François Dumontier
Photo : Société Radio-Canada
François Dumontier confirme une baisse importante de la vente des billets pour le Grand Prix du Canada, qu'il attribue au conflit étudiant.
Un texte de Philippe Crépeau
En entrevue à Radio-Canada Sports, mercredi, le promoteur de l'événement a fait le point sur les répercussions du conflit qui perdure.
« C'est une source d'inquiétude pour nous en tant qu'organisation. On a été visé directement, explique-t-il. Il y a des associations étudiantes qui ont voté une motion pour faire dérailler le Grand Prix. Et plus récemment Anonymus, qui menaçait nos sites web.
« Cette inquiétude est modérée pour ce qui est de l'opération comme telle du GP. On est un événement international et par le fait même, on a déjà des plans de sécurité à la hauteur d'un événement international. »
Si le risque pour le déroulement du Grand Prix est plus modéré, dit le promoteur montréalais, c'est au sur le plan économique que l'impact du conflit étudiant est majeur.
« Ça a aussi un impact économique, et on ne l'avait pas prévu. En tant qu'entrepreneur, on le ressent directement. Et on fait une corrélation directe avec le conflit. Depuis quelques semaines, la vente de billets est très basse, ça n'a rien à voir avec ce qu'on voit d'habitude au bureau du Grand Prix.
« Il n'y a aucune autre raison pourquoi la baisse de billets serait aussi significative. On a un début de saison enlevant depuis les six premières courses. Mais le conflit perdure et il y a une corrélation. Tout d'abord, les gens intra-Québec voient les images et nous le disent. On a parlé à des clients qui avaient peur d'aller au centre-ville. Plus récemment, ce sont des gens de l'extérieur du Québec qui ont lu ça dans les médias internationaux. »
Cela dit, les discussions se poursuivent à Québec pour tenter de régler le conflit et il reste une semaine avant le début du week-end du Grand Prix. L'espoir est-il permis?
« On en vend encore des billets, rassure François Dumontier, mais en une semaine, on ne pourra pas rattraper les pertes qu'on a eues dans le dernier mois. Sans parler de pourcentage, le pourcentage global, on le dira après le Grand Prix, mais on parle de milliers de billets. »
Bernie Ecclestone, responsable de la commercialisation de la F1 et Raymond Bachand, ministre des Finances du gouvernement du Québec
Cette baisse des ventes de billets risque-t-elle de remettre en question l'entente contractuelle avec Bernie Ecclestone ou avec les gouvernements?
« Ça n'a rien à voir avec Bernie Ecclestone. Ça fait partie du risque que prend l'entrepreneur. Les revenus de la billetterie viennent chez nous, précise-t-il, mais dans l'entente entre Bernie Ecclestone et les gouvernements, il y a 30 % de la billetterie qui retourne en ristourne au gouvernement et l'autre 70 % vient chez nous. C'est un de nos revenus pour organiser et opérer le Grand Prix.
« Il faut donc comprendre que ce 30 % va être moins élevé, car c'est 30 % de la vente totale de billets », a conclu le promoteur montréalais, ayant clairement en tête de prévenir le gouvernement qu'il n'y aura pas de miracle.
Le Grand Prix du Canada sera moins rentable que les précédents. François Dumontier fera au lendemain de la course, le 11 juin, le bilan du week-end, et dévoilera le détail des pertes aux guichets.