Quand le turban monte à la tête

La relation entre le soccer et les couvre-chefs ne sera jamais simple./ © Mari, iStockphoto  Photo :  Mari, iStockphoto

La relation entre le soccer et les couvre-chefs ne sera jamais simple. La question du port du hijab réglée, voilà que celle du turban fait surface au Québec.

Un texte d'Antoine Deshaies

Alors qu'il est permis dans toutes les autres provinces du Canada, le port du turban est toujours interdit par la Fédération québécoise de soccer.

Mukhbir Singh, un joueur amateur de 25 ans et vice-président de l'Organisation mondiale des sikhs du Canada, s'est vu interdire le droit de jouer cet hiver dans une ligue intérieure, quelques mois après que le même sort fut réservé à des adolescents de l'ouest de l'île de Montréal.

Singh croyait toutefois que les choses changeraient la semaine dernière.

En septembre dernier, la FIFA a adopté un règlement permettant le port d'un modèle précis de hijab par les filles lors des matchs de soccer. La politique a été adoptée sur une base intérimaire d'un an et sera réévaluée.

L'Association canadienne de soccer a emboîté le pas. Elle a non seulement permis le port du hijab, mais a aussi étendu la politique au port du turban et du patka, le couvre-chef des sikhs. La décision a été communiquée à M. Singh et à son organisation.

Et dans une note de service envoyée aux associations provinciales, dont Radio-Canada a obtenu copie, Soccer Canada écrit que « les arbitres peuvent prolonger cette décision sans autre préavis au port de turbans/patkas/keski. La coiffe doit être sécuritaire et ne poser aucun danger à la personne qui la porte, ni aux autres participants, en vertu de la Loi 4 des Lois du Jeu de la FIFA. Tous les articles de vêtement ou équipement sont sujets à l'inspection de l'arbitre du match ».

Or, par l'entremise de son porte-parole, la Fédération québécoise de soccer dit être maître de sa réglementation et n'a pas l'intention dans l'immédiat d'autoriser le port du turban. Le turban a toujours été interdit, même si certains arbitres l'ont déjà toléré.

On précise toutefois que le dossier sera étudié par un comité des arbitres d'ici la mi-mai. Une décision devrait être rendue à ce moment.

Soccer Canada, de son côté, dit s'attendre à ce que les fédérations provinciales mettent en pratique ses recommandations.

Quant à lui, Mukhbir Singh désire ne pas envenimer le débat. Après avoir accordé une entrevue au quotidien The Gazette et accepté de nous rencontrer, il s'est ravisé quelques minutes plus tard.