Patrick Carpentier
Photo : PC/Jacques Boissinot
Patrick Carpentier est au circuit du New Hampshire pour parler de la course NASCAR de Montréal. C'est le premier geste concret qui découle de l'appui des gouvernements, annoncé mercredi.
Un texte de Philippe Crépeau
Carpentier a participé vendredi à une conférence de presse avec Kyle Busch. Et il a passé du temps dans un kiosque consacré à la course montréalaise dans le paddock de Loudon.
Le promoteur François Dumontier a réussi à convaincre les gouvernements que le succès de la course montréalaise et les retombées qui en découlent passent par un plus grand rayonnement de l'évènement.
Joint par Radio-Canada Sports, vendredi, il explique qu'en succédant à l'entreprise américaine ISC comme promoteur, en octobre 2011, il a pu « vendre » plus facilement ses arguments aux gouvernements.
« On a peut-être été plus ouvert au niveau de nos livres, de nos chiffres, admet M. Dumontier d'entrée. C'est la seule façon que je peux l'expliquer, car l'évènement est le même. Le dossier qu'on a présenté en janvier était beaucoup plus complet. »
François Dumontier, promoteur
Photo : Société Radio-Canada
Dans le document de présentation que Francois Dumontier a fourni aux gouvernements, l'objectif numéro un était clair : augmenter l'achalandage des visiteurs étrangers, hors Montréal, hors Québec, hors Canada.
« Ce qu'on demandait, ça variait entre 800 000 et un million de dollars, donc je suis satisfait du montant, précise-t-il. Cet argent ne va servir qu'à faire la promotion et la publicité de notre course à l'extérieur du Québec et du Canada. Une partie va être investie en Ontario et une partie du côté américain, car le but est d'augmenter l'achalandage en provenance de l'extérieur.
« On avait déjà des budgets, on le faisait déjà, mais on n'avait pas la capacité de donner un grand coup. Donc, cet argent va nous aider à faire ça. Il ne sera pas utilisé pour des infrastructures et pour combler le déficit ou un déficit potentiel. Je prends cet argent-là et je l'investis à l'extérieur de Montréal et du Québec. Ça a fait partie des arguments qui ont penché en notre faveur. »
D'où la présence de Patrick Carpentier à Loudon. François Dumontier doit miser sur la place enviable de la course montréalaise dans le calendrier Nationwide.
La course NASCAR de Montréal
Photo : PC/Ryan Remiorz
« Sur 36 courses Nationwide, seules 3 ou 4 sont sur le grand réseau ESPN, rappelle-t-il. Les autres courses de Nationwide sont diffusées sur ESPN2. Nous, on a la chance d'être sur le réseau principal. Depuis 2008, quand on a été la première course NASCAR à rouler sous la pluie, on a gardé des cotes d'écoute très intéressantes, et ça a été un argument important au niveau de la visibilité de la ville et de la province. Et dans mes arguments, ce rayonnement-là est important. »
Sa relation avec la série NASCAR est excellente, ce qui lui permet de travailler à son rêve de faire venir la série Sprint à Montréal. L'aide des gouvernements lui donne la possibilité de bonifier son cahier de candidature pour avoir une épreuve Sprint.
« On a en tant que promoteur une très bonne relation avec NASCAR. Il ne faut pas oublier que ce qui donne du prestige à notre épreuve, c'est qu'elle se court sur un circuit de F1, organisée par le même promoteur qui organise la F1. Brian France (NDLR : président de la série NASCAR) était mon invité le jour de la F1. Il a passé la journée ici. Ça a été une occasion de parler de ça, et on a marqué des points ce jour-là. »
Des points en plus pour Montréal, alors que certains circuits aux Étars-Unis en perdent.
« Je sais qu'il y a plusieurs pistes aux États-Unis, qui n'appartiennent pas à ISC, opérées de façon privée, qui ont deux courses de la série Sprint, souvent une au printemps, à l'automne, et dans certains cas, dans les deux courses, ils ne font pas leur frais. Il y a peut-être des pistes qui seraient prêtes à laisser aller une de leurs courses Sprint, et Montréal pourrait en bénéficier. »
Pouvoir bâtir à long terme
Même si le gouvernement fédéral n'a offert son aide que pour un an, François Dumontier sait qu'il a les coudées plus franches pour quelques années.
« Lorsqu'ils (gouvernement fédéral) signent des ententes pour la première fois, ils ne signent que pour un an, mais les discussions qu'on a sont pour plus d'un an. Déjà, trois ans avec Québec, c'est une bonne base, note-t-il.
« Si on pouvait avoir les mêmes partenaires et sensiblement les mêmes montants d'argent pour trois ans, ça va nous sécuriser. On va pouvoir savoir qu'on peut investir de l'argent dans des marchés où on va aller chercher de la clientèle. »
François Dumontier rappelle en terminant que la compétition est forte entre les circuits de courses de stock-car sur la côte est américaine. Et il doit trouver les arguments qui vont décider le spectateur américain à traverser la frontière.
« C'est pour cela que je ne vends pas seulement le circuit Gilles-Villeneuve, mais aussi la ville, conclut-il. Car c'est peut-être plus agréable de venir passer le week-end à Montréal que d'aller assister à une course sur un circuit un peu éloigné. »
Jacques Villeneuve en pole à Montréal
Photo : PC/Tyler Remiorz