi tout au long de sa carrière. Dois-je accepter cet abus et me taire? Je ne vais pas le faire. »

Arantxa Sanchez-Vicario Arantxa Sanchez-Vicario avec son trophée à Roland-Garros en 1998   © PC/Lionel Cironneau

L'Espagnole, qui a remporté quatre grands chelems, dont trois aux Internationaux de France, calcule dans son livre que ses victoires devraient lui avoir rapporté quelque 12 millions d'euros (15,9 millions $CA). À ce montant, il faudrait ajouter 45 millions d'euros (59,5 millions $CA) en contrats de commandites.

Sanchez-Vicario a par ailleurs été condamnée, selon la presse espagnole, à une amende de 3,5 millions d'euros (4,6 millions $CA), pour s'être domiciliée en Andorre alors qu'elle vivait en Espagne.

« Cette condamnation a été très dure pour moi. Mais une fois de plus, il s'agissait de décisions prises par les personnes qui géraient ma carrière et pour lesquelles elles ne me consultaient pas », poursuit l'ex-joueuse dans son livre.

Sa mère nie tout

Mardi, sa mère a réagi dans un communiqué, avant la sortie du livre. De longs passages ont été publiés dans le journal El Mundo au cours de la fin de semaine.

Marisa Vicario Rubio a déclaré qu'elle ne commenterait les aspects précis du livre qu'après l'avoir lu et avoir consulté ses avocats.

« Nous n'avons jamais exploité Arantxa et d'aucune façon n'est-elle sans le sou, a-t-elle insisté. Nous lirons son livre avec attention. Puis, ce sera le moment pour moi et pour nos avocats de répondre amplement aux fausses accusations formulées à notre endroit. Et il apparaîtra clairement que nous n'avons pas profité d'Arantxa et qu'elle n'est évidemment pas ruinée. »

Elle a indiqué que son mari Emilio, 75 ans, avait un coeur faible, avait reçu un diagnostic de cancer des intestins il y a deux ans et avait la maladie d'Alzheimer. Elle a toutefois affirmé que les accusations de sa fille étaient plus difficiles à accepter que ces maladies.

Sanchez-Vicario a également remporté les Internationaux des États-Unis une fois et atteint la finale à Wimbledon ainsi qu'aux Internationaux d'Australie. Elle a ajouté 10 autres titres en double et en double mixte dans les tournois majeurs. Elle a aussi aidé l'Espagne à remporter la Fed Cup à cinq reprises. Elle est devenue en 2007 la première femme espagnole à être élue au Panthéon du tennis international.

(D'après l'Associated Press)