La saison de soccer a débuté il y a plusieurs mois grâce à plus d'une vingtaine de centres intérieurs au Québec. Mais les surfaces synthétiques peuvent causer de sérieuses blessures aux genoux chez les jeunes.
Et certains experts en comptent de plus en plus. Jouer, oui, mais encore faut-il le faire avec le bon équipement.
Marilyne est une autre joueuse de soccer qui se remet d'une reconstruction d'un genou. Si la pratique du sport a augmenté, les surfaces synthétiques aussi, et ce sont des surfaces très adhérentes.
« Le pied reste pris dans le sol, il y a une mauvaise torsion, puis le ligament croisé antérieur, c'est souvent lui qui va être impliqué dans les blessures. »
Le problème aussi, c'est que les joueurs utilisent des souliers à crampons conçus pour les surfaces naturelles. Des crampons nettement plus gros... et qui sont permis.
C'est ce qui est arrivé à Justin et à sa soeur, opérée à seulement 14 ans. Utiliser des crampons sur du synthétique, est-ce que c'était une bonne idée?
« Non, dit Justin. Il existe des souliers spéciaux pour le synthétique, et j'aurais dû en avoir. »
Blessures à vie
Il s'agissait pour Justin d'une deuxième blessure sérieuse au genou sur gazon synthétique. Il n'a plus de ménisque central... et plus de carrière.
« Je pourrais me remettre à jouer, sauf que dans 20 ou 25 ans, je ne pourrai peut-être plus marcher. »
Si le taux de succès s'élève à 95 % pour les reconstructions du ligament croisé antérieur, la qualité de vie pour ces jeunes risque quand même de diminuer.
« Dans 15 ou 20 ans, cet individu-là a plus de chance que quelqu'un d'autre d'avoir de l'arthrose précoce, explique Michel Leroux, chirurgien orthopédique. Si l'individu se retrouve à 35 ans avec de l'ostéoarthrose, c'est une problématique. On ne peut pas faire de prothèse de genou à cet âge-là. »
« Moi, j'ai eu cinq opérations au genou, explique l'entraîneur de l'équipe masculine de soccer du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke Julio Moreno. J'ai dû arrêter de jouer à cause de mes opérations. »
Cet entraîneur impute aussi ses problèmes aux surfaces synthétiques. D'ailleurs, plusieurs professionnels refusent d'y jouer. Le Toronto FC de la MLS a même changé son terrain pour du gazon.
Une nouvelle commission médicale vient d'ailleurs d'être mise sur pied du côté de la Fédération de soccer du Québec. Elle entendra les recommandations de ses médecins en janvier avant de réagir.