Marc Dos Santos
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Impact de Montréal/Pépé
David Testo est un homme libéré. Maintenant que son homosexualité est chose connue du public, après un entretien accordé à Radio-Canada Sports, les projecteurs se déplacent vers ceux qui l'ont côtoyé avec l'Impact de Montréal.
Comment ses coéquipiers le percevaient-ils? Comment se sentent-ils maintenant que la nouvelle dépasse les murs de l'organisation? Et comment l'organisation, qui connaissait l'orientation sexuelle de Testo dès son embauche en 2007, a-t-elle géré ce qui demeure un sujet tabou dans le monde du sport?
La réaction officielle de l'Impact, dans un communiqué publié par son président Joey Saputo : la sortie du placard de Testo concerne sa vie personnelle. Le joueur est quand même salué pour son professionnalisme.
« La déclaration de David Testo concerne sa vie personnelle, a déclaré le président de l'Impact de Montréal Joey Saputo. Nous connaissions l'orientation de David avant qu'il joigne notre club en provenance de Vancouver en 2007. Pendant sa carrière à Montréal, il a toujours été un joueur professionnel et dévoué pour le club, tant sur le terrain qu'à l'extérieur. Cette sortie publique a dû être difficile et nous la respectons. »
« David a fait beaucoup pour l'Impact, a ajouté le vice-président Richard Legendre. On respectait sa volonté de ne pas en parler et on respecte sa volonté d'en parler maintenant. Dans le sport professionnel, ça ne se fait pas souvent : il était temps! S'il peut encourager d'autres athlètes à le faire, il peut servir d'exemple. »
Le protéger
Marc Dos Santos a connu Testo d'abord comme entraîneur adjoint (de juin 2008 à mai 2009) et ensuite comme entraîneur-chef de l'Impact (de mai 2009 à juin 2011). Le maestro entretenait de très bons rapports avec son joueur.
« J'étais proche de David, a confié Dos Santos à Radio-Canada Sports. Dans toutes nos conversations, je n'ai jamais senti chez lui un besoin de parler de son homosexualité ou de faire une sortie publique. Dans son homosexualité, il y a beaucoup de maturité. C'est pour ça qu'il a bien géré ça. »
Pour Dos Santos, la sortie publique de Testo a tout à voir avec son statut sportif. Il vient d'être libéré par l'Impact, écarté des plans pour la MLS. En n'étant plus attaché à une équipe, il se sentait plus libre de le faire, explique-t-il.
« David a voulu le dire après avoir quitté l'équipe. Maintenant qu'il quitte, il se sent plus confortable. Je ne pense pas que c'est important pour un joueur de sortir et le dire publiquement. C'est quelque chose de très personnel. Le joueur doit surtout se consacrer au club, gagner le respect de ses coéquipiers à l'entraînement et dans les matchs. »
« Il a quitté l'équipe, et maintenant il est assez mature pour défaire les rumeurs et dire haut et fort qu'il est homosexuel. C'est très mature de sa part. J'ai mes croyances chrétiennes, mais je ne vais pas le juger. J'ai beaucoup de respect pour lui. »
Est-ce que l'Impact avait des raisons pour lesquelles elle ne voulait pas que Testo s'affiche sur la place publique? Selon Dos Santos, oui, pour protéger le joueur.
« Que l'Impact ait protégé David parce qu'il savait qu'il était homosexuel, c'est très bon. C'est surtout par rapport aux partisans, ceux qui sont passionnés et agressifs. Si David avait connu un mauvais match, certains auraient pris plaisir à associer ses mauvaises performances à son homosexualité. »
« Donc, c'est bien de le protéger par rapport à ça. Il y a des joueurs matures et d'autres immatures. C'est la même chose pour les partisans. »
Pour Dos Santos, rien ne change pour Testo sur le plan sportif. Il peut encore offrir à une équipe. Son orientation sexuelle n'a rien à voir.
« Si David Testo a 100 % de ses capacités physiques et qu'un club ne le prend pas en raison de son homosexualité, c'est un club immature qui ne mérite pas David Testo. »
Un soulagement
Antonio Ribeiro (à gauche)
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Pépé/Impact de Montréal
Pour Antonio Ribeiro, coéquipier de Testo avec l'Impact jusqu'à la fin de la dernière saison, Testo s'enlève un poids des épaules.
« On le savait dans l'équipe et on vivait bien avec ça. David était amical et très professionnel. On l'acceptait, on l'aimait. On se sentait mal pour lui. On le sentait un peu bloqué. On sentait une gêne et une peur de ne pas être accepté. Pour un sportif, il faut être bien mentalement. Si on bloque, ça peut nuire à nos performances. »
Comme toute l'organisation de l'Impact, Ribeiro savait ce que le public ne savait pas sur Testo. Mais pas question de révéler le secret, pour une raison évidente.
« Par respect pour lui. Il en parlait avec les joueurs, mais le public ne le savait pas. On respectait sa décision. »
Ce que retient Ribeiro de la sortie publique de son ancien coéquipier, c'est surtout le courage.
« Testo n'est pas le seul dans le sport. Il y a des homosexuels au hockey, au baseball, au football, au soccer qui se cachent parce qu'ils ont peur. Ce que David a fait est très courageux. »
Les blagues
John Limniatis, le prédécesseur de Dos Santos, a connu Testo en 2008 et 2009. L'homosexualité du joueur n'a jamais été un problème pour lui.
« Dans le vestiaire, ça ne changeait rien, Testo voulait gagner, explique Limniatis. C'est un joueur intense. Il n'y a jamais eu de situations difficiles avec lui. Je n'ai jamais parlé de son homosexualité avec lui. Je voulais seulement qu'il joue bien. Ça ne faisait aucune différence qu'il soit gai. »
Un vestiaire sportif est un endroit où résonnent les blagues de tous genres. Il y en a eu sur l'homosexualité dans celui de l'Impact et Limniatis y a contribué. Mais il n'y avait là rien de sérieux, clame-t-il.
« Dans les vestiaires, il y a beaucoup de blagues sur les homosexuels, mais aussi sur les Grecs, les Africains et les Sud-Américains. Mais ce sont des blagues qui n'expriment pas des opinions sérieuses. J'ai fait ce genre de blagues et j'acceptais celles sur les Grecs. J'ai fait des blagues devant David et je n'étais pas mal à l'aise. »