Les joueurs de l'Impact saluent la foule.
Photo : PC/Graham Hughes
MONTRÉAL - Dans cette saison de toutes les premières, l'Impact a vécu celle qu'il attendait le plus. L'équipe a savouré sa première victoire en MLS, 2-1 sur le Toronto FC, samedi, au stade olympique.
Un texte de Guillaume Boucher
L'attente aura duré six matchs. Si personne ne cachait son sourire, de la haute direction jusqu'aux joueurs, en passant par le personnel technique, ils étaient aussi nombreux à accueillir ce résultat avec prudence. C'est d'ailleurs ainsi que l'entraîneur-chef Jesse Marsch a commencé son point de presse.
« Je vais commencer cette fois-ci, a dit un Marsch tout-sourire. C'est un grand moment pour le club, la ville et les joueurs. Mais ça ne fait que commencer. On est content d'être rendu ici, mais tout le monde est terre-à-terre. C'est le début d'un processus. »
La prudence, Marsch y pense surtout en regardant le calendrier de l'Impact. Ses joueurs ont récolté leurs seuls points à Montréal, où ils n'ont joué que deux fois en six matchs. Et leurs deux prochains seront encore sur la route (le 14 avril contre le FC Dallas et le 18 contre le D.C. United).
« J'aimerais qu'il y ait un peu plus de cuisine maison, a lancé Marsch à la blague. La ligue nous défie avec son calendrier. »
Premières minutes, premier succès
L'Impact (1-4-1) tient son premier succès en MLS et le tout premier de son histoire contre le Toronto FC. Mais il y a d'autres premières à ce match, individuelles celles-là.
Marsch avait promis des changements dans sa formation. Il a tenu parole, sans jamais le regretter. Pour un deuxième match de suite, il a laissé le Québécois Patrice Bernier sur le banc. Davy Arnaud, le capitaine, a connu le même sort. Et les remplaçants n'ont pas raté leur coup, surtout Sinisa Ubiparipovic, à qui Marsch a fait vivre ses premières minutes en MLS avec l'Impact.
Le milieu d'origine bosniaque n'aura mis que quelques minutes pour faire sa marque. C'est lui qui a décoincé le pointage à la 18e.
Tout a commencé quand Lamar Neagle a volé le ballon à un Terry Dunfield très brouillon. Ubiparipovic, sur le flanc droit, devenait la cible finale privilégiée pour cette courte contre-attaque. D'un tir sec et près du sol, il a battu le gardien Milos Kocic à sa gauche.
« Je suis content pour Sinisa, a expliqué Marsch après le match. Il a eu sa première chance et il a marqué un très gros but. »
Le joueur, lui, a savouré le moment, mais il a ramené rapidement son analyse vers l'équipe.
Andrew Wenger
Photo : PC/Graham Hughes
« C'est très gratifiant quand l'équipe gagne et que vous marquez, a dit Ubiparipovic. On sentait que ça allait venir, on a travaillé très fort pour ça. On voulait passer un message, que nous valons bien plus qu'une équipe de l'expansion. »
Et Wenger
Pour Andrew Wenger, cette victoire est historique pour une autre raison. Elle l'a vu réussir son tout premier but professionnel.
À la 81e minute, le premier choix du super-repêchage de la MLS n'avait rien d'une recrue dans son duel avec Ty Harden. En pleine course, il a facilement largué le défenseur central avant de se payer Kocic d'un tir bas.
« C'est bien de se débarrasser de ce but, a expliqué Wenger. Ça fait surtout du bien de gagner. »
Wenger aura maximisé son temps sur la pelouse. L'Américain de 21 ans n'est entré qu'à la 66e minute, en remplacement de Bernardo Corradi. En peu de temps, il a fait beaucoup. Le verra-t-on comme titulaire prochainement? Marsch a des plans pour lui, mais ne veut rien précipiter.
« Andrew retournera à l'école (Université Duke) pour son la remise de diplômes, a expliqué l'entraîneur. En mai, il aura la chance d'avoir plus de minutes pour s'établir. L'université, ça l'aide dans sa progression. Ça l'aide à prendre les choses étape par étape. »
Ouf!
« En retard 0-2,Toronto n'avait rien à perdre. Nous, on avait tout à perdre en avance 2-0. On était tendus et ce n'était pas notre meilleure performance. »
Marsch s'explique mal que les Torontois aient pu revenir dans le match à la 88e minute, avec un but de Danny Koevermans. D'autant plus que leurs adversaires jouaient à 10 joueurs depuis la 65e minute, quand Logan Emory a reçu un carton rouge direct pour son tacle vicieux sur Sanna Nyassi.
Et Marsch a aussi d'autres raisons de remettre en perspective cette victoire. Ses joueurs, même s'ils ont largement dominé en possession de ballon (58,7 %), lui ont offert quelques frayeurs. Deux fois, des défenseurs ont dégagé en catastrophe des ballons sur leur ligne de but : Tyson Wahl à la 68e et Shavar Thomas à la 74e.
À noter :