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Sports motorisésF1 - 2010

Montréal et Silverstone, même combat?

Mise à jour le vendredi 20 novembre 2009 à 12 h 24

Un texte de Philippe Crépeau

Bernie Ecclestone

Photo: AFP/Peter Kohalmi

Bernie Ecclestone

Bernie Ecclestone pourrait éliminer le Grand Prix d'Angleterre du calendrier 2010.

C'est ce qu'il a dit au quotidien britannique The Times, vendredi, rappelant que la prochaine réunion du Conseil mondial de la FIA est le 10 décembre, et que c'est à ce moment que le calendrier définitif de 2010 sera adopté.

D'ici à cette date, les discussions continuent entre Ecclestone et le patron de l'entreprise propriétaire du circuit britannique (BRDC), l'ancien pilote Damon Hill.

Ecclestone a longtemps exigé de BRDC un plan de revitalisation du circuit de Silverstone avant de faire revenir la F1. Or, Hill ne veut pas s'engager à faire des travaux coûteux sans l'assurance de présenter le Grand Prix d'Angleterre.

« Nous n'aurons pas le choix de l'enlever du calendrier, a dit M. Ecclestone, si nous n'avons pas signé d'entente. Ce ne sont pas tant les termes financiers, que la volonté des investisseurs de prendre ce risque. »

Le calendrier 2010 passerait ainsi de 19 à 18 épreuves.

Le jeu d'Ecclestone

Damon Hill connaît bien Bernie Ecclestone, connaît ses méthodes, et ne veut pas se faire prendre à la gorge.

« Nous ne signerons rien qui puisse nous mettre en danger, a expliqué Damon Hill. Bernie se fiche bien de savoir que vous risquez d'y laisser votre chemise. Il veut négocier avec des gens qui acceptent de prendre un risque. »

« Nous voyons ce qui s'est passé à Donington », a précisé M. Hill.

Devant la lenteur des négociations avec BRDC, Ecclestone, impatient, avait décidé par dépit de donner le Grand Prix d'Angleterre au circuit de Donington. Les propriétaires avaient signé un contrat avec la FOM, leur permettant de présenter la course de F1 jusqu'en... 2027.

Ils ont été forcés de se placer en redressement judiciaire, mercredi, incapables d'obtenir le financement pour poursuivre le plan de revitalisation du circuit.

Cette histoire nous fait mieux comprendre pourquoi les négociations s'éternisent entre les pouvoirs publics canadiens et Ecclestone. Nos élus ont-ils la marge de manoeuvre pour prendre le moindre risque?

Surtout que le retour du Grand Prix du Canada était motivé par la volonté pressante des grands constructeurs engagés en F1 de revenir en Amérique du Nord. Or, la donne a changé, avec le départ de Honda, de Toyota et de BMW.

Voilà pourquoi Montréal pourrait aussi disparaître du calendrier définitif du 10 décembre.