« On m'appelle le gladiateur » - Alonso

Fernando Alonso à Austin Fernando Alonso  Photo :  PC/AP Photo/Luca Bruno

Fernando Alonso comprend la réaction des gens au terme de cette saison 2012 et de la victoire de Sebastian Vettel, remise en question par Ferrari le temps de quelques heures.

Alonso admet qu'il ne doit pas être très populaire en Allemagne, après que Ferrari eut demandé des explications sur le comportement en piste de Vettel lors du Grand Prix du Brésil.

« Ça ne m'intéresse pas de savoir ce que les gens pensent de moi en Allemagne ou ailleurs, a expliqué Alonso à Sky Sports. Ce que je sais, c'est que les gens que je croise dans la rue me disent que je me suis battu comme un gladiateur ou comme un samouraï.

« Ce qui me tient à coeur, c'est l'accueil des 1200 personnes qui travaillent chez Ferrari, qui m'ont chaleureusement applaudi. Ça a été une saison spectaculaire, qui sera difficile à oublier, avec des moments forts comme la victoire en Malaisie ou celle à Valence. »

C'est pour tous les tifosi qui ont douté du résultat du Grand Prix du Brésil (en revoyant les images sur Internet du dépassement de Vettel) qu'Alonso a appuyé la démarche de Ferrari auprès de la FIA.

« Les amateurs nous demandaient des explications, et c'est pour cela que nous avons écrit à la FIA, a précisé Alonso. Je ne me suis pas attardé aux réactions négatives à notre démarche, j'étais en vacances, mais je crois que les gens méritaient une réponse. »

Fernando Alonso dit avoir beaucoup mûri depuis son arrivée avec Ferrari.

« Je sens plus de respect à mon endroit, a-t-il noté. Pour faire partie des plus grands pilotes, gagner ne suffit pas. Il faut se battre à chaque fois comme nous nous sommes battus cette saison. »

« Et j'espère l'an prochain marquer trois ou quatre points de plus », a conclu à la blague le pilote Ferrari.

Celui qui ne riait pas à la fin de la saison, c'est le président de Ferrari. Il n'a pas aimé du tout que Bernie Ecclestone tourne en dérision la démarche de Ferrari auprès de la FIA.

Bernie Ecclestone l'a traitée de « véritable farce ».

Toutes griffes dehors

Luca di Montezemolo a réagi au quart de tour avec une réplique cinglante à l'endroit du Britannique.

lucadimontezemolo Luca di Montezemolo  Photo :  AFP/Andreas Solaro

« Mon père m'a toujours dit d'avoir du respect pour nos aînés, surtout quand ils atteignent ce point où ils ne peuvent plus contrôler ce qu'ils disent. Donc, je n'en dirais pas plus, mais il est clair que l'âge avancé n'est pas compatible avec certains rôles ou certaines responsabilités. »

Le président de Ferrari invite plutôt M. Ecclestone à se pencher sur ce que devient la F1, privée d'essais entre les courses, et qui ne peut plus jouer son rôle de moteur pour le développement technique et technologique dans l'automobile.

« Nous sommes des constructeurs, pas des commanditaires, lance Luca di Montezemolo. Comment être heureux quand on ne peut pas rouler? La véritable farce, elle est là, affirme-t-il.

« Notre patience a des limites, et quelqu'un devra s'assurer que la F1 continuera d'attirer les entreprises qui choisissent d'investir dans un sport qui aide la recherche et le développement automobile, ce que nous avons toujours fait chez Ferrari. »

Question de mémoire

C'est sur les ondes de la radio britannique BBC que Bernie Ecclestone a répondu à son ami italien, qui souffrirait de trous de mémoire.

« Je suis certain que dans son cas, ça n'a rien à voir avec l'âge, a expliqué M. Ecclestone à la BBC. Il a toujours été pareil. Au moins, il est constant, mais que se passera-t-il quand il aura 82 ans? »

Quant aux règlements qui interdisent les essais privés, « ils sont les mêmes pour tous, et chacun tente de les interpréter du mieux possible », a conclu M. Ecclestone.