Alexandre Tagliani dans la Lotus à Homestead
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Lotus
Après ses deux premiers jours d'essais à Homestead, lundi et mardi, Alexandre Tagliani comprend que le travail de développement de la DW12 sera long.
Un texte de Philippe Crépeau
« On est très loin d'avoir égratigné la surface de ce qu'on peut faire sur ce châssis », a dit Tagliani à Radio-Canada Sports, après les essais.
L'IndyCar se lance dans l'inconnu avec le châssis monotype DW12 construit pour toutes les équipes par le fabricant italien Dallara. Tagliani l'a essayé pour la première fois.
« C'est difficile de parler performance, admet-il. Il y a encore beaucoup de choses qu'on ne connaît pas, comme des options d'empattement ou des pièces aérodynamiques qui pourraient changer la caractéristique de l'auto. »
Déjà, Tagliani a remarqué que la voiture oblige le pilote à revoir sa façon de piloter. Et le potentiel de progression est énorme.
Alexandre Tagliani à Homestead
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Lotus
« La colonne de direction est bien faite, tu sens une différence au niveau de la pesanteur du volant. C'est plus léger à conduire, note-t-il. Les freins, c'est tout du carbone, comme en F1. C'est assez exceptionnel. Je suis sûr qu'on va pouvoir freiner beaucoup plus tard sur certains circuits. »
« Il faut s'installer d'une façon différente pour être sûr d'être bien retenu, car ça freine tellement fort que tu as tendance à glisser vers l'avant. Et question durabilité, c'est le jour et la nuit. Avant, on pouvait passer trois séries de freins par fin de semaine », précise-t-il.
Les pilotes découvrent un châssis complètement nouveau dans sa conception. L'IndyCar entre nettement dans une nouvelle ère technique et technologique. Avec la collaboration des trois motoristes Honda, Chevrolet et Lotus (Judd) et leurs équipes clientes.
« Il y a le travail à faire pour Judd (le constructeur mandaté par Lotus), mais on a déjà pu faire des changements sur l'auto, notamment sur la suspension, révèle-t-il. On a accumulé pas mal de données. C'était plaisant de pouvoir faire déjà ce genre de réglages là, c'était du bonus. »
Sans bon moteur, point de salut
La série IndyCar a opté pour un moteur V6 turbo. Les trois motoristes se livreront une bataille acharnée, car c'est la performance du moteur qui fera la différence en 2012.
« Les deux prochains mois ne vont pas être faciles, admet Tagliani. C'est motivant, car il y a plein de monde motivé. Mais on va être dépendant du moteur. Dans le passé, tout le monde avait la même chose. Donc, en performance, ça ne te causait pas de mal de tête. Le monde ne se rend pas compte qu'on va être super dépendant des moteurs », dit Tagliani.
La donne a changé en 2012. Tagliani sait qu'il lui faudra un moteur performant pour défendre sa position de tête à Indianapolis.
« L'an passé, à Indianapolis, on avait une bonne auto. Donc à moteur égal, on a pu trimer (enlever de l'aileron) l'auto pour aller chercher 2 dixièmes de mille à l'heure sur [Scott] Dixon pour aller lui arracher la pole. Mais cette année, s'il te manque 4 mph, tu ne pourras pas trimer l'auto, tu vas te mettre dans le mur.
« Durant les deux jours d'essais, on n'a pas arrêté de travailler sur la cartographie du moteur. C'est clair que la dépendance des moteurs va être très importante. »
D'ailleurs, ces deux jours à Homestead, c'est pour le compte de Lotus qu'il a travaillé sur l'intégration du moteur Judd. Les essais pour son équipe Bryan Herta Autosport, ce sera pour la fin février.
« Évidemment, il y avait des choses à faire pour Judd, des choses à apprendre, de la cartographie, il y a beaucoup d'électronique. Le moteur ne se compare pas à celui de l'an dernier. La sonorité de ce qui se passe derrière toi est tellement différente. Tu sens plus les vibrations, les pièces mécaniques autour de toi. En partant, juste au niveau des sensations, c'est très différent, car un moteur atmosphérique est beaucoup plus bruyant à haut régime. »
Apprivoiser l'électronique
Beaucoup plus proche de la F1, cette auto donne beaucoup de place à la gestion électronique. La série IndyCar et Dallara ont d'ailleurs obtenu la collaboration de McLaren pour concevoir un boîtier de contrôle électronique (ECU).
Alexandre Tagliani
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IndyCar
« On n'a plus de pédale d'embrayage dans le cockpit, explique Tagliani. Juste la pédale à gaz et la pédale à frein. L'accélérateur n'a plus de câble qui le relie au moteur. C'est électronique, la pédale bouge et le moteur accélère. C'est des codes qui sont dans une boîte électronique de McLaren.
« En ce moment, il faut travailler sur les systèmes coupe-moteur pour que le moteur arrête si la pédale reste collée au fond. Il faut passer au travers de toutes ces choses-là, enlever les bogues du système, explique-t-il. C'est de la nouvelle technologie. Et on en est aux premiers milles. »
Tagliani a tourné seul en piste, à Homestead, et il doit encore découvrir comment la voiture se comporte en peloton.
« Elle est construite pour qu'elle soit meilleure à l'aspiration. Ce qui facilitera les dépassements, même avec des freinages plus courts. Mais je n'ai encore suivi aucune autre auto pour savoir comment les turbulences se font derrière les autres voitures. »
Au total, Alexandre Tagliani et l'équipe Bryan Herta Autosport auront huit jours de travail, à partir du 23 février, pour la modifier à son style de pilotage.