Rendez-vous annulé, paddock soulagé

vettelbahrein Sebastian Vettel à Bahreïn  Photo :  AFP/Fred Dufour

Les organisateurs ont annoncé lundi que le Grand Prix de Bahreïn, prévu le week-end du 13 mars, était annulé en raison des manifestations prodémocratiques qui ont secoué le petit pays.

« Le Bahreïn doit d'abord penser à l'intérêt national, a dit le prince héritier Salman ben Hamad Al-Khalifa. Nous repoussons le Grand Prix à une date ultérieure. »

La saison 2011 de F1 commencera donc le week-end du 27 mars en Australie.

Selon l'agence Associated Press, le prince héritier, promoteur du Grand Prix, a subi une pression énorme pour qu'il annule lui-même l'événement. Sa volonté d'accueillir la course contribue à soulever la grogne de la population.

Bernie Ecclestone ne porte donc pas l'odieux de la décision, qui a des répercussions sur le plan commercial. Il attendait un appel de Bahreïn.

« Le prince héritier est le mieux placé pour savoir s'il pourra garantir notre sécurité, a dit M. Ecclestone à la radio britannique BBC. Je ne suis pas sur place. Donc moi, je n'en sais rien. Ce dossier n'a rien à voir avec la politique. »

Avec l'annulation du Grand Prix, les essais prévus du 3 au 6 tombent aussi. En lieu et place du Grand Prix de Bahreïn, les équipes de F1 se retrouveront à Barcelone, du 8 au 11 mars, pour une autre séance d'essais.

Le gros bon sens

La décision du prince héritier soulage les équipes qui participaient ce week-end à des essais à Barcelone.

L'équipe Williams a publié un communiqué mardi :

« C'est décevant de ne pas aller à Bahreïn, peut-on lire. Mais il est clair qu'il aurait été inapproprié de courir dans les circonstances. Nous saluons la décision du prince héritier d'annuler la course. Nous serons heureux de retourner à Bahreïn quand ce sera approprié de le faire. »

Même réaction de l'équipe Renault F1.

Les patrons des équipes avaient exprimé vendredi, durant la réunion de l'Association des équipes (FOTA), de sérieux doutes sur la pertinence d'aller à Bahreïn dans un tel climat, même si elles recevaient des garanties (sur leur sécurité).

Le pilote australien Mark Webber, de l'équipe Red Bull, avait également exprimé ses doutes.

« C'est une tragédie d'apprendre que des gens ont perdu la vie, a déclaré le pilote australien. Ce n'est sans doute pas le meilleur moment pour y organiser un évènement sportif. Ils doivent s'entendre sur des choses beaucoup plus importantes, des dossiers qui les concernent depuis des générations. Ils ne veulent pas entendre parler de F1.

« Si la première course avait lieu en Australie, ce ne serait pas très grave, car pour être honnête, le Bahreïn a d'autres choses à régler », a conclu Webber.

Enfin, la Fédération internationale de l'automobile (FIA) est sortie de son mutisme.

« La FIA appuie la décision de repousser le Grand Prix de F1, a-t-elle fait savoir par communiqué. Cette décision est le résultat d'une collaboration étroite entre la FIA, la FOM, la Fédération automobile de Bahreïn et le circuit international de Bahreïn. »

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