Gilles Villeneuve, 30 ans déjà

L'héritage de Gilles Villeneuve

Le reportage de Diane Sauvé

Il y a 30 ans en ce mardi, le pilote Gilles Villeneuve perdait tragiquement la vie en piste à Zolder... le 8 mai 1982. Trente ans plus tard, que reste-t-il de la légende?

Les images du 8 mai 1982 sont restées bien ancrées dans la mémoire collective et encore plus pour Normand Legault, ancien président et chef de la direction du Grand Prix du Canada de formule un. Il a vécu la tragédie de près. Il s'est rendu à Berthier réconforter les parents de Gilles Villeneuve, mais sa contribution va encore plus loin.

« Je me retrouve le samedi après-midi avec Danielle Parent, la femme de Gaston (son agent), à aller dans un salon funéraire de Berthier faire les arrangements pour les funérailles de Gilles », de dire Legault.

Et c'est là, aux funérailles de Gilles Villeneuve, qu'on a réalisé l'ampleur du personnage.

« Quand il y a eu les funérailles et qu'on a vu cette église à Berthier remplie de Brésiliens, d'Italiens, les Québécois ont réalisé à quel point Gilles Villeneuve c'était une vedette mondiale, ajoute Legault. Vous savez à l'époque, les deux Canadiens les plus connus étaient Pierre Elliott Trudeau et Gilles Villeneuve. Trudeau était premier ministre du Canada. Mais ici au Québec, la vedette c'était Guy Lafleur. On n'était pas conscient de l'importance qu'avait Gilles Villeneuve aux yeux du monde.

« Gilles a eu un impact à peu près comme la Série du siècle en 72. Comme les joueurs, il a fait connaître le Canada aux Européens... beaucoup. Juste le fait d'avoir ce petit drapeau canadien sur le côté de sa voiture. Il a fait connaître notre langage, le parler québécois. Il a été d'un immense rayonnement. »

Une inspiration pour les jeunes pilotes

Gilles Villeneuve Gilles Villeneuve  Photo :  AFP/Daniel Janin

Jean-Francois Veilleux n'avait que 9 ans lorsque Villeneuve est mort. Mais c'est à ce moment que l'étincelle est née. Il est de ceux qui ont suivi ses traces comme pilote, notamment grâce au programme de développement Player's en formule Atlantique, tout comme Patrick Carpentier et Alex Tagliani. Pour lui, Gilles Villeneuve a grandement contribué à la pérennité du Grand Prix du Canada. Une rampe de lancement pour plusieurs conducteurs.

« Tout ça a été dans le fond ce qui a tiré le sport automobile ici au Canada, qui a permis à plusieurs pilotes d'avoir un certain niveau de carrière. On a encore du sport automobile au Canada, ce qui est pas sûr si Gilles Villeneuve n'avait pas eu de succès », estime Veilleux.

À peine six victoires, Gilles Villeneuve, mais que de panache! Le « p'tit gars de Berthier » arrivé au sommet a fait connaître la F1 aux Canadiens.

« Ce n'était pas que des courses de chars, lance Normand Legault. Il a fait découvrir toute la sophistication de la série et son jet set. Trente ans plus tard, le succès du Grand Prix est toujours aussi retentissant.

« LA F1 a sa place ici parce que les amateurs y sont. Il y a plus de monde ici le vendredi qu'il y en a dans beaucoup de Grand Prix le dimanche. Il y a plus de monde ici le vendredi qu'il y en a dans beaucoup de Grand Prix sur 3 jours. Et les amateurs ici sont non seulement des passionnés de F1, ils sont des connaisseurs de F1. Ici, il y a un public extraordinaire, exceptionnel, dont beaucoup ont découvert la F1 grâce à Gilles. Il est là l'héritage de Gilles, dans cette passion, cette histoire d'amour entre la F1 et Montréal.

« Il y a un côté James Dean un peu à ça. Un gars qu'on admirait, qu'on aimait, qu'on idolâtrait et qui décède tragiquement sous les yeux de millions de téléspectateurs... Et que quelque part, on se dit toujours, ce gars-là était promis à un avenir extraordinaire. »

Trente après son décès, la légende est toujours bien vivante.

(D'après un reportage de Diane Sauvé)