« Alonso a été très, très fort » - Spengler

spenglerdiscute Bruno Spengler  Photo :  BMW

Le nouveau champion DTM Bruno Spengler a regardé avec intérêt la dernière manche du Championnat du monde de F1 entre deux activités promotionnelles.

Un texte de Philippe Crépeau

Le pilote canadien n'a pas vu le temps passer depuis qu'il a gagné le titre de la série DTM le 21 octobre.

« Je n'ai pas été quatre jours chez moi », a-t-il admis lorsque joint par Radio-Canada Sports jeudi.

Mais il s'est quand même arrêté pour regarder la conclusion de la saison de F1. Peut-être libéré de ses liens avec Mercedes-Benz, qui a une équipe usine en F1 et des équipes clientes, Spengler avoue qu'il avait choisi son camp avant le début du Grand Prix du Brésil.

« J'avais une petite préférence pour Alonso avant la course. Je n'ai pas de raison particulière, a-t-il précisé. J'aime bien les deux, mais Vettel a été deux fois de suite champion et je trouvais que cette fois, Alonso méritait d'être champion. »

Une chose est certaine, ils ont travaillé fort dans cette dernière épreuve, disputée sous une pluie qui a obligé les pilotes à jouer les funambules.

« Les conditions météo étaient vraiment très compliquées, donc c'était un casse-tête pour les équipes de changer de pneus au bon moment, de laisser tourner les pilotes en pneus slicks (lisses) le plus longtemps possible, en fait, au début, analyse Spengler. (NDLR : Nico Hülkenberg (Force India) a pu remonter au classement en restant en piste en pneus lisses jusqu'au 23e tour.)

« C'était vraiment très, très dur pour les équipes, extrêmement difficile à gérer. Sur le muret des puits, je pense qu'ils se sont rongé les ongles plus d'une fois. Ces conditions-là ne sont pas évidentes non plus pour les pilotes. Quand il pleut et qu'on est en slicks, on ne sait pas trop à quoi s'attendre, rappelle le pilote canadien. Une faute est vite arrivée. Ça fait qu'il s'est passé beaucoup de choses pendant cette course. »

Bruno Spengler a cru un instant, comme tout le monde, que Fernando Alonso pourrait réaliser l'impossible quand, au premier tour, Sebastian Vettel a touché Bruno Senna, mais il s'est vite ravisé.

Sebastian Vettel et Fernando Alonso Sebastian Vettel et Fernando Alonso  Photo :  AFP/PHILIPPE LOPEZ

« Même après le tête-à-queue de Vettel, j'ai toujours pensé que tout était encore possible, justement parce que les conditions étaient très changeantes. La remontée de Vettel a été impressionnante, comme d‘habitude, Alonso a fait une course extraordinaire, sans avoir la meilleure voiture. Il est très, très fort. »

« Et puis aussi, ce qui m'a impressionné, c'est l'excellent travail d'équipe de Felipe Massa, qui était aussi très rapide durant la course, a fait remarquer Spengler. Il a tout fait pour que son coéquipier marque le plus de points possible pour donner le titre (pilotes) à Ferrari. Il a vraiment tout fait pour ça, et j'ai trouvé ça très beau, très sportif de sa part. »

Felipe Massa a sans doute fait la plus belle manoeuvre de la course, en coinçant la Red Bull de Mark Webber à droite de la piste dans la ligne droite, au deuxième tour, pour qu'Alonso puisse les dépasser tous les deux et remonter de la 5e à la 3e position­.

Vettel et Alonso, question de mérite

Avec sa 6e position au Brésil, Sebastian Vettel a obtenu son troisième titre mondial d'affilée. Admiratif?

« Bien sûr, Vettel méritait de gagner le Championnat du monde. Il a fait une saison extraordinaire, il a été très fort. Il avait une très bonne voiture, une très bonne équipe. Aucune question à se poser. Celui qui gagne, c'est celui qui a marqué le plus de points sur la saison, celui qui a fait la meilleure saison. Et cette saison, ça a été Vettel. »

Malgré le troisième titre de Sebastian Vettel, c'est Fernando Alonso qui a été élu pilote de l'année en F1 par la presse spécialisée. Bruno Spengler est d'accord.

« Vettel avait certes une voiture plus performante que celle d'Alonso, donc ça a été dur pour Alonso, explique le champion DTM. Mais il n'a pas à être déçu, il a fait une saison extraordinaire. Course après course, il a quand même réussi à sortir la quintessence de cette voiture, a noté Spengler. Il est passé très proche du titre.

« Bien sûr qu'il l'aurait mérité ce titre, conclut Bruno Spengler. Vettel a été deux fois de suite champion, Alonso l'aurait mérité cette année, mais ça a été Vettel. Les deux ont fait des saisons spectaculaires. »