Danica parle de sa carrière... et de Jacques

danicamontreal Danica Patrick  Photo :  nascar.com

Danica Patrick participe à Montréal à sa 50e course en NASCAR, et elle s'est offert une 4e position en qualification, sa meilleure à ce jour. L'occasion de faire le point avec la pilote américaine.

Un texte de Philippe Crépeau

Patrick connaît bien le Québec, car elle y a tourné en karting et en formule Atlantique. Elle connaît le circuit Gilles-Villeneuve, et c'est un atout face à ses adversaires du circuit NASCAR.

« Ça aide de connaître le circuit, confie-t-elle aux journalistes lors d'un point de presse vendredi. Car c'est le plus dur des circuits routiers sur lesquels nous roulons. »

(NDLR : Les pilotes Nationwide tournent aussi à Elkhart Lake (Wisconsin) et à Watkins Glen (New York).)

Patrick se concentre en 2012 à la série NASCAR à plein temps. Elle apprend les exigences du pilotage de ces voitures stock-car.

« Je progresse en essais, affirme-t-elle. Du top 20, je suis passée dans le top 10, et parfois le top 5, comme aujourd'hui. Ça me dit que j'arrive à tirer de la vitesse de la voiture. Je progresse en qualif et en course, mais je fais encore des erreurs. »

Après une tranche de vie en IndyCar, récompensée par une victoire, elle a décidé de passer en stock-car, bien soutenu par un commanditaire fidèle.

« Le plan, c'est la Nationwide en 2012 et la Sprint en 2013, explique-t-elle. Donc, je ne me pose pas de question, et je suis le plan. Je n'ai pas d'obligation de résultat cette saison, je dois juste prendre de l'expérience avant de passer à la Cup. »

danicanationwide Danica Patrick à Montréal  Photo :  AFP/Jason Smith

Les résultats prennent du temps à venir. Patrick a obtenu un seul top 10 en 2012, en 21 courses.

Danica le savait

Elle a connu des erreurs et beaucoup de malchance, notamment à Elkhart Lake le 23 juin. Au dernier tour, elle a été sortie par Jacques Villeneuve au moment où elle roulait en 4e position.

Cet incident de course est devenu une controverse quand Villeneuve a refusé d'accepter le blâme de façon cavalière.

À Montréal, l'Américaine attendait la question... qui est venue d'un confrère américain.

« Je m'attendais à ce qu'un journaliste canadien me pose la question, a-t-elle lancé en riant. C'était décevant, admet-elle, mais pas surprenant. Quand on m'a donné mes notes sur les choses à surveiller pour Elkhart Lake, il était écrit : "Turn 5, first gear, Villeneuve" et c'est exactement ce qui s'est passé. »

Danica Patrick a terminé la course au 12e rang, alors qu'une 4e position était à sa portée. Comme quoi le résultat n'est pas tout, il y a la manière et les circonstances.

« C'est frustrant quand ce genre de choses arrive, explique-t-elle. Ça tape sur le moral, mais il faut toujours croire que la prochaine course sera meilleure. Sinon, on tombe dans un cercle vicieux. Heureusement, Montréal est le circuit routier que j'aime le plus. »

Et elle l'a prouvé vendredi en faisant le 4e chrono de la séance de qualification, juste derrière... Villeneuve.

Danica Patrick et Alexandre Tagliani Danica Patrick félicite Alexandre Tagliani après sa pole position à Montréal.  Photo :  PC/Ryan Remiorz

Dès la séance terminée, elle a félicité chaleureusement Alexandre Tagliani, pour qui elle a beaucoup de respect.

« Je suis allée souper avec Alexandre et sa femme mercredi soir, et on s'est rappelé la course de Montréal de l'an dernier. Il courait pour Roger Penske. Et tout ce qu'il voulait, c'était de ramener l'auto sans une égratignure, et c'est ce qu'il a fait! Je lui ai dit qu'en NASCAR, c'est normal de froisser de la tôle. Sur certains circuits, si vous ramenez l'auto intacte, c'est que vous êtes très chanceux.

« On s'entend bien, car c'est un pilote qui travaille fort et qui n'hésite pas à t'aider, explique-t-elle. Il m'avait déjà donné des trucs pour aller plus vite à Indianapolis, il n'avait pas à le faire, mais il l'a fait. »

Patrick était visiblement contente pour Tagliani après la séance parce qu'elle connaît tout le travail qu'il y a derrière une bonne performance.

La NASCAR et c'est tout

Sa carrière en sport automobile se conjugue maintenant en NASCAR, et se terminera en NASCAR. Fini le temps des changements. Plus d'IndyCar et encore moins de F1.

« C'est un nouveau chapitre que j'ai commencé et je n'ai pas le temps dans ma vie pour envisager un autre changement. Je prendrai ma retraite au bout de ce chapitre. Alors, il n'est plus question de F1, même pour un essai.

« Il y a eu une possibilité sérieuse, tout le reste, c'était des paroles en l'air. Aujourd'hui, ça ne m'intéresse plus. Surtout pas un essai, car ça tournerait en évènement médiatique. Et si ça ne marchait pas, il faudrait que je me défende face aux jugements faciles. Alors, non merci. »

« La NASCAR, c'est déjà un grand changement dans ma vie. Ça me suffit », a-t-elle conclu.