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![]() Sports motorisésEndurance Jude Berthault s'installe au MansMise à jour le lundi 23 novembre 2009 à 20 h 45 Un texte de Philippe Crépeau Le jeune ingénieur québécois Jude Berthault fait son chemin vers le but qu'il s'est fixé: devenir ingénieur en course automobile. « Je me donne 5 ans pour être en F1 », avait-il dit à Radio-Canada Sports, quand nous avions rencontré ce Montréalais de 26 ans, cet été, dans son rôle de chef de l'équipe de l'École de technologie supérieure (ÉTS) en formule SAE.
C'était sa sixième année et sa dernière participation au projet. Il avait trouvé un emploi au Colorado, dans une entreprise spécialisée en acquisition de données dans le domaine de la course automobile. Mais les patrons n'ont pas tenu promesse, et Jude Berthault a dû se bâtir un autre chemin, qui l'a mené en France, à l'ombre du circuit des 24 heures. Et il pourrait bien participer à la célèbre épreuve du Mans en 2010. Un grand pas dans la bonne direction pour faire connaître ses compétences. « Pendant un bon mois et demi, je ne savais pas quoi faire. J'étais vraiment découragé. J'ai appris de cette situation. J'ai trop placé mes chances dans une opportunité. Il y avait d'autres opportunités qui n'ont pas progressé pour moi. Comme à GM à Détroit, Ford, et des possibilités chez Penske Racing en Caroline du Nord. » « Ce n'est pas parce qu'il y a une porte qui se ferme qu'on arrête nos rêves », explique M. Berthault. Il a donc fouillé sur le web. Il a trouvé des informations sur le cours d'ISMANS, l'Institut supérieur des matériaux et mécaniques avancées. Une école d'ingénieurs située au Mans en France, en lien avec plusieurs universités québécoises: Québec, Ottawa, Gatineau, Chicoutimi. « Il n'y a pas beaucoup de programmes dans le monde vraiment pratique pour rentrer en motorsports engineering, explique M. Berthault. Ça avait l'air intéressant, et basé sur la compétition, ce que j'ai trouvé important. Car quand on n'a pas de contact à la fin de notre programme, c'est difficile de trouver un emploi. Ce programme est organisé avec des équipes professionnelles. » « J'étais vraiment content d'être accepté, c'était comme la lumière au bout du tunnel. Je ne voulais pas avoir un emploi juste normal. Dans ce mois et demi, j'ai compris que c'était ça ma passion. C'est ce qui me donne une raison de me lever chaque matin. On dort 5, 6 heures par nuit, car on a tellement de travail à faire pour apprendre la dynamique des véhicules. Mais c'est ça que je veux faire. Et je suis vraiment content d'avoir trouvé les moyens d'arriver ici. » Travail d'équipe
Après avoir passé 6 ans à travailler au sein de l'équipe de course SAE, Jude Berthault a développé un goût pour le travail en équipe. Et il n'imagine pas aujourd'hui faire autrement. « Ce n'est pas comme une maîtrise en sciences où tu es seul dans ton petit laboratoire. C'est une maîtrise de projet en équipe, et c'est sur ce critère que j'ai décidé de continuer. J'aime travailler avec des gens. L'expérience de la formule SAE à l'ÉTS m'aide beaucoup. « Un autre étudiant, qui vient d'Australie, a quatre bonnes années d'expérience en formule SAE, et nous sommes au-dessus des autres, côté connaissances de course. On a appris tellement. Ça va bien nous servir quand on travaillera dans les stages cet été. On est déjà au courant de ce qu'est d'être dans une équipe de course. « On a juste à raffiner nos capacités de faire des simulations et à pousser la matière théorique plus loin. Dès qu'on a ces connaissances, je ne vois pas de problème de continuer ma carrière en voitures de course. » Seulement huit étudiants ont été acceptés pour le programme 2010: un Australien, un Libanais, un Québécois et cinq Français. L'expérience est aussi culturelle, et Jude la vit à plein. « Ici, au Mans, la culture de course est incroyable. J'ai visité le Musée des 24 heures du Mans. Il y a toutes les voitures, presque, qui ont fait la course depuis 1923.
« En arrivant, quelques-uns des collègues français m'ont amené dans leur Peugeot sur les parties du circuit ouvertes toute l'année. J'ai vraiment hâte de participer aux 24 heures du Mans. Car c'est la course d'endurance la plus connue au monde. » Même si les cours à l'ISMANS sont donnés en anglais, en raison des experts de course automobile invités, Jude Berthault est heureux de se débrouiller en français, car il en aura besoin. « J'habite ici, j'ai besoin de sortir, et ils ont de la misère à me comprendre, car je parle en québécois, pas en français (rire). C'est une bonne atmosphère, les Français sont très fiers, et à l'ÉTS, on était très fiers aussi. C'est intéressant de travailler avec du monde qui tient à pousser les limites pour la fierté de leur pays. » Dans la deuxième partie du reportage, qui sera mis en ligne mardi, Jude Berthault nous parle du monde de l'endurance, plus ouvert aux idées de conception, et plus en lien direct avec l'automobile de série. « C'est peut-être un meilleur choix de carrière que la F1 », s'est-il rendu compte. |